CSDHI – Depuis les prisons centrale et Parsilun de Khorramabad, deux prisonniers politiques qualifient l’annonce d’un gouvernement provisoire de point de départ d’une « guerre du destin » décisive contre la monarchie et le pouvoir clérical.
Dans une déclaration conjointe publiée depuis les prisons centrale et Parsilun de Khorramabad, les prisonniers politiques Mehdi et Mohammad Khodakarami décrivent l’annonce récente d’un gouvernement provisoire comme un tournant historique.
Faisant référence à la déclaration du National Council of Resistance of Iran (NCRI) visant à établir un gouvernement temporaire pour le transfert de la souveraineté au peuple iranien et la création d’une république démocratique fondée sur le plan en dix points de Maryam Rajavi, ils écrivent :
« L’annonce du gouvernement provisoire pour le transfert de la souveraineté au peuple d’Iran et l’établissement d’une république démocratique… marque le début de la tempête du peuple iranien. C’est le début de la guerre du destin — une guerre vieille de cent ans contre les deux dictatures du Shah et du mollah. Nous appelons cela la guerre des guerres. »
« Une mer de sang entre le peuple et le régime »
Les deux prisonniers politiques relient directement leur message au récent soulèvement de Dey, estimant qu’il a révélé la profondeur de la confrontation entre la société et le pouvoir en place.
« Le soulèvement de Dey (janvier 2026) a montré qu’entre le peuple et la dictature moribonde au pouvoir coule une mer du sang des meilleurs fils et filles de notre nation », affirment-ils. « Des sangs en ébullition, déterminés à refermer le livre de cent années d’oppression par le mollah et le Shah. »
Ils présentent le soulèvement non comme une protestation isolée, mais comme la continuité d’une lutte historique s’étendant des systèmes monarchique au système clérical. S’adressant aux familles des victimes des manifestations, ils saluent « les mères et les familles qui ont transformé les cérémonies commémoratives en scènes de renouvellement de l’engagement à renverser le système ensanglanté du velayat-e faqih ».
« Derrière les barreaux de la prison », déclarent-ils, « avec un cœur rempli de foi et de certitude », que si « la tête du serpent a été frappée, ce n’est pas la fin — c’est le commencement ».
Une position politique sans compromis
Se présentant comme des prisonniers politiques à Khorramabad qui, au cours des trois dernières années, ont « défendu avec fierté notre position, notre honneur, notre peuple et notre organisation bien-aimée — l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI) — face aux tueurs au pouvoir », ils insistent sur le fait qu’ils n’ont cédé ni aux pressions ni aux menaces.
Leur revendication, écrivent les prisonniers politiques, est sans équivoque :
« Notre exigence, et celle de notre peuple en ces circonstances décisives et historiques, est claire : le renversement du fascisme religieux au pouvoir par l’Armée de libération et les courageuses Unités de Résistance, et l’établissement d’un gouvernement provisoire par le Conseil national de la Résistance pour le transfert de la souveraineté au peuple iranien. »
Les deux prisonniers politiques ajoutent : « Nous nous appuyons sur le grand rocher de l’Armée de libération, sur les héroïques Unités de Résistance et sur notre peuple. »
Le message fait également référence aux enseignements des dirigeants de l’opposition Massoud et Maryam Radjavi, affirmant qu’ils ont adopté le principe d’autonomie et de refus du recul « quelles que soient la dureté et la difficulté des temps ».
Mise en garde contre les « opportunistes »
Dans un appel appuyé aux habitants de Khorramabad et de l’ensemble de la province du Lorestan, les deux prisonniers politiques exhortent les citoyens à « hisser le drapeau des martyrs héroïques de Dey » et à rejeter ceux qu’ils décrivent comme des opportunistes qui, selon eux, « ont fait des crimes des mollahs un tremplin et se sont réfugiés derrière le fils du Shah pour éteindre les flammes du soulèvement ».
Ils présentent le moment actuel comme exigeant une clarté de positionnement, invoquant un slogan populaire :
« C’est maintenant le temps de la guerre, le temps de l’amitié avec le fusil. »
« Vive la République démocratique d’Iran »
La déclaration se conclut par la projection d’un changement inévitable :
« Sans aucun doute, le soleil de la liberté en Iran réchauffera de nouveau l’existence de chaque Iranien. »
Les deux prisonniers politiques terminent par les slogans :
« Vive la République démocratique d’Iran »
« Salut à Radjavi. »
Publiée en mars 2026 depuis les prisons centrale et Parsilun de Khorramabad, la déclaration présente la lutte non comme une résistance symbolique, mais comme ce que ses auteurs appellent une confrontation historique et finale — « la guerre des guerres » — destinée à mettre fin à un siècle de pouvoir autoritaire en Iran.



