Iran – La grève de la faim de 1 500 prisonniers à la prison de Qezel Hesar est suspendue temporairement

Les autorités reculent sous la pression nationale et internationale
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CSDHI – Après six jours d’une vaste grève de la faim à la prison de Qezel Hesar, à Karaj, les prisonniers condamnés à mort ont annoncé le 19 octobre 2025 (27 Mehr 1404) qu’ils suspendaient temporairement leur mouvement afin de laisser aux autorités la possibilité de tenir leurs promesses.
Cette décision fait suite à une visite exceptionnelle d’officiels du pouvoir judiciaire et à leur engagement d’interrompre les exécutions et de réexaminer la loi sur les stupéfiants.
Ce rapport revient sur la manière dont la solidarité des détenus, les manifestations de leurs familles et les réactions internationales ont contraint le régime iranien à ce recul sans précédent.

À l’intérieur de la prison

La grève de la faim a débuté le 12 octobre 2025, lorsque plus de 1 500 détenus — dont beaucoup avaient les lèvres cousues — se sont rassemblés dans l’unité 2 pour protester contre la vague incessante d’exécutions.
Des banderoles portant les inscriptions « Non à l’exécution » et « Ne venez pas à nos funérailles, venez à notre aide » étaient accrochées dans les couloirs.
Les autorités ont coupé l’eau, restreint l’accès au téléphone et refusé les soins médicaux à plusieurs détenus.
Malgré ces pressions, la résistance collective s’est maintenue.
Un prisonnier a confié dans un message vocal :

« Nous avons cousu nos lèvres non pour nous-mêmes, mais pour arrêter la mort — pour le droit de nos enfants à vivre. »

Promesses du gouvernement et réponse des prisonniers

Le 19 octobre, une délégation composée de Hayat-ol-Gheyb, chef des prisons de la province de Téhéran, Heshmati, directeur de l’Organisation pénitentiaire de Téhéran, Allah Karam Azizi, directeur actuel de Qezel Hesar, et d’un représentant du pouvoir judiciaire nommé Asadi, s’est rendue dans le quartier des grévistes.
Ils ont promis qu’« aucune exécution n’aurait lieu pendant plusieurs mois ».
Six prisonniers transférés en isolement ont été ramenés dans leur unité.
Lorsque les responsables ont averti que « poursuivre la grève pourrait être assimilé à une collusion avec des groupes d’opposition », les détenus ont répliqué :

« Les menteurs, c’est vous. La loi sur la mort était injuste dès le départ ; ce pays ne vous appartient pas. »

Solidarité des familles et de la société civile

Au même moment, les familles des condamnés à mort se sont rassemblées devant le Parlement iranien en scandant « N’exécutez pas ! »
Les forces de sécurité ont dispersé la foule avec violence, mais des citoyens ont manifesté leur soutien en klaxonnant et en criant « Laissez-les ! »
Sur les réseaux sociaux, les hashtags #NoToExecution et #QezelHesar se sont propagés massivement.
Des milliers de personnes, en Iran comme à l’étranger, ont partagé les images des prisonniers aux lèvres cousues.
Des campagnes internationales comme Stop Executions in Iran ont organisé des rassemblements à Paris, Berlin, Stockholm et Vancouver, amplifiant l’écho du mouvement.

Soutien d’autres prisonniers

À l’intérieur de Qezel Hesar, le prisonnier politique Saeed Masouri a exprimé son appui aux grévistes :

« Ils aiment la vie si profondément qu’ils sont prêts à mourir pour le droit de vivre. Le régime de la mort redoute un tel amour. »

Un autre groupe de prisonniers politiques a publié une déclaration :

« Nous avons cousu nos lèvres pour dire que l’exécution n’est pas une solution. Ce mois d’octobre est le plus sanglant pour les condamnés à mort. »

Réactions internationales

• États-Unis

Dans un communiqué officiel, Washington a annoncé de nouvelles sanctions pour violations des droits humains visant la prison de Qezel Hesar :

« Qezel Hesar est sanctionnée pour son traitement inhumain des détenus grévistes. Nous nous tenons aux côtés du peuple iranien et de son droit à vivre sans peur. »
(Source : Département d’État américain – Sanctions Droits Humains Iran)

• Union européenne

L’UE a exhorté Téhéran à mettre fin aux exécutions, avertissant que

« tout approfondissement des relations économiques avec l’Iran dépendra de la suppression totale de la peine capitale. »
(Source : Service européen pour l’action extérieure – Déclaration sur les exécutions en Iran)

• Amnesty International

Le 19 octobre, l’organisation a déclaré :

« Les autorités iraniennes utilisent la potence pour semer la peur. Nous demandons la suspension immédiate de toutes les condamnations à mort et l’accès d’observateurs indépendants aux prisons. »
(Source : Amnesty International – Iran : Stop aux exécutions)

• Nations unies

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, a réitéré son appel à un moratoire mondial :

« Les exécutions massives en Iran ont franchi le seuil des crimes graves et sont devenues un instrument d’intimidation sociale. »
(Source : OHCHR – Déclarations du Haut-Commissaire)

• Personnalités internationales

Plus de 300 personnalités mondiales, parmi lesquelles Marie-Laur Lanson, Tony Lloyd, Cherie Blair, et les lauréates du prix Nobel de la paix Jody Williams et Leymah Gbowee, ont signé une déclaration conjointe réclamant l’arrêt immédiat des exécutions et la libération des prisonniers de conscience.

« La flambée incontrôlée des exécutions en Iran annonce des crimes à plus grande échelle. La communauté internationale doit agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard. »

Analyse des droits humains

La grève de la faim de Qezel Hesar marque un tournant historique du mouvement iranien contre la peine de mort :

  1. C’est la première fois qu’une unité de lutte réunit prisonniers politiques et détenus de droit commun.

  2. Les promesses des autorités restent dépourvues de garanties sans surveillance internationale.

  3. La convergence entre l’activisme intérieur, les campagnes civiles et la condamnation mondiale fait du mouvement Non à l’exécution une revendication universelle pour le droit à la vie.

  4. Le recul du régime résulte d’une double pression : celle des prisonniers et de la société iranienne d’une part, et celle de la communauté internationale d’autre part.

Conclusion et appel à l’action

La suspension temporaire de la grève constitue un test décisif de la crédibilité du régime.
Qezel Hesar est devenu le symbole de la résistance à la politique de mort et un cri en faveur de la vie.
La communauté internationale doit transformer cet instant en action concrète :

  1. Envoyer une mission d’enquête de l’ONU pour inspecter les conditions carcérales et suspendre les exécutions.

  2. Imposer des sanctions ciblées contre les responsables judiciaires et pénitentiaires impliqués dans la répression.

  3. Garantir une communication libre entre familles, médias et organisations civiles.

  4. Conditionner toute relation politique ou économique avec le régime iranien à un moratoire total sur la peine capitale.

Qezel Hesar n’est plus seulement une prison — c’est la voix de la conscience mondiale, un cri affirmant que, même dans les cellules les plus sombres, le droit à la vie ne peut être réduit au silence.