Déployés sur place dès les premières heures du vendredi 26 décembre, les forces de l’ordre et de sécurité ont de nouveau bloqué l’accès au cimetière de Khavaran en fermant ses portes.
De plus, elles ont empêché les familles de se rassembler à l’entrée du cimetière, de déposer des photos de leurs proches et des fleurs. Le cimetière de Khavaran abrite les sépultures de milliers de prisonniers politiques exécutés lors du massacre de 1988, dont la plupart étaient membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran.
Selon ces témoignages, malgré les restrictions, certaines familles ont déposé des fleurs le long de la route menant à l’entrée ou les ont jetées par-dessus les murs du cimetière de Khavaran.
Auparavant, de nombreuses informations faisaient état d’empêchements des autorités de permettre aux familles de prisonniers politiques exécutés dans les années 2000 d’accéder au cimetière de Khavaran à Téhéran pour y organiser des cérémonies commémoratives.
À ce sujet, des dizaines de membres de familles et de proches de prisonniers politiques et religieux décédés dans les années 2000 ont déclaré, dans une lettre adressée à Massoud Pezeshkian et publiée le 24 janvier 2025, qu’ils étaient interdits d’accès au cimetière de Khavaran depuis plus de onze mois et que le responsable du site avait aggravé leur souffrance par un comportement insultant.
Dans leur lettre, ces familles demandaient « l’arrêt des inhumations dans ce cimetière » et « la levée de tous les obstacles et restrictions afin de leur permettre d’être présentes et de rendre hommage à leurs proches ».
À ce jour, aucune information n’a été publiée concernant une éventuelle réaction de Pezeshkian aux familles des personnes exécutées lors du massacre de 1988. Néanmoins, l’accès des familles au cimetière de Khavaran leur est toujours interdit.
Durant l’été 1988, sur ordre de Rouhollah Khomeiny et sur la base de décisions rendues par des organes connus sous le nom de « Comités de la mort », un très grand nombre de prisonniers politiques ont été exécutés, alors même qu’ils purgeaient leur peine dans les prisons du régime iranien.
En raison du secret qui entoure les autorités et les institutions du régime iranien, le nombre exact de personnes exécutées reste inconnu. Cependant, selon les informations de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran, près de 30 000 personnes ont été massacrées en quelques semaines durant l’été 1988.
Les familles des victimes du massacre de 1988 ont maintes fois dénoncé cette action des autorités comme une profanation des corps des exécutés, mais aussi comme une tentative d’effacer les preuves des crimes commis par le régime iranien dans les années 2000, notamment le massacre de prisonniers de l’été 1988.
Le régime iranien ne se contente pas d’ôter la vie et le droit à la vie à ses opposants politiques par l’exécution et le meurtre ; il bafoue également leur dignité humaine en empêchant les cérémonies commémoratives.
En réprimant les familles qui réclament justice pour le massacre de 1988, le régime iranien cherche à faire taire leurs appels à la justice et à les isoler. Il empêche également les personnes éprises de liberté de considérer la quête de justice comme un devoir national et de se joindre à ces familles pour empêcher la répétition de crimes d’État organisés.



