CSDHI – À l’occasion de la Journée internationale des droits humains, la situation des droits humains en Iran redevient une préoccupation majeure de la communauté internationale. Quatre décennies de violations structurelles et systématiques des droits fondamentaux ont placé le régime parmi les rares gouvernements au monde condamnés dans au moins 72 résolutions des Nations Unies portant sur la situation des droits humains dans le pays. Ce long historique de répression ne s’est pas atténué ; au contraire, il s’est fortement intensifié en 2025.
Lors de la dernière session de l’Assemblée générale de l’ONU (novembre–décembre 2025), la Troisième Commission comme la session plénière ont adopté une nouvelle résolution sur la situation des droits humains en Iran. Cette résolution — l’une des plus fermes à ce jour — a condamné la hausse dramatique des exécutions, l’institutionnalisation de la torture, la répression des manifestants, le déni des garanties de procès équitables et l’impunité généralisée des responsables. Elle a également appelé à l’arrêt immédiat des exécutions et à un accès complet pour les mécanismes onusiens des droits humains. Aucune de ces exigences n’a été mise en œuvre.
Une évaluation des douze derniers mois montre que la répression a atteint en 2025 un niveau alarmant. Les données vérifiées indiquent que 1 791 exécutions ont été menées au cours des onze premiers mois de l’année, avec plus de 1 500 prisonniers condamnés à mort en danger imminent. L’année a aussi vu l’exécution d’au moins 57 femmes, le chiffre le plus élevé en quarante ans, reflétant un schéma de persécution fondée sur le genre et de punitions discriminatoires.
Dans l’ensemble — torture, dégradation des conditions de détention, décès évitables, ciblage des femmes et des minorités, répression des militants et des détenus — 2025 représente l’une des périodes les plus graves de détérioration des droits humains de ces dernières années.
1. Méthodologie
Ce rapport s’appuie sur des informations de terrain crédibles, sur des dossiers documentés de détenus, et sur les conclusions des mécanismes onusiens des droits humains, afin de présenter une évaluation complète des violations les plus graves commises au cours de l’année écoulée.
Tous les noms cités se rapportent à des détenus politiques, idéologiques ou issus de minorités, après vérification minutieuse.
2. Conclusions principales
2.1. Droit à la vie et crise des exécutions en 2025
L’ampleur des exécutions en 2025 reflète une intensification spectaculaire de la politique du régime visant à éliminer physiquement les opposants politiques et les groupes vulnérables. Selon des données fiables, 1 791 exécutions ont été menées durant les onze premiers mois de l’année — plus du double des 993 exécutions en 2024.
Au moins 57 femmes ont été exécutées, un record sur quatre décennies.
De nombreuses exécutions ont suivi des procès inéquitables, le refus d’accès à un avocat et des aveux forcés obtenus sous la torture. Les Kurdes et les Baloutches figurent de manière disproportionnée parmi les exécutés.
Cas documentés (exécutions / condamnations / risque imminent) :
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Behrouz Ehsani Eslamlou, Mehdi Hassani – exécutés après des procès inéquitables et sans avocat
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De nombreux prisonniers politiques et idéologiques condamnés à mort, dont :
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Zahra Shahbaz Tabari – prison de Lakan (Rasht)
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Manouchehr Fallah – représentant commercial, prison de Lakan
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Amin (Peyman) Farah-Avar Gisavandani – poète, prison de Lakan
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Karim Khojasteh – prison de Lakan
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Mohammad-Javad Vafaei-Sani – champion de boxe, prison de Vakilabad (Mashhad)
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Ehsan Faridi – étudiant en génie, prison de Tabriz
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Vahid Bani-Amerian – étudiant en management, Qezel Hesar
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Pouya Ghobadi – ingénieur électricien, Qezel Hesar
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Mohammad Taghavi-Sangdehi – diplômé en graphisme, Qezel Hesar
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Abolhassan Montazer – Qezel Hesar
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Babak Alipour – diplômé en droit, Qezel Hesar
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Akbar (Shahrokh) Daneshvarkar – ingénieur, Qezel Hesar
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Varisheh Moradi – diplômée universitaire, Evin
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Farshad E’temadifar – prison de Sheiban (Ahvaz)
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Masoud Jame’i, Alireza Mardasi, Reza Abdali – Sheiban
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Nima Shahi, Hamed Validi – prison centrale de Karaj
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2.2. Torture et aveux forcés
La torture demeure une pratique courante dans les centres de détention sécuritaires et les prisons. Les méthodes documentées incluent :
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passages à tabac sévères
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suspension
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décharges électriques
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privation de sommeil
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menaces sexuelles
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cellules « cercueil »
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aveux arrachés sous contrainte
Les détenus baloutches, kurdes et sunnites ont rapporté les formes les plus brutales de torture.
Les interrogateurs ont utilisé des techniques telles que l’enfoncement d’aiguilles sous les ongles, des brûlures, ou encore une pression psychologique sur des mineurs pour obtenir des aveux.
