Cependant, des informations reçues indiquent que nombre de ces enfants et adolescents sont détenus à la prison de Fashafouyeh (Téhéran), à la prison d’Amol, à la prison de Vakilabad (Mashhad), ainsi que dans des centres de détention secrets à Kerman et Mashhad – des lieux où, selon des témoignages, ils ont subi diverses formes de torture et de mauvais traitements physiques et psychologiques.
Les familles de certains de ces adolescents n’ont toujours pas pu obtenir d’avocat pour leurs enfants et sont profondément inquiètes de leur situation.
Détention dans des quartiers de droit commun et risque d’agression
Certaines informations provenant des prisons de Fashafouyeh et d’Amol indiquent que les adolescents détenus sont placés dans des quartiers réservés aux délits de droit commun. Selon des sources bien informées, dans certains quartiers, la surpopulation est telle qu’il est impossible d’assurer la protection de ces enfants.
Des détenus ont également évoqué les risques d’agressions et d’abus sexuels à l’encontre de ces enfants et adolescents ; un problème dont l’administration pénitentiaire aurait été informée, mais aucune mesure n’a été prise pour le prévenir.
D’après le témoignage d’un détenu non politique de la prison de Fashafouyeh, entre le 10 janvier et le 4 février, le nombre d’enfants dans le quartier a tellement augmenté que, malheureusement, certains détenus condamnés pour crimes violents ont abusé sexuellement de ces enfants, tandis que l’administration pénitentiaire n’a pratiquement rien fait pour les protéger.
Libération sous caution élevée et signature de documents inconnus
À la prison d’Amol, le nombre d’enfants détenus pendant les deux premières semaines aurait été si important que, selon des visiteurs, un jour début février, après l’ouverture des portes de la prison, environ 20 à 25 enfants âgés de 13 à 16 ans ont été remis à leurs familles, débraillés et en piteux état.
Selon les familles, tous ces enfants ont été contraints de signer des documents avant leur libération, dont ils ignoraient le contenu. Ce n’est qu’après avoir signé ces papiers qu’ils ont été libérés sous caution, moyennant des montants allant de plusieurs centaines de millions de tomans à un milliard de tomans, soit l’équivalent de plusieurs milliards à 10 milliards de rials (environ 62 500 dollars américains).
Manque d’informations sur l’état des détenus
Un avocat de la province de Kerman, exprimant son inquiétude quant à la situation des enfants et adolescents détenus, a déclaré : « Nous n’avons pratiquement aucune information, à moins qu’une famille ne se manifeste.»
D’après lui, certaines familles ont été invitées à signaler la disparition de leur enfant.
Le père d’un adolescent de 17 ans, récemment libéré, a contacté cet avocat pour s’informer sur la situation juridique de son fils. Il a indiqué que l’adolescent avait été battu à plusieurs reprises, qu’il avait deux côtes cassées et des doigts démis.
Selon lui, son fils est profondément traumatisé et a raconté : « Ils nous ont assis dans une pièce sans fenêtres et nous ont uriné dessus. Ils n’arrêtaient pas de se moquer de nous et de rire bruyamment. Je pense qu’ils nous ont gardés là pendant plusieurs jours. Puis ils ont apporté un tuyau d’arrosage et nous ont aspergés d’eau glacée à haute pression.»
L’avocat a souligné que les familles subissent des pressions et qu’il est primordial d’informer le public dans de telles circonstances.
Dans un autre cas, selon le père d’un enfant détenu à Amol, les autorités lui ont dit : « On vous a donné la chance d’élever votre enfant ; maintenant, nous allons en faire des personnes respectables.»
Témoignages sur les centres de détention non officiels à Mashhad
La question de la détention et des mauvais traitements infligés aux enfants a déjà attiré l’attention des organisations de défense des droits humains. Lors des manifestations nationales de 2022, Human Rights Watch a rapporté que les forces de sécurité iraniennes, en réprimant les manifestations, avaient tué, torturé et, dans certains cas, soumis des enfants à des agressions sexuelles et à des disparitions forcées.
Un proche de la famille d’un adolescent de 16 ans à Mashhad a déclaré qu’ils étaient sans nouvelles de lui depuis deux semaines. La famille avait d’abord été informée qu’il se trouvait dans un centre de détention pour mineurs, mais les démarches entreprises sont restées vaines.
Un ancien détenu pour délits financiers, récemment libéré de la prison de Vakilabad, a contacté la famille et a indiqué que l’adolescent avait été détenu quelque temps dans un centre de détention non officiel, puis transféré, avant sa libération, dans un commissariat de droit commun.
Selon cette source, des brûlures de cigarettes étaient clairement visibles au poignet et au bras de l’adolescent, qui avait des difficultés à marcher. Ce dernier n’a pas donné beaucoup de détails sur ce qui lui est arrivé, mais sa famille soupçonne qu’il ait également été victime d’abus sexuels.
D’après cet ancien détenu pour délits financiers, l’enfant se serait entendu dire : « Tu ne reverras plus jamais ta famille, et on se débarrassera de ton corps. »
Selon cet ancien prisonnier financier, l’enfant s’est entendu dire : « Tu ne reverras plus jamais ta famille, et nous nous débarrasserons de ton corps.»
Il a également été contraint de signer un document qui, d’après lui, était nécessaire pour mettre fin aux tortures.


