Début des manifestations et propagation du mécontentement
Les manifestations ont initialement débuté de manière limitée dans le Grand Bazar de Téhéran. Les difficultés économiques et le mécontentement social accumulé ont créé les conditions de leur expansion rapide. Le mouvement s’est rapidement étendu à d’autres quartiers et est devenu le défi le plus sérieux lancé au pouvoir clérical depuis près de cinquante ans. Les slogans des manifestants exigeaient la démission des religieux, une revendication qui a exacerbé les tensions sécuritaires.
Les autorités ont restreint l’accès à Internet et déployé massivement les forces de sécurité dans les rues. La répression a fait des milliers de morts. Parallèlement, une nouvelle vague d’arrestations a débuté, constituant la deuxième phase de la répression des manifestations.
Vague d’arrestations massives et centres de détention secrets
Des informations en provenance d’Iran font état d’une intense activité des forces en civil. Selon ces témoignages, les forces de sécurité ont arrêté des milliers de personnes en quelques jours. Les points de contrôle se sont multipliés et les rues ont été placées sous haute surveillance.
De nombreux détenus ont été transférés dans des prisons secrètes. On ignore où ils se trouvent, et l’objectif principal est d’instiller la peur au sein de la population. Ces témoignages concordent avec les déclarations d’avocats, de médecins, de témoins oculaires et même de responsables du régime iranien. Selon ces sources, cette vague d’arrestations vise à empêcher toute reprise des manifestations.
Arrestations d’anciens militants et de membres de leurs familles
Les forces de sécurité du régime iranien n’ont pas limité les arrestations aux seuls manifestants récents. Des personnes arrêtées lors de manifestations les années précédentes ont été de nouveau interpellées, même si elles n’avaient joué aucun rôle dans les troubles actuels. Dans certains cas, des membres de leur famille ont également été arrêtés. Cette approche a étendu le champ des arrestations de manière inédite.
Réactions internationales et préoccupations des Nations Unies
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a déclaré être au courant du nombre élevé d’arrestations. Il a averti que les détenus courent un risque de torture et de procès inéquitables. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur l’Iran a également indiqué que parmi les milliers de personnes détenues figurent des médecins et des professionnels de santé.
Deux responsables du régime iranien ont également confirmé officieusement que des milliers de personnes sont détenues dans des centres de détention non officiels, tels que des entrepôts et des installations temporaires. Cependant, les autorités officielles ont refusé de divulguer des chiffres précis ou les lieux de détention.
Disparition de jeunes et peur sociale
Plus de 60 % des 92 millions d’Iraniens ont moins de 30 ans. La disparition de jeunes terrorise les familles. Des avocats signalent que des dizaines de familles ont demandé des informations sur leurs enfants détenus ; certains d’entre eux ont moins de 18 ans.
Le recours à des centres de détention non officiels et le refus prolongé d’accès à un avocat sont des caractéristiques constantes des vagues d’arrestations massives lors des périodes de troubles.
Pression sur le personnel médical
Des médecins ont déclaré à Reuters que les forces de sécurité avaient évacué des manifestants blessés des hôpitaux. Des dizaines de médecins ont été convoqués ou arrêtés, et certains se sont vu interdire de soigner les manifestants. L’Organisation mondiale de la santé a également confirmé des dégâts dans les infrastructures médicales et des blessures parmi le personnel paramédical. Cette situation révèle de nouvelles dimensions de la vague d’arrestations.
Ce qui se déroule aujourd’hui en Iran n’est pas une simple série d’arrestations isolées. Cette vague d’arrestations massives est devenue le principal instrument du régime en place pour se maintenir au pouvoir – un instrument qui étouffe la société par la peur, les disparitions forcées et les menaces. L’expérience des quarante dernières années montre qu’une répression généralisée non seulement ne résout pas les crises, mais creuse le fossé entre le peuple et les autorités et prépare le terrain à de futures explosions sociales. Il convient de rappeler qu’en raison du crime organisé et de la répression brutale des soulèvements nationaux, l’Union européenne a inscrit le Corps des gardiens de la révolution islamique sur sa liste des organisations terroristes.