Les « aveux » télévisés sont ensuite diffusés pour justifier la répression.
Cas documentés :
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Loghman Alizadeh – dégradation physique sévère après torture (Qezel Hesar)
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Hassan Saeedi – mort sous la torture (renseignement d’Ahvaz)
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Hamzeh Darvish – neuf ans de torture et d’isolement (Lakan)
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Javad Kiani-Ashtarjani – risque de mort (Evin)
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Rouhollah Karki – torturé dans une « maison sûre » (Ahvaz)
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Iliya Zarei – 17 ans, torturé et hospitalisé
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Abdolsalam Shahmiri – Zahedan ; torture et incertitude prolongée
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Mohammad Banazadeh Amirkhizi – torture continue (renseignement de Qom)
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Pezhman Toubere-Rizi – état critique après torture
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Arghavan Fallahi – six mois de torture ; transférée vers un lieu inconnu
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Saman Mirdoraghi – mort sous la torture (renseignement d’Andimeshk)
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Saeed et Parsa Salimi-Majd (17 ans) – torturés dans la section 209 d’Evin
2.3. Privation délibérée de soins médicaux et « mort lente »
Le refus systématique de soins médicaux, une forme de « torture blanche », s’est aggravé en 2025.
Les prisonniers gravement malades se voient refuser transferts hospitaliers ou médicaments essentiels.
Au moins 23 femmes sont mortes à la prison de Qarchak depuis le début de l’année en raison de négligences médicales.
Cas documentés :
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Maryam Shahraki – décès après diagnostic erroné et refus de prise en charge cardiaque urgente
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Jamileh Azizi – morte à Qarchak après symptômes cardiaques non traités
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Somayeh Rashidi – détenue épileptique ; aggravation irréversible du fait d’un transfert retardé
Cas critiques supplémentaires :
Abolhassan Montazer-Moghaddam, Mir Yusef Younesi (72 ans), Mohammad-Ali Akbari Monfared, Reza Ehtehami (70 ans), Ayyub Parkar (69 ans), Jaber Albushohkeh, et d’autres encore.
2.4. Décès évitables et suicides
La torture, la pression psychologique et la négligence médicale ont conduit à de nombreux décès évitables et suicides.
Cas documentés :
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Omid Jahani – mort par négligence médicale (Babol)
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Ali Darabi – suicide à Fashafuyeh
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Payam Sattari – suicide après torture et agression sexuelle
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Mohammad Koushki – suicide à Qezel Hesar après privations
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23 femmes – mortes à Qarchak par négligence médicale
2.5. Disparitions forcées comme outil de répression
Les disparitions forcées sont devenues un instrument central de répression en 2025.
Transferts soudains, coupures de communication, refus d’information aux familles — un schéma qui peut constituer un crime contre l’humanité.
Cas documentés (2021–2025) :
Siamak Barati, Nader Teymouri, Ahmadreza Djalali, Emad Mazraeh, Mehdi Mahmoudi (17 ans), plusieurs détenus kurdes, Saleh Bahramzehi (16 ans), Rassam Sohrabi, Ali Younesi, Bijan Kazemi, etc.
2.6. Femmes : persécution fondée sur le genre et violence structurelle
2025 est la pire année en quatre décennies pour les femmes détenues.
Points clés :
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Exécution d’au moins 57 femmes
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Mort de 23 femmes à Qarchak par négligence médicale
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Transfert de prisonnières politiques dans une installation souterraine à Evin
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Graves privations médicales visant les détenues politiques
Cela constitue une persécution systématique fondée sur le genre.
2.7. Minorités ethniques et religieuses
Les communautés kurde, baloutche, arabe, sunnite et bahá’í font l’objet d’une discrimination structurelle et d’une répression accrue.
Elles représentent environ 20 % des exécutions, bien qu’elles constituent une proportion plus faible de la population.
3. Schémas de violations
Les preuves réunies — torture, exécutions disproportionnées, disparitions forcées, privation médicale, ciblage des femmes et minorités — montrent que ces violations sont structurelles, coordonnées et intentionnelles.
L’impunité institutionnelle permet leur perpétuation.
4. Analyse juridique
Ces violations constituent des infractions graves aux obligations de l’Iran au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (articles 6, 7, 9, 10, 14 et 26).
La nature systématique et l’ampleur des tortures, exécutions, disparitions et persécutions atteignent le seuil juridique des crimes contre l’humanité.
5. Conclusion et appel à une action urgente
Les conclusions de ce rapport montrent une dégradation extrêmement grave de la situation des droits humains en Iran.
Des milliers de prisonniers — politiques, idéologiques, femmes, minorités — sont exposés au risque de torture, de mort lente ou d’exécution.
La situation exige une action internationale urgente et coordonnée pour prévenir de nouvelles violations et protéger les détenus vulnérables.



