CSDHI – Des citoyens de nombreuses villes iraniennes ont rejoint des manifestations coordonnées réclamant la fin des exécutions officielles, malgré un dispositif sécuritaire renforcé.
Des manifestations nationales défiant la répression
Pour la 92e semaine consécutive, la campagne « Les mardis sans exécutions » a mobilisé des citoyens à travers tout le pays. Des rassemblements synchronisés ont eu lieu dans des dizaines de villes — Téhéran, Tabriz, Rasht, Hamedan, Kermanshah, Oroumieh, Chiraz et bien d’autres.
Malgré la forte présence policière et les menaces constantes, les manifestants se sont réunis dans des espaces publics pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « politique de la mort » menée par le régime.
Les participants brandissaient des pancartes proclamant :
« Non à l’exécution »,
« Abolissez la peine de mort »,
« Ne restez pas silencieux face à l’injustice »,
« Liberté pour les prisonniers politiques ».
Beaucoup ont cité les noms de prisonniers actuellement menacés d’exécution imminente, dont Ehsan Faridi, Zahra Shahbaz Tabari, Manouchehr Fallah, Peyman Farahavar, Yaqub Derakhshan et Mohammadjavad Vafaee Sani.
Les mères et les familles en première ligne
L’un des traits marquants du mouvement « Les mardis sans exécutions » est la présence déterminée des mères et des proches de prisonniers politiques et de condamnés à mort.
Ces femmes, connues sous le nom de « Mères de la justice », ont défilé dans les rues, tenant les portraits de leurs enfants et symbolisant la résilience citoyenne face à la répression officielle du régime des mollahs.
Cette semaine encore, elles ont scandé :
« Nous soutenons le mouvement Les mardis sans exécutions ».
Ce slogan est devenu l’emblème d’une solidarité nationale et d’une résistance morale face à la peur.
La participation active des femmes — mères, épouses, sœurs de prisonniers — continue de donner à cette campagne une dimension profondément humaine.
Les familles de Vahid Bani-Amarian et Pouya Ghobadi se sont également jointes aux manifestations pour exprimer leur soutien.
Une mobilisation citoyenne qui s’élargit
Le 27 octobre, des retraités de Kermanshah se sont rassemblés devant les bureaux locaux de la caisse de retraite pour protester contre leurs mauvaises conditions de vie et l’insuffisance des prestations médicales. Mais leur rassemblement a vite pris une tournure plus large avec des slogans tels que :
« Un Iran sans exécutions »
et « Appliquer la peine de mort, c’est trahir le Coran »
ont montré à quel point l’opposition à la peine capitale est devenue une revendication sociale unificatrice.
Les manifestants ont également dénoncé la corruption et la répression, criant :
« La place d’un enseignant n’est pas en prison — libérez les enseignants détenus ! »
et « Ils ont pillé l’Iran et appauvri le peuple ! »
Des manifestations similaires avaient eu lieu deux jours plus tôt à Rasht, amplifiant encore le rejet populaire de la peine de mort et de l’injustice d’État.
Les familles manifestent devant le Parlement
Le 26 octobre, les familles de prisonniers condamnés à mort à la prison de Ghezel Hesar se sont rassemblées pour la seconde fois près de la place Baharestan, devant le Parlement à Téhéran, sous une forte surveillance policière.
Les proches portaient des pancartes réclamant l’arrêt des exécutions et une réforme judiciaire.
Une image poignante a marqué la journée :
Un enfant tenant une pancarte où l’on pouvait lire :
« L’exécution d’une personne ne corrige pas les erreurs — elle engendre de nouvelles souffrances pour les enfants innocents. »
Les manifestants ont scandé à plusieurs reprises :
« Non aux exécutions »
et « Stop aux pendaisons à Ghezel Hesar »,
en référence à l’augmentation alarmante des exécutions signalées dans cette prison ces dernières semaines.
Une mobilisation civile grandissante
Selon les organisations de défense des droits humains, l’Iran demeure l’un des pays où le taux d’exécutions est le plus élevé au monde. Rien qu’en octobre 2025, au moins 284 prisonniers ont été exécutés dans les prisons de Ghezel Hesar, Oroumieh, Zahedan et Mashhad.
Le mouvement « Les mardis sans exécutions » est devenu une campagne populaire de résistance face à cette réalité. Ses participants affirment que leur lutte ne vise pas seulement l’abolition de la peine capitale, mais aussi la transparence judiciaire, le droit à un procès équitable et la fin des condamnations politiques à mort.
Un cri national persistant
Cette 92e semaine du mouvement a une nouvelle fois révélé l’ampleur de la résistance populaire face à l’usage des exécutions comme instrument politique et social. Malgré la surveillance et la répression, le mouvement continue de porter la voix d’un peuple en quête de justice, de dignité et de vie.
Alors que le nombre d’exécutions ne cesse d’augmenter, les manifestations hebdomadaires des Iraniens se sont transformées en un cri national durable — une affirmation de la vie contre la mort, et une exigence de mettre fin à la machine de répression du régime des mollahs.



