Ahwaz a connu des jours de soulèvement et de bain de sang alors que les forces du régime réprimaient la population

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CSDHI – Du 31 décembre 2025 au 13 janvier 2026, la ville d’Ahwaz a été le théâtre d’affrontements de rue prolongés, d’un soulèvement massif et d’une répression croissante, alors que les habitants défiaient ouvertement l’autorité du régime iranien.

Le bâtiment du gouvernorat incendié

Le 31 décembre 2025, les habitants d’Ahwaz ont organisé une vaste manifestation qui a rapidement dégénéré en confrontation ouverte avec les forces de sécurité du régime. Les manifestants ont bloqué plusieurs rues en allumant des feux et, à la suite d’affrontements avec les agents du régime, ont incendié le bâtiment du gouvernorat d’Ahwaz. Cet acte a marqué une escalade décisive du soulèvement dans la ville et un défi direct à l’autorité administrative du régime.

Des rues bloquées dans un contexte d’affrontements continus

Le mardi 6 janvier, des affrontements mobiles et des rassemblements de jeunes défiants se sont poursuivis dans plusieurs quartiers d’Ahwaz. Les manifestants ont bloqué les principales artères en allumant des feux, perturbant la circulation et limitant les déplacements des forces du régime. Les affrontements ont duré toute la journée, à mesure que la résistance s’étendait à différents districts.

Les commerçants du bazar rejoignent la contestation

Le mercredi 7 janvier, les commerçants du bazar et des habitants en colère ont organisé un soulèvement à l’intérieur du marché principal d’Ahwaz. Les manifestants ont scandé des slogans en soutien aux commerçants, appelant notamment les boutiquiers à fermer leurs échoppes. À la suite de ces slogans, de larges sections du bazar ont fermé, signalant une montée de la résistance économique et une participation sociale élargie au soulèvement.

Intensification des affrontements à l’échelle de la ville

Le jeudi 8 janvier, les agents du régime ont tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants rassemblés dans le secteur de Naderi. Les affrontements se sont poursuivis le vendredi 9 janvier, lorsque des jeunes insurgés ont affronté les forces du régime dans le quartier de Golestan. Les unités de sécurité ont tiré de manière continue sur les manifestants afin de les empêcher de s’approcher des installations de renseignement du régime.

Parallèlement, des forces fidèles à Khamenei ont attaqué des manifestations dans le secteur de Zeytoon-e Karmandi et dans le bazar central, procédant à l’arrestation de plusieurs manifestants.

« Le peuple veut la chute du régime »

Malgré une répression brutale, un soulèvement massif a eu lieu le samedi 10 janvier. De larges foules ont contraint la police et les unités de sécurité à battre en retraite jusqu’au carrefour de Boostan, dans le quartier de Kouy-e Saadi. Lors de leur repli, les forces du régime ont tiré directement sur les manifestants. Dans un apparent geste de panique, le régime a également déployé des drones pour surveiller et contrôler la situation.

Les manifestants ont continué à scander le slogan « Ash-sha‘b yurīd isqāṭ an-niẓām » (« Le peuple veut la chute du régime »). Des combats de rue ont éclaté dans les quartiers de Zoveyeh, Kouy-e Alavi, Golestan, Kianpars, Zeytoon-e Karmandi, ainsi que dans le bazar principal. Au cours de ces affrontements, trois banques ont été incendiées par des manifestants. Deux manifestants ont été tués lors des violences.

Manifestations nocturnes et répression accrue

Les dimanche et lundi 11 et 12 janvier, les manifestations et les affrontements avec les forces du régime se sont poursuivis. Les unités de sécurité ont tiré à balles réelles sur les manifestants et procédé à de nombreuses arrestations. Dans la nuit de lundi, de violents combats de rue ont eu lieu sur l’avenue Naderi, dans le secteur de 24-Metri et dans la zone du bazar Abdolhamid.

Le régime a déployé des barrières en béton pour bloquer les rues et empêcher l’avancée des manifestants, militarisant de fait de vastes zones de la ville.

Assauts meurtriers contre les manifestations nocturnes

Le mardi 13 janvier, des forces fidèles à Khamenei ont lancé des assauts violents contre des manifestations nocturnes dans le quartier de Golestan, le secteur de Saadi et le district de Goldasteh. Les manifestants et les jeunes insurgés ont résisté aux attaques. Les forces du régime ont utilisé des munitions réelles et des fusils tirant des plombs, commettant de graves violences.

En conséquence, plusieurs manifestants ont été tués et de nombreux autres blessés, soulignant la dépendance du régime à la force létale pour réprimer le soulèvement grandissant à Ahwaz.