CSDHI – Le porte-parole parlementaire de l’éducation révèle que jusqu’à 45 % des manifestants dans certaines provinces avaient moins de 20 ans, exposant la crainte croissante du régime face à une génération défiant l’autorité.
De récentes déclarations de hauts responsables du régime iranien ont une nouvelle fois mis en lumière le rôle significatif des étudiants dans les manifestations nationales. Ehsan Azimi Rad, porte-parole de la Commission de l’éducation du parlement du régime, a ouvertement reconnu la participation à grande échelle d’adolescents aux récents soulèvements — un aveu qui souligne l’anxiété profonde du régime face à une génération refusant de rester silencieuse.
Selon des propos publiés le 18 février 2026 par le média affilié à l’État Entekhab, Azimi Rad a déclaré :
« Environ 17 % des participants aux récentes manifestations étaient des adolescents, dont la majorité étaient des élèves. »
Il a également admis :
« Dans certaines provinces, jusqu’à 45 % des manifestants avaient moins de 20 ans. »
Ces chiffres indiquent que les étudiants rebelles sont devenus l’un des piliers centraux des manifestations. Le responsable a même reconnu que « dans certaines écoles, une classe entière avait participé aux manifestations », qualifiant la situation d’« indésirable ».
Contradictions avec le récit du régime
Ces aveux contrastent avec les déclarations précédentes du Guide suprême du régime, qui avait attribué les manifestations à une ingérence étrangère. Les propres responsables du régime présentent désormais une image différente — reflétant un mécontentement profondément enraciné à l’intérieur du pays.
La présence visible et organisée d’étudiants rebelles démontre que le mécontentement dépasse largement les élites politiques et s’étend au cœur même de la société.
Affirmations de libération, mais discours sur des « crimes »
Azimi Rad a également commenté la situation des étudiants détenus, affirmant :
« Tous les étudiants détenus ont été libérés. À l’heure actuelle, aucun étudiant ne reste en détention. »
Cependant, dans le même temps, il a souligné la nécessité de demander des comptes à ceux qui auraient commis des « crimes ». Cette position contradictoire soulève de sérieuses questions. Si tous les étudiants ont effectivement été libérés, pourquoi réintroduire le langage de la criminalité ?
Des rapports antérieurs avaient fait état d’arrestations massives d’adolescents, de nombreuses familles évoquant des pressions sécuritaires et des intimidations. Alors que les responsables du régime tentent désormais de projeter une image de contrôle, leur focalisation répétée sur les étudiants rebelles suggère une profonde inquiétude aux plus hauts niveaux du pouvoir.
Les écoles perçues comme un enjeu sécuritaire
Azimi Rad a ensuite appelé à renforcer les programmes idéologiques et éducatifs conformément au « Document de transformation fondamentale » du régime. Il a insisté sur le fait que le ministère de l’Éducation devait mettre en œuvre des programmes visant à prévenir la récurrence de la participation des étudiants aux manifestations.
« L’interaction entre les étudiants, les enseignants et les écoles doit être organisée de manière à ce que nous ne soyons plus témoins d’une telle participation », a-t-il déclaré.
Ces propos révèlent que les écoles sont de plus en plus perçues à travers un prisme sécuritaire par le régime. Le fait qu’un responsable souligne que « même une classe entière » ait pris part aux manifestations illustre l’ampleur du mécontentement.
Les étudiants rebelles ne sont plus un phénomène marginal. Ils sont devenus une composante de la réalité sociale du pays.
Expressions de « regret » du régime face à une répression meurtrière
Dans une autre partie de ses propos, le responsable du régime a exprimé des regrets face aux pertes humaines et a déclaré : « Une planification doit être effectuée afin que de tels incidents ne se reproduisent pas dans les écoles. » Il a ajouté que « si un étudiant est en détention, la question doit être suivie ».
Cependant, ces expressions de regret contrastent fortement avec des rapports indiquant qu’au moins 300 étudiants ont été tués par les forces répressives du régime lors de l’insurrection de janvier. L’écart entre l’inquiétude rhétorique et la réponse sécuritaire du régime met en évidence une contradiction profonde.
Il a également évoqué les « racines intellectuelles et mentales » du problème, les qualifiant de dangereuses. Il a reconnu les difficultés économiques rencontrées par les enseignants, établissant implicitement un lien entre les griefs socio-économiques et les troubles.
Une génération qui refuse le silence
Les aveux des responsables du régime iranien mettent en lumière une réalité essentielle : une génération élevée sous quatre décennies de répression et de restrictions est désormais entrée sur la scène politique.
La peur visible du régime face aux écoles et aux universités reflète une société en profond bouleversement. Quatre décennies de répression n’ont pas réussi à étouffer la dissidence publique. La présence marquée d’étudiants rebelles signale une fracture croissante et irréparable entre la société iranienne et la structure du pouvoir du régime — une fracture qui pointe de plus en plus non pas vers des réformes, mais vers un changement fondamental.


