CSDHI – Amnesty International a averti, dans un communiqué, que des preuves crédibles, notamment des vidéos vérifiées et des témoignages de témoins oculaires, démontrent que les forces de sécurité iraniennes, lors de la répression des récentes manifestations, ont procédé à des meurtres de manifestants, illégaux massifs et sans précédent.
Ces actions ont coïncidé avec une coupure nationale d’Internet, débutée le 8 janvier, et auraient été menées, selon l’organisation, dans le but de dissimuler la réalité de la répression.
Dans le communiqué publié par Amnesty International le mercredi 14 janvier, il est indiqué que depuis le début de la nouvelle vague de manifestations, le 28 décembre, la répression meurtrière visant des manifestants pour la plupart pacifiques a entraîné une hausse sans précédent du nombre de victimes humaines. Même selon les déclarations officielles des autorités iraniennes, le nombre de personnes tuées aurait atteint environ 2 000. L’organisation souligne que la poursuite de l’impunité pour les crimes commis par les forces de sécurité lors des manifestations passées et actuelles a encouragé les responsables du régime iranien à maintenir une violence organisée.
Amnesty International a appelé les États membres des Nations unies à prendre des mesures urgentes et coordonnées afin d’empêcher de nouveaux massacres, notamment en convoquant des sessions extraordinaires du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et du Conseil de sécurité. L’organisation de défense des droits humains a également proposé que, pour mettre fin au cycle de l’impunité, des mécanismes internationaux de justice soient mis en place afin d’enquêter sur les crimes internationaux et les violations graves des droits humains et de poursuivre pénalement leurs auteurs, et que la situation en Iran soit déférée à la Cour pénale internationale.
Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, a exprimé sa profonde inquiétude face à l’intensité et à l’ampleur des meurtres de manifestants depuis le 8 janvier.
« Même au regard du sombre bilan des autorités iraniennes en matière de violations graves des droits humains et de crimes au regard du droit international lors des vagues successives de manifestations, la gravité et l’ampleur des tueries et de la répression depuis le 8 janvier sont sans précédent », a-t-elle déclaré, ajoutant que la communauté internationale doit agir immédiatement sur le plan diplomatique afin de protéger les manifestants et de s’opposer à une politique étatique fondée sur le bain de sang.
Selon les conclusions de l’organisation, les forces de sécurité — y compris le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), les unités du Basij, la police et des agents en civil — ont tiré sur des manifestants non armés depuis la rue et même depuis les toits des bâtiments, visant fréquemment la tête et le haut du corps. Des rapports indiquent que les hôpitaux ont été submergés par l’afflux de blessés, tandis que des familles recherchent les corps de leurs proches dans des morgues, des entrepôts et même des camions.
Amnesty International affirme que la poursuite de la coupure d’Internet a considérablement limité la capacité à documenter de manière indépendante et fiable les violations commises, tout en augmentant le risque de destruction des preuves.
Conclusion
En conclusion, l’organisation de défense des droits humains souligne que sans obligation de rendre des comptes ni poursuites contre les responsables, le cycle de la violence et de la répression en Iran se poursuivra. Il incombe donc à la communauté internationale de prendre des mesures concrètes et urgentes afin de mettre fin à cette situation.



