La machine à exécuter iranienne s’accélère alors que des manifestants font face à la potence

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CSDHI – Le recours croissant à la machine à exécuter contre les manifestants et les prisonniers politiques exige une action urgente et coordonnée de la communauté internationale avant que d’autres vies ne soient perdues.

Le régime iranien accélère son recours aux exécutions comme instrument de répression politique, faisant de la peine de mort l’un de ses principaux moyens d’intimider la société et de réprimer toute dissidence. Alors que les manifestations, les grèves et les actes de résistance se poursuivent à travers le pays, les autorités ciblent de plus en plus les manifestants, les prisonniers politiques et les dissidents en les condamnant à mort, dans le but non seulement de punir des individus, mais aussi de terroriser l’ensemble de la population.

L’ampleur et le caractère secret de cette campagne doivent alerter la communauté internationale. Selon les chiffres documentés pour 2025, au moins 1 526 exécutions — soit plus de 93 % du total recensé — n’ont pas été officiellement annoncées par les autorités. Certaines ont été réalisées en secret, sans que les familles ou les avocats en soient informés. Le nombre réel serait considérablement plus élevé.

Ce secret systématique ne relève pas simplement de statistiques incomplètes. Il fait partie d’une vaste machine de répression dans laquelle exécutions, détentions arbitraires, tortures, aveux forcés et procédures judiciaires à huis clos se renforcent mutuellement. Le régime cherche ainsi à instaurer un climat dans lequel tout acte de dissidence est susceptible d’entraîner la peine ultime.

Les manifestants sont pris pour cible

Le danger est devenu particulièrement aigu pour les personnes arrêtées lors des récentes manifestations nationales.

À Ispahan, douze jeunes hommes ont été condamnés à mort dans le cadre de l’affaire d’Alikhani Square, liée aux manifestations de janvier 2026. Deux d’entre eux, Erfan Esfandiyari et Gol-Mohammad Mohammadi, ont été exécutés le 19 juillet. Le 28 juillet, deux autres — Amirhossein Safari et Abolfazl Sepahi — ont été exécutés sous un important dispositif de sécurité dans la ville. Des organisations de défense des droits humains et des experts des Nations unies ont fait part de leurs inquiétudes concernant l’équité des procédures dans ces affaires, notamment en raison d’allégations d’aveux obtenus sous la contrainte et de procès à huis clos.

Ces exécutions envoient un message sans ambiguïté : participer à des manifestations peut conduire à une condamnation à mort.

Pourtant, l’histoire a montré à maintes reprises que les exécutions ne peuvent pas étouffer la demande de liberté. Elles alimentent au contraire la colère de la population et révèlent la dépendance du régime à l’égard de la peur.

Les femmes et les prisonniers politiques sous la menace de la machine à exécuter

Les femmes sont elles aussi de plus en plus prises pour cibles par la peine capitale et la persécution politique.

Parmi les personnes actuellement menacées de la peine de mort figure Arghavan Fallahi, une jeune prisonnière politique condamnée à mort en juillet 2026 pour baghi, c’est-à-dire « rébellion armée ». Selon les informations disponibles, elle aurait subi une longue période d’isolement cellulaire et d’interrogatoires avant d’être condamnée.

Autre cas : celui de Zahra Shahbaz Tabari, ingénieure électricienne de 67 ans et prisonnière politique originaire de Rasht. Sa condamnation à mort a de nouveau été prononcée après l’annulation d’une première condamnation, des organisations de défense des droits humains faisant état de graves préoccupations concernant la procédure judiciaire.

Ces affaires montrent à quel point la peine de mort est largement utilisée contre l’opposition politique. Les accusations retenues contre les dissidents peuvent être passibles des sanctions les plus sévères, tandis que les accusés peuvent être confrontés à un accès restreint aux avocats, à des procédures opaques et à des allégations de coercition.

Les avertissements internationaux doivent désormais se transformer en actions

Des avertissements internationaux ont été lancés à plusieurs reprises à l’approche de l’exécution de prisonniers. Mais les avertissements, à eux seuls, n’ont pas arrêté la potence.

Les exécutions de manifestants à Ispahan illustrent les conséquences de l’inaction internationale. Lorsque les autorités procèdent aux exécutions malgré les appels internationaux, le régime reçoit un signal dangereux : le coût politique de sa répression reste supportable.

La communauté internationale doit donc aller au-delà des simples déclarations de préoccupation. Les Nations unies, les gouvernements européens et les États démocratiques doivent exiger l’arrêt immédiat des exécutions, en particulier celles visant des manifestants et des prisonniers politiques. Ils doivent faire pression pour que des enquêteurs internationaux indépendants puissent accéder aux prisons iraniennes, exiger des procédures judiciaires transparentes et imposer des conséquences significatives aux responsables ayant ordonné ou exécuté ces condamnations à mort.

Les relations diplomatiques ne peuvent pas se poursuivre comme si les exécutions systématiques constituaient une question secondaire. Les droits humains doivent être placés au cœur de la politique internationale à l’égard de Téhéran.

Le peuple iranien a démontré à maintes reprises que la répression ne peut éteindre sa demande de liberté. Travailleurs, retraités, étudiants, familles de victimes et prisonniers eux-mêmes continuent de résister à travers des manifestations, des grèves, des campagnes contre les exécutions et des actes de défiance.

La campagne d’exécutions qui s’accélère constitue donc un test non seulement pour l’Iran, mais aussi pour la communauté internationale. Chaque exécution perpétrée dans le silence renforce la machine de répression. Chaque absence d’action risque de coûter une vie supplémentaire.

Le temps des simples déclarations de préoccupation est révolu. La communauté internationale doit agir d’urgence pour mettre fin aux exécutions en Iran, protéger les manifestants et les prisonniers politiques condamnés à mort, et demander des comptes aux responsables de cette campagne systématique de répression.