Répression en Iran : Témoignage depuis les profondeurs de l’insurrection iranienne de janvier 2026

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CSDHI – Le sang comme dépôt de confiance : un récit nu de la tyrannie et de la dignité au cœur de Téhéran

L’histoire de la répression en Iran s’est toujours perdue entre statistiques sèches et déclarations officielles ; cependant, la vérité de la tragédie ne se trouve pas dans les chiffres, mais dans le « sang confié sur le corps d’un jeune homme ». La lettre que vous avez sous les yeux est la voix directe d’une génération qui s’est tenue au milieu des gaz lacrymogènes et des balles réelles — non seulement pour la « liberté », mais pour défendre « l’essence de l’humanité ». Ce récit constitue un document sur la violation systématique du droit à la vie et la profanation de la dignité humaine, représentant un « crime contre l’humanité » dans sa forme la plus crue, bien au-delà d’une simple répression militaire.

Ce n’est pas seulement une lettre, mais un témoignage historique d’un jeune manifestant au cœur de Téhéran :

« Salutations depuis ces jours où respirer est déjà une forme de résistance. Je veux vous écrire sur cette période ; des nuits qui n’étaient plus ordinaires et des jours qui sentaient le sang et la mort. Je n’oublierai jamais la première nuit ; la nuit où deux de mes amis ont été touchés — l’un blessé, l’autre tué. Quand je suis rentré chez moi, tout mon corps était couvert de sang ; un sang provenant en partie de mes propres blessures, et bien plus de celui confié à moi par le corps de mes amis qui ne respiraient plus…

Depuis cette nuit, les rues n’étaient plus simplement des rues ; elles étaient la scène de la confrontation entre des citoyens désarmés et une tyrannie armée. Les jeunes se tenaient les mains vides, la voix tremblante de rage et d’espoir. Ils se tenaient là, non pour détruire, mais pour respirer. Mais la réponse a été des balles, des matraques et une poursuite incessante. Les jeunes tombaient un à un, comme des branches dont le temps de fleurir n’était pas encore venu.

Dans ce chaos, quelque chose nous empêchait de nous rendre et de nous disperser : l’empathie et l’unité des gens. Au milieu de la fumée, des cris et des assauts, si vous voyiez quelqu’un dont les yeux brûlaient à cause du gaz poivré, une main apparaissait. Quelqu’un allumait une cigarette et soufflait doucement la fumée sur leur visage pour soulager la brûlure, ou brûlait des journaux. Pendant les courses dans les ruelles, les portes des maisons et des garages s’ouvraient aux manifestants fuyant pour qu’ils ne tombent pas entre les mains des sbires. Un geste simple, mais salvateur. Des inconnus s’appuyaient les uns sur les autres, et le courage se transmettait de main en main.

Mais la deuxième nuit… la deuxième nuit était différente. C’était comme s’ils étaient devenus audacieux. Comme s’ils avaient décidé de mener l’humanité à l’abattoir en plein milieu des rues. Violence nue et manifeste, sans besoin de justification. Les rues ont été témoins de la décapitation de l’essence même de l’humanité ; non seulement des vies, mais aussi de la dignité, de la sécurité et du droit de respirer. Le bruit des coups de feu résonnait sans cesse, et les cris s’éteignaient peu à peu. Cette nuit-là, la Mort marchait avec tranquillité.

Les jours n’étaient pas meilleurs que les nuits. Sur les places et aux carrefours, chaque fois que les forces de répression apparaissaient, leur langue portait le premier coup — insultes et menaces — bien avant que le moindre coup physique ne tombe. Profanations ignobles, profanation manifeste, s’adressant aux gens avec les termes les plus vulgaires ; hommes et femmes, jeunes et vieux, sans aucune limite. Comme si l’humiliation faisait partie de la mission. Leurs mots infligeaient des blessures ; invisibles mais plus profondes que les matraques. Ils piétinaient la dignité humaine pour briser l’esprit avant de briser le corps.

