CSDHI – Depuis des décennies, la République islamique d’Iran s’appuie sur la peine de mort et la stratégie d’exécutions non seulement comme instrument de punition, mais aussi comme outil politique : pour terroriser la société, réduire au silence toute dissidence, légitimer le pouvoir par la peur et consolider la richesse et l’autorité d’une élite dirigeante.
Au cours des deux dernières années, cette stratégie d’exécutions s’est intensifiée, entraînant une explosion du nombre d’exécutions et une urgence renouvelée à organiser la résistance. Un mouvement large et durable, uni autour du mot d’ordre « Non aux exécutions », peut exposer et démanteler la machine meurtrière qui maintient le régime en vie.
Les exécutions, pilier du pouvoir
En Iran, les exécutions ne relèvent pas de la justice pénale ordinaire. Elles constituent le cœur d’une véritable économie du sang : un mécanisme de contrôle politique et social qui sert d’oxygène à des institutions moribondes.
Lorsque la justice devient l’instrument du Guide suprême, la potence se transforme en outil de gouvernance : un moyen de dissuasion pour la population, une récompense pour les fidèles du régime et un spectacle destiné à banaliser la violence d’État.
L’effet est cumulatif : chaque exécution accroît la peur, affaiblit la vie civique et envoie au monde le signal que le pouvoir reste prêt à écraser toute opposition interne pour survivre.
Ce ne sont pas des paroles en l’air. Des observateurs indépendants et des organisations de défense des droits humains ont documenté une hausse spectaculaire des exécutions ces dernières années, notamment en 2024 et 2025. Ces chiffres confirment qu’il s’agit d’une politique systématique et délibérée, et non de dérapages isolés.
L’économie politique de la mort
Au-delà de la répression, la stratégie d’exécutions intégrée à une économie politique : elle permet de préserver les réseaux clientélistes et de protéger les fortunes bâties à l’ombre de la force.
Lorsque la peine de mort et la terreur publique garantissent la stabilité d’une élite restreinte, les investissements et la loyauté se concentrent entre les mains de ceux qui contrôlent cette machine. Rompre cette chaîne — couper les bénéfices financiers et symboliques liés aux exécutions de masse — reviendrait à affaiblir l’un des piliers essentiels du régime.
Le coût moral et social
Il existe un bilan humain que l’État ne peut effacer : des familles en deuil, des communautés traumatisées, un espace civique réduit au silence.
Les pendaisons publiques ou secrètes corrodent le tissu moral de la société. Elles banalisent le meurtre d’État comme un fait divers et remplacent le débat politique par la menace permanente de mort. La répétition du mot « exécution » dans les médias et sur les réseaux sociaux est devenue en soi une forme de violence : le glas incessant d’une perte collective.
Pourquoi un mouvement “Non aux exécutions” peut l’emporter
L’histoire montre que les régimes fondés sur la terreur et la stratégie d’exécutions deviennent fragiles lorsque cette terreur devient trop visible, trop coûteuse et trop contestée.
La campagne « Non aux exécutions » — qui a déjà connu une résonance mondiale sous le hashtag persan #اعدام_نکنید — prouve que l’indignation collective peut franchir les frontières, rallier la diaspora et attirer l’attention internationale.
Mobilisation numérique, manifestations de masse, plaidoyer auprès des gouvernements étrangers et des institutions internationales : autant de moyens de transformer l’indignation morale en pression politique.
Un mouvement de masse, centré sur une revendication claire — le rejet total de la peine de mort et de la stratégie d’exécutions, ainsi que l’instauration immédiate d’un moratoire — atteint trois objectifs essentiels :
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délégitimer la pratique sur le plan intérieur,
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fragiliser la position du régime sur la scène internationale,
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offrir un point de ralliement concret et fédérateur pour de larges coalitions : femmes, étudiants, syndicats, avocats, familles de victimes et diaspora.
Tactiques et axes d’action
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Journées nationales de solidarité : transformer les veillées locales en journées nationales de mobilisation (par exemple, « Les mardis du Non aux exécutions »), afin que chaque deuil devienne aussi un acte politique.
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Mettre en avant la voix des familles : publier les témoignages des proches des exécutés ; leurs récits humains percent la propagande et suscitent la solidarité.
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Plaidoyer international ciblé : obtenir une attention accrue de l’ONU, des sanctions individuelles contre les responsables des campagnes d’exécutions, et des restrictions de voyage ou de biens pour les juges impliqués.
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Campagnes numériques : relancer et maintenir les hashtags et actions en ligne qui forcent les médias mondiaux à couvrir chaque exécution et à révéler la logique qui les sous-tend.
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Dénoncer l’économie politique de la mort : publier des enquêtes montrant comment les exécutions protègent les intérêts économiques de l’élite et comment leur remise en cause ébranle le système de rente du régime.
Un dernier argument : délégitimer par le refus collectif
Lorsque les Iraniens — à l’intérieur du pays comme dans la diaspora — refusent d’accepter la peine de mort comme une fatalité, ils privent le régime de l’un de ses outils politiques majeurs.
Le refus de masse rend la potence politiquement toxique : il en accroît le coût moral, diplomatique et financier pour ceux qui l’utilisent comme instrument de pouvoir. Si des millions de voix répètent, sans relâche, « Non aux exécutions », cet écho résonnera dans les tribunaux, les marchés et jusque dans les couloirs du pouvoir.
Conclusion et appel à l’action
L’appel est simple et non négociable : arrêter la stratégie d’exécutions.
Renforcer et élargir le mouvement « Non aux exécutions ».
Faire entendre la voix des familles des victimes.
Porter cette exigence jusqu’aux instances internationales.
L’argument moral est incontestable ; l’argument stratégique est solide.
Une campagne déterminée, claire et durable peut briser la dépendance du régime à la peine de mort — et ouvrir la voie à un autre avenir politique pour l’Iran.



