Communiqué de presse – Mojtaba Khameneï, fuite en avant du régime iranien

Communiqué de presse – CSDHI

La désignation d’un nouveau guide suprême en Iran s’inscrit dans la continuité d’un pouvoir despotique qui viole systématiquement les droits de ses citoyens. Elle illustre avant tout l’impasse profonde dans laquelle se trouve aujourd’hui le régime iranien. Incapable de répondre aux crises politiques, sociales et économiques du pays, le pouvoir ne cherche désormais à se maintenir qu’en s’appuyant sur l’héritage d’un système théocratique et répressif.

Le nouveau guide suprême du régime, Mojtaba Khameneï, fils d’Ali Khameneï et longtemps acteur clé du cercle rapproché du pouvoir iranien, a exercé pendant des années une influence déterminante sur les structures de sécurité et de renseignement de la République islamique. Bien qu’il n’ait jamais occupé officiellement de fonctions gouvernementales, il a agi au sein du bureau du Guide suprême comme un intermédiaire central entre le pouvoir politique, les Gardiens de la révolution (IRGC) et la milice paramilitaire Bassidj, deux institutions au cœur de la répression interne en Iran.

Selon plusieurs analyses et sanctions internationales, il a participé à la coordination de réseaux sécuritaires parallèles et entretenu des liens étroits avec les structures de renseignement et les forces chargées de réprimer les mouvements de protestation. Ces forces sont régulièrement impliquées dans des arrestations arbitraires de dissidents, la surveillance systématique des opposants, la torture en détention et l’usage excessif de la force contre des manifestations pacifiques.

L’influence exercée dans l’ombre par Mojtaba Khameneï sur l’appareil sécuritaire a fait de lui l’une des figures centrales du système de pouvoir iranien. Sa désignation comme Guide suprême intervient dans un contexte marqué par de graves violations des droits humains en Iran, notamment l’usage systématique de la peine de mort, la répression violente des manifestations et la criminalisation de toute opposition politique.

Du point de vue des droits humains, cette évolution ne représente en rien une solution pour le peuple iranien. Elle risque au contraire de prolonger un système marqué depuis des décennies par la répression, les arrestations arbitraires, la torture et les exécutions.

Cette situation rappelle une réalité fondamentale : l’avenir de l’Iran ne peut être décidé par une simple succession interne au sommet d’un pouvoir autoritaire. Les aspirations profondes du peuple iranien vont clairement dans le sens de la liberté, du respect des droits humains et de l’établissement d’un système démocratique fondé sur la souveraineté populaire.

Depuis plus d’un siècle, les Iraniens ont démontré leur détermination à lutter contre toutes les formes de dictature, qu’elles soient imposées par un Shah ou par un régime théocratique. Les mobilisations populaires récentes montrent que la société iranienne demeure profondément attachée aux valeurs de liberté, de justice et de dignité.

Le CSDHI appelle la communauté internationale à agir face à la poursuite de la répression en Iran et à adopter des mesures concrètes :

  • retirer toute reconnaissance politique à ce pouvoir répressif, notamment par la fermeture des ambassades ;
  • imposer des sanctions ciblées contre les responsables du régime pour leur rôle dans les violations des droits humains ;
  • inscrire le ministère iranien du Renseignement sur les listes des organisations terroristes ;
  • exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers politiques ;
  • ouvrir une procédure internationale afin de traduire en justice les responsables du régime impliqués dans la répression.