132ᵉ semaine de la campagne « Les mardis contre les exécutions » dans 59 prisons à travers l’Iran

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CSDHI – Les prisonniers résistants de 59 prisons à travers l’Iran ont poursuivi la 132ᵉ semaine de la campagne « Les mardis contre les exécutions » en observant une grève de la faim d’ampleur pour protester contre la vague croissante et incessante d’exécutions menée par le régime.

Dans un communiqué, les membres de cette campagne ont averti qu’en intensifiant les exécutions et en instaurant un climat de peur et de terreur, le régime cherche à empêcher toute formation de mouvements de protestation et de soulèvements populaires. Tout en réaffirmant leur détermination à poursuivre leur résistance, ces prisonniers grévistes ont appelé à une solidarité totale et à des actions concrètes, inconditionnelles, de la part de toutes les organisations de défense des droits humains et de toutes les forces politiques afin de mettre un terme à la machine à exécuter en Iran.

Texte intégral du communiqué de la campagne « Les mardis contre les exécutions »

Poursuite de la campagne « Les mardis contre les exécutions » pour sa 132ᵉ semaine dans 59 prisons du pays

Appel à une solidarité collective contre les exécutions

Comme nous avons pu le constater au cours des dernières semaines, le régime, créateur de crises et lui-même en proie aux crises, qui domine la vie du peuple, a intensifié les exécutions. Depuis le début du mois de Mordad (23 juillet 2026) jusqu’à aujourd’hui, 35 personnes ont été exécutées, parmi lesquelles un mineur délinquant et une femme. Vingt-huit de ces exécutions ont eu lieu entre le 28 juillet 2026 et aujourd’hui, dont trois concernaient des manifestants du soulèvement de janvier qui ont été conduits à la potence.

Le régime du Velayat-e Faqih (gouvernement du juriste-théologien), qui conditionne sa survie à la répression et à l’exploitation du peuple, en particulier des classes défavorisées et laborieuses, a porté de lourdes atteintes à la vie et aux moyens de subsistance de la population sous le prétexte de la guerre. Il a occupé les rues durant la nuit avec une minorité tristement célèbre, les transformant en lieux de vulgarité, déployé des unités blindées et installé des postes de contrôle sur les principaux axes de circulation, tout en ne faisant aucun effort pour mettre fin à la guerre.

Cela s’explique par le fait qu’il ne craint pas la guerre ; les menaces étrangères constituent même pour lui une bénédiction, tout comme ce fut le cas lors de la guerre de huit ans contre l’Irak. Malgré leurs nombreuses divergences, toutes les factions au pouvoir partagent la même crainte : celle de voir un soulèvement intérieur prendre racine. Elles savent parfaitement qu’au moyen de leurs « villes de missiles », elles peuvent gagner le plus de temps possible face aux États-Unis et à Israël afin d’assurer leur propre survie.

Aucun pays ni aucune puissance étrangère, malgré la rhétorique belliciste du régime iranien, ne peut apporter à l’Iran et à la région la paix, la démocratie, l’égalité ou les droits humains. En tant qu’opposants à la peine de mort, nous nous opposons naturellement également à la guerre et à toute intervention étrangère, et nous l’avons déclaré à de nombreuses reprises.

Le bien-être, l’égalité, la liberté, la joie et la négation de toute forme d’exploitation et de tyrannie ne peuvent être obtenus que par le peuple lui-même et par la force collective. C’est précisément pour cette raison que Mojtaba Khamenei, dirigeant dictatorial de l’ombre, met en œuvre la volonté de son père, invoque le Dieu des années 1980, fait installer les grues destinées aux exécutions dans les rues afin d’ôter publiquement la vie à Amir Hossein Safari et Abolfazl Sepahi, et fait exécuter à Shahroud le jeune Arvin Kheirkhahan, âgé de 19 ans et animé d’un immense désir de vivre. Il cherche ainsi à poursuivre le massacre des manifestants du soulèvement de janvier, afin d’empêcher toute forme de protestation en faveur d’un changement révolutionnaire et fondamental. Pendant ce temps, ses représentants lors des prières du vendredi ainsi que la radio-télévision d’État (Seda va Sima) vantent les prétendus bienfaits des exécutions et rendent hommage aux bourreaux.

Aujourd’hui, toute conscience éveillée se pose cette question : si ces jeunes manifestants étaient réellement des criminels et des meurtriers justifiant leur pendaison publique, pourquoi leurs procès n’ont-ils pas été publics ? Pourquoi ont-ils été torturés et jugés dans le secret ?

Pourtant, à l’intérieur même des prisons, nous sommes témoins d’une résistance admirable. Les prisonniers résistants et combattants protestent de multiples façons contre le processus de répression, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des prisons. Ils sont placés à l’isolement, transférés dans d’autres établissements, mais ils ne deviennent véritablement silencieux qu’au moment où ils montent sur l’échafaud, entrant alors dans l’immortalité.

