Iran : Une prisonnière politique iranienne condamnée à mort

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CSDHI – Le tribunal révolutionnaire de Rasht a condamné à mort Zahra Shahbaz Tabari, prisonnière politique iranienne âgée de 67 ans.

La première chambre du tribunal révolutionnaire de Rasht a rendu ce verdict au motif de « collaboration avec des groupes opposés au régime ».

Cette condamnation à mort a été prononcée en dépit de preuves qualifiées de “très limitées et peu fiables”.

Le juge Ahmad Darvish-Goftar a annoncé la peine capitale la semaine dernière lors d’une audience en visioconférence concernant la prisonnière politique iranienne, Zahra Shahbaz Tabari.

Originaire de Rasht, la prisonnière politique est accusée de « collaboration avec l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) », le principal mouvement d’opposition organisé au régime iranien.

Le pouvoir iranien a transformé la peine de mort en instrument de contrôle et de répression. L’exécution n’est plus une sanction judiciaire, mais un outil de domination, révélant l’incapacité du régime à engager de véritables réformes sociales.

Un procès expédié en moins de dix minutes

La famille de la prisonnière politique iranienne Zahra Shahbaz Tabari a décrit l’ensemble du processus judiciaire comme « symbolique et illégal ».

Dans un entretien accordé à l’agence HRANA (Human Rights Activists News Agency), l’un des enfants de la prisonnière a déclaré :

« Le procès a duré moins de dix minutes. Ma mère n’a pas eu accès à un avocat indépendant. L’avocat désigné par la justice a simplement validé et transmis le verdict sans présenter de défense réelle. Tout le procès n’était qu’une mise en scène. »

Il a ajouté :

« Le juge a prononcé la peine de mort en souriant, lors d’une audience de dix minutes. L’avocat commis d’office a également souri en entendant le verdict. »

Le fils (ou la fille) de la prisonnière politique iranienne Zahra Shahbaz Tabari a qualifié les accusations portées contre la prisonnière de « fabriquées de toutes pièces », affirmant que sa mère « n’avait aucun lien, direct ou indirect, avec un groupe politique ou un mouvement d’opposition ».

Le 27 juillet dernier, le régime iranien avait déjà exécuté deux prisonniers politiques, Mehdi Hassani et Behrouz Ehsani Eslamloo, sur des accusations similaires d’appartenance à l’OMPI.

Un autre détenu politique, Manouchehr Fallah, incarcéré lui aussi à Rasht, a récemment reçu une condamnation à mort pour les mêmes motifs.

Ces mesures traduisent la crainte du régime face à la montée des activités du mouvement de résistance. Par de telles sentences, le pouvoir cherche à intimider la population et à manipuler l’opinion publique.

Des preuves fragiles et contestées

Selon les proches de la prisonnière politique iranienne, Zahra Shahbaz Tabari, le dossier d’accusation repose uniquement sur « un morceau de tissu portant le slogan : ‘Femme, Résistance, Liberté’ » et « un message vocal inédit », sans la moindre trace d’activité politique organisée ni d’implication militaire.

Son enfant précise que les services de sécurité du régime ont même tenté d’ajouter des chefs d’accusation plus graves, comme « possession d’armes » — une accusation qualifiée de « sans fondement et absurde », compte tenu de l’âge et du parcours professionnel de la prisonnière.

Le parcours d’une ingénieure respectée

Zahra Shahbaz Tabari est diplômée de l’Université technologique d’Ispahan, ingénieure électricienne et membre de l’Organisation iranienne des ingénieurs. Elle est également titulaire d’un master en énergie durable de l’Université de Borås, en Suède.

Elle avait déjà été arrêtée par le passé pour avoir publié des contenus pacifiques sur les réseaux sociaux, avant d’être libérée après trois mois de détention sous surveillance électronique.

Le 17 avril dernier, des agents des forces de sécurité ont perquisitionné son domicile, l’ont arrêtée et transférée à la prison de Lakan, à Rasht.

Lors de l’opération, les agents ont saisi son téléphone portable, son ordinateur portable ainsi que ceux d’un membre de sa famille.

Selon ses proches, la prisonnière politique iranienne Zahra Shahbaz Tabari ne dispose que de sept jours pour faire appel du verdict de mort prononcé contre elle.