Les jeunes tombaient un à un ; des jeunes dont les rêves n’avaient même pas eu la chance de s’exprimer. La lutte pour la liberté devenait un crime, et se lever avait un coût aussi élevé que la vie. Dans tout cela, l’atrocité et la brutalité des mercenaires et des forces répressives se révélaient plus nues que jamais. C’était comme si la frontière entre le devoir et le crime avait été effacée. J’étais moi-même blessé, mais rester chez moi m’était impossible. Avec ce corps blessé, je suis retourné. Pas par héroïsme, mais parce que lorsque l’on voit tant de jeunes se battre pour la ‘vie’, se replier ressemble à un reniement de soi !

Ici, la tyrannie ne se contente pas de tirer ; elle humilie, elle insulte, elle cherche à écraser l’être humain avant de lui ôter la vie. Les rues sont pleines de jeunes mains vides auxquels on répond par des balles. Ils nous frappaient, nous tuaient, nous terrorisaient, mais nous n’avons pas cédé. Le courage circule parmi les gens, et même la mort n’a pas pu l’arrêter. Cette voix s’élève du cœur de la répression ; la voix d’une génération qui a appris que la liberté n’est jamais donnée, elle doit être reprise, non à mains nues, mais cette fois avec le feu de la résistance armée, prête à riposter. Espérant le jour où ces écrits ne seront plus que des souvenirs. »

Le sang comme dépôt — une responsabilité universelle

Le récit de ce jeune Téhéranais n’est pas seulement un souvenir personnel ; il constitue un « Document de violation du droit à la vie » et de la dignité humaine. Le sang qu’il portait en dépôt sur son corps est aujourd’hui un dépôt entre les mains de la conscience éveillée du monde et des institutions internationales. Le silence ou l’inaction face à l’ampleur de cette atrocité n’est pas seulement une trahison du peuple iranien, mais une atteinte à la crédibilité de toutes les valeurs sur lesquelles l’Organisation des Nations Unies a été fondée.

Ces vies poussées au bord du gouffre n’exigent aujourd’hui rien d’autre que « Justice et Responsabilité ». Le monde doit savoir que sauvegarder la dignité humaine dans les rues de Téhéran et d’autres villes d’Iran constitue l’épreuve ultime de l’efficacité du droit international au XXIᵉ siècle. Chaque retard dans une réponse exécutive est une invitation à la tyrannie à piétiner davantage l’humanité.

La lettre de ce manifestant n’est pas seulement une image de courage ; elle contient des fondements légaux indiquant que le régime a violé systématiquement non seulement les « droits humains », mais aussi les « fondements moraux du droit international ». Pour transformer ce « récit humain » en « action exécutive », les axes suivants doivent être urgemment traduits en mesures décisives par les instances mondiales :

Répression en Iran : Devoirs des organisations internationales et axes légaux

Sauvegarder le « Droit à la dignité » et confronter la torture verbale : La lettre révèle explicitement les profanations vulgaires et la profanation universelle (hommes, femmes, vieux et jeunes). Ce comportement organisé est une manifestation claire de « traitement dégradant et inhumain », interdit par les conventions internationales. Les institutions des droits humains doivent documenter et condamner cette « politique d’humiliation » comme outil pour briser la résistance civile d’une nation.

Enquêter sur les exécutions extrajudiciaires : Les tirs directs sur des jeunes désarmés lors des première et deuxième nuits de l’insurrection constituent une violation flagrante de l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU est tenu, sur la base de ces témoignages, de mandater le Comité d’investigation pour identifier les auteurs et commandants ayant ordonné les tirs directs à ces points précis de la capitale.

Saisir les tribunaux internationaux et la compétence universelle : Lorsqu’un système judiciaire national devient un bras de la répression au lieu de la justice, le devoir incombe à la communauté internationale. Les instances internationales doivent, en documentant ces atrocités nues (comme dans cette lettre), orienter les cas des hauts commandants vers la Cour pénale internationale (CPI). De plus, les États membres de l’ONU doivent utiliser le principe de « compétence universelle » pour émettre des mandats d’arrêt internationaux contre les responsables de ces crimes afin de briser leur « impunité ».

Responsabilité diplomatique pour « crimes contre l’humanité » : L’atrocité sans limite et le meurtre systématique des jeunes lors de la répression en Iran dépassent la simple violation des droits humains et constituent des « crimes contre l’humanité ». L’ONU doit, au lieu de normaliser les relations, restaurer la crédibilité de sa Charte en excluant les représentants d’un régime qui piétine la dignité humaine dans les rues.