Cette résistance ne se limite pas aux prisonniers politiques. Au cours des deux dernières semaines, 1 500 prisonniers du quartier n° 2 de la prison de Ghezel Hesar ont observé, avec une détermination de fer, une grève de la faim de plus de deux semaines. Ils n’y ont mis fin qu’après que l’administration pénitentiaire et le parquet se sont engagés à suspendre l’exécution des condamnations à mort.

Par ailleurs, dans 59 prisons, la campagne « Les mardis contre les exécutions » se poursuit dans un esprit de solidarité. En tant que membres de cette campagne, notre détermination à poursuivre ce mouvement n’a fait que se renforcer face à l’intensification des exécutions. Compte tenu de la situation actuelle, où chaque jour l’un des manifestants, notamment parmi les personnes arrêtées lors du soulèvement de janvier, est exécuté, il est essentiel de sensibiliser l’opinion publique à la question de la peine de mort. Car l’exécution signifie la privation du droit à la vie et constitue une violence d’État ; en Iran, chaque exécution poursuit un objectif politique et vise à instaurer un climat de peur et de terreur. Aujourd’hui, la menace que représente cet acte inhumain s’étend à l’ensemble de la société iranienne.

Nous jugeons nécessaire d’exprimer notre gratitude envers toutes les organisations et partis politiques, les organisations de défense des droits humains, les syndicats, les associations civiles, les organisations de retraités ainsi que les personnalités iraniennes et internationales qui se sont opposés à la peine de mort en général et qui ont soutenu la campagne « Les mardis contre les exécutions ». Toutefois, en toute humilité et au regard de ce qui précède, nous attendons des partis, des organisations et de tous les mouvements politiques, syndicaux, civiques et de défense des droits humains opposés à la peine capitale qu’ils agissent sans conditions ni réserves pour défendre le droit à la vie et le mot d’ordre « Non aux exécutions ».

Alors que, depuis 132 semaines, les prisonniers poursuivent ensemble cette campagne en accomplissant le minimum de leur devoir en tant que détenus, et que ses membres ont été placés à l’isolement, battus et exécutés, il est attendu de tous les opposants à la peine de mort qu’ils prennent des mesures efficaces pour mettre fin aux exécutions et qu’ils saisissent chaque occasion pour y répondre par des actions concrètes.

Le fait que le procureur de ce régime d’exécuteurs ait menacé de sanctions les opposants à la peine de mort pour la seule expression de leurs opinions montre les progrès accomplis par le mouvement « Non aux exécutions » ainsi que son importance grandissante. Il est donc indispensable que l’opposition à la peine capitale s’étende davantage et englobe toutes les personnes condamnées à mort, qu’elles soient des prisonniers politiques, quelles que soient leurs convictions, ou des détenus de droit commun, quelle que soit la nature des accusations retenues contre eux.

Comme nous l’avons affirmé à de nombreuses reprises, notre force réside dans notre solidarité. C’est par la résistance et l’organisation collective que nous briserons le mur de la tyrannie et des exécutions.

Les membres de la campagne « Les mardis contre les exécutions » observent une grève de la faim ce mardi 4 août 2026, à l’occasion de la 132ᵉ semaine, dans les 59 prisons suivantes :

Prison d’Evine (quartiers des femmes et des hommes), prison de Ghezel Hesar (quartiers 2, 3 et 4), prison centrale de Karaj, prison de Fardis (Karaj), prison du Grand Téhéran, prison de Qarchak, prison de Khorin (Varamin), prison de Choobindar (Qazvin), prison d’Ahar, prison d’Arak, prison de Langeroud (Qom), prison de Khorramabad, prison de Borujerd, prison de Yasuj, prison d’Asadabad (Ispahan), prison de Dastgerd (Ispahan), prison de Sheiban (Ahvaz), prison de Sepidar (Ahvaz, quartiers des femmes et des hommes), prison de Nezam (Shiraz), prison d’Adel Abad (Shiraz, quartiers des femmes et des hommes), prison de Firouzabad (province de Fars), prison de Dehdasht, prison de Zahedan (quartiers des femmes et des hommes), prison de Borazjan, prison de Ramhormoz, prison de Behbahan, prison de Bam, prison de Yazd (quartiers des femmes et des hommes), prison de Kahnuj, prison de Tabas, prison centrale de Birjand, prison de Mashhad, prison de Gorgan, prison de Sabzevar, prison de Gonbad-e Kavus, prison de Qaemshahr, prison de Rasht (quartiers des hommes et des femmes), prison de Rudsar, prison de Havigh (Talesh), prison d’Azbaram (Lahijan), prison de Dizel Abad (Kermanshah), prison d’Ardabil, prison de Tabriz, prison d’Oroumieh, prison de Salmas, prison de Khoy, prison de Naqadeh, prison de Miandoab, prison de Mahabad, prison de Bukan, prison de Saqqez, prison de Baneh, prison de Marivan, prison de Sanandaj, prison de Kamyaran, prison d’Ilam, prison de Kerman, prison de Borujen et prison de Neyshabur.

132ᵉ semaine

4 août 2026

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