CSDHI – Alors que l’Iran accélère ses décisions judiciaires, une vague d’exécutions met en lumière des inquiétudes croissantes quant aux personnes visées.
La justice expéditive en Iran gagne en intensité après que le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejei, a appelé à rendre plus rapidement des verdicts à l’encontre de ceux qualifiés « d’agents de l’ennemi ». Cette orientation traduit une volonté d’accélérer les décisions judiciaires, y compris les condamnations à mort, dans les affaires liées à la sécurité nationale.
Cependant, cette politique se déploie parallèlement à une augmentation notable des exécutions, soulevant des interrogations quant à savoir si les personnes visées sont réellement liées à des menaces extérieures — ou à une contestation interne. Des rapports indiquent que les affaires récentes concernent principalement des accusations liées à des manifestations ou à des activités politiques, plutôt qu’à des opérations étrangères.
La justice accélérée en Iran prend de l’ampleur
Gholamhossein Mohseni Ejei a exhorté les tribunaux à accélérer les décisions judiciaires, y compris les peines de mort et les confiscations de biens, à l’encontre des individus accusés de collaborer avec des forces « ennemies ». Il a présenté cette politique comme nécessaire pour répondre rapidement aux menaces sécuritaires et maintenir un effet dissuasif.
Les autorités ont à plusieurs reprises présenté ces accusés comme étant liés à des adversaires étrangers, notamment les États-Unis et Israël. Toutefois, des organisations de défense des droits humains affirment qu’un grand nombre des personnes poursuivies ont été arrêtées lors de manifestations récentes et inculpées sur la base d’accusations larges liées à la sécurité nationale.
Justice accélérée et exécutions récentes en Iran
Parallèlement, plusieurs rapports font état d’une forte hausse des exécutions entre la fin mars et le début avril. Des données issues d’organisations de suivi et de publications indiquent qu’au moins 10 personnes ont été exécutées entre le 30 mars et le 6 avril.
L’identité et les chefs d’accusation de plusieurs des personnes exécutées ont été rendus publics, notamment dans des affaires liées aux manifestations de 2025–2026. Par exemple, Amirhossein Hatami, âgé de 18 ans, a été exécuté début avril après avoir été arrêté lors de manifestations, illustrant la rapidité avec laquelle certaines affaires passent de l’arrestation à l’exécution.
D’autres cas documentés concernent des prisonniers politiques et des individus accusés d’infractions liées aux manifestations, avec des exécutions menées à un rythme soutenu sur plusieurs jours.
Ce schéma attire l’attention, car nombre des personnes exécutées semblent liées à des troubles internes plutôt qu’à des activités avérées en lien avec des acteurs étrangers. Selon des analystes, le chevauchement entre justice accélérée et affaires liées aux manifestations devient de plus en plus visible.


