Poursuite de la grève de la faim de Parisa Kamali à la prison de Yazd

Protestation contre un vide juridique et l’absence de soins médicaux
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CSDHI – Parisa Kamali, prisonnière politique détenue à la prison centrale de Yazd, en est à son dixième jour de grève de la faim. Elle a entamé une grève de la faim « humide » le 24 novembre 2025 (3 Azar 1404) pour protester contre la « disparition » de son dossier judiciaire, la suspension de toute procédure et le refus de soins médicaux essentiels.

Selon des sources informées, Kamali souffre d’une hyperthyroïdie toxique provoquant tachycardie, grande faiblesse, tremblements et difficultés respiratoires. Les médecins de la prison ont souligné à plusieurs reprises que son état nécessitait un traitement spécialisé en dehors de l’établissement, mais aucune mesure n’a été prise.

Transfert en quarantaine et pressions accrues

Après le début de sa grève, les autorités pénitentiaires l’ont transférée au quartier de quarantaine — une méthode couramment utilisée pour exercer une pression psychologique et pousser les détenus à abandonner leur protestation. Elle a été réintégrée dans le quartier général quelques jours plus tard, mais les rapports indiquent qu’elle reste soumise à des restrictions sur les appels téléphoniques, à des pressions sécuritaires et à la menace de nouvelles accusations.

Sa famille affirme désormais que les responsables de la prison prétendent que son dossier « n’existe pas », entraînant un blocage complet de la procédure de libération sous bracelet électronique. Une source proche du dossier confie :

« Sa famille demande depuis des mois un congé pénitentiaire ou un bracelet électronique. À présent, on leur dit que le dossier a disparu. Ce niveau de désorganisation et de pression ciblée l’a contrainte à entamer une grève de la faim. »

Contexte de l’arrestation

Née en 1986 et étudiante en géographie, Parisa Kamali a été arrêtée en avril 2024 à Ispahan. Elle a été accusée « d’agir contre la sécurité nationale », de « destruction de biens publics » et « d’appartenance à l’Organisation des Moudjahidine du peuple ». Elle avait d’abord été condamnée à six ans de prison, peine ensuite réduite à trois ans et demi après qu’elle eut accepté le verdict sous pression.

En 2025, elle a été transférée sans préavis de la prison d’Ispahan à celle de Yazd — un déplacement que ses proches interprètent comme une mesure destinée à accroître les pressions. Après ce transfert, les restrictions se sont multipliées : refus de soins médicaux, limitation des appels, menaces sécuritaires répétées.

Violations des droits humains dans le cas de Parisa Kamali

Le traitement infligé à Kamali par les autorités pénitentiaires et judiciaires viole plusieurs normes fondamentales des droits humains :

  • Article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains ou dégradants — le refus de soins médicaux et les pressions psychologiques en relèvent clairement.

  • Article 9 : interdiction des arrestations et détentions arbitraires — la « disparition » de son dossier judiciaire constitue une manifestation évidente d’arbitraire.

  • Article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : droit des détenus à un traitement humain — la négligence médicale viole directement ce principe.

  • Règles Nelson Mandela : accès garanti aux soins, interdiction des mesures disciplinaires inhumaines, droit à une révision régulière du dossier — autant de règles bafouées dans sa situation.