CSDHI – Les membres de la campagne « Les mardis contre les exécutions » ont entamé une grève de la faim dans 56 prisons différentes à travers le pays à l’occasion de la 123ᵉ semaine de ce mouvement de protestation. Cette vaste grève de la faim a été organisée pour protester contre la nouvelle vague de répression, les pressions exercées sur les familles des prisonniers politiques et l’augmentation du nombre d’exécutions, notamment la récente pendaison de deux prisonniers politiques à la prison de Qezel Hesar.
Alertant sur le risque d’exécution imminente de plusieurs autres prisonniers politiques, les grévistes ont appelé le peuple iranien ainsi que les organisations internationales de défense des droits humains à entreprendre des actions efficaces afin de mettre fin à ces mises à mort extrajudiciaires.
Veuillez trouver ci-dessous le texte intégral de la déclaration de la campagne « Les mardis contre les exécutions » :
Poursuite de la campagne « Les mardis contre les exécutions » durant sa 123ᵉ semaine dans 56 prisons différentes
Comme chacun peut le constater, la situation économique de la société se détériore de jour en jour et le gouvernement, confronté à une impasse provoquée par des crises qu’il ne parvient pas à résoudre, cherche à empêcher l’explosion de la colère populaire ainsi que l’émergence de tout soulèvement ou révolte. Pour cela, il ne cesse de recourir à la répression et aux exécutions. Dans ses médias, il attribue à l’avance les soulèvements à venir à des puissances étrangères afin de justifier la répression et le meurtre du peuple. La stratégie du régime face à toute insurrection, y compris le soulèvement de janvier dernier, s’inscrit dans cette logique.
Malheureusement, la semaine dernière, deux frères kurdes appartenant à la communauté yarsane, Mojtaba Veisi et Meysam Veisi, ont perdu la vie à la suite d’une attaque des Pasdarans (Gardiens de la Révolution) contre leur cachette. Ils étaient recherchés par les forces répressives depuis le soulèvement de janvier et avaient été contraints de vivre dans la clandestinité.
Récemment, le tristement célèbre ministère du Renseignement a également convoqué et détenu de nombreuses familles de prisonniers politiques et d’opposants à la peine de mort. Par le biais de menaces, d’insultes et de promesses destinées à les faire taire, il cherche à réduire toute contestation au silence.
Hier encore, deux prisonniers politiques du soulèvement de janvier 2026, Ashkan Maleki et Mehrdad Mohammadi Nia, ont été pendus à la prison de Qezel Hesar, rejoignant ainsi la longue liste des condamnés à la potence et des combattants de la liberté ayant sacrifié leur vie pour celle-ci.

Cette semaine, la condamnation à mort de la prisonnière politique Zahra Tabari, détenue à la prison de Lakan à Rasht, a été confirmée une nouvelle fois.
Deux prisonniers politiques originaires de Bukan, Raouf Sheikh Maroufi et Mohammad Faraji, ont également été condamnés à mort.
Des condamnations à mort ont aussi été prononcées contre Benyamin Naghdi, l’un des détenus du soulèvement de janvier 2026, ainsi que contre deux frères prisonniers, Hasan Amiri et Hosein Amiri, par la 26ᵉ chambre du tribunal sous l’autorité du juge Iman Afshari.
Toutes ces personnes, ainsi que de nombreux autres prisonniers dont les noms n’ont pas été rendus publics, courent un risque sérieux d’exécution.
Nous, membres de la campagne « Les mardis contre les exécutions », appelons une nouvelle fois tous les prisonniers du pays, le peuple iranien conscient et digne, ainsi que toutes les consciences éveillées à travers le monde, à élever leur voix contre les exécutions brutales et extrajudiciaires du gouvernement dictatorial iranien, prononcées et appliquées sans respect du droit à un procès équitable.
Nous appelons également les organisations internationales de défense des droits humains à prendre des mesures concrètes afin d’empêcher de nouvelles exécutions de prisonniers.
Le mardi 2 juin 2026, à l’occasion de la 123ᵉ semaine, la campagne « Les mardis contre les exécutions » mène une grève de la faim dans les 56 prisons suivantes :
- Prison d’Evine (quartiers des femmes et des hommes)
- Prison de Qezel Hesar (unités 2, 3 et 4)
- Prison centrale de Karaj
- Prison de Fardis (Karaj)
- Grande prison de Téhéran
- Prison de Qarchak
- Prison de Khorin (Varamin)
- Prison de Choobindar (Qazvin)
- Prison d’Ahar
- Prison d’Arak
- Prison de Langeroud (Qom)
- Prison de Khorramabad
- Prison de Borujerd
- Prison de Yasuj
- Prison d’Asadabad (Ispahan)
- Prison de Dastgerd (Ispahan)
- Prison de Sheiban (Ahwaz)
- Prison de Sepidar (Ahwaz, quartiers des femmes et des hommes)
- Prison Nezam (Chiraz)
- Prison Adelabad (Chiraz, quartiers des femmes et des hommes)
- Prison de Firouzabad (province du Fars)
- Prison de Dehdasht
- Prison de Zahedan (quartiers des femmes et des hommes)
- Prison de Borazjan
- Prison de Ramhormoz
- Prison de Behbahan
- Prison de Bam
- Prison de Yazd (quartiers des femmes et des hommes)
- Prison de Kahnuj
- Prison de Tabas
- Prison centrale de Birjand
- Prison de Mashhad
- Prison de Gorgan
- Prison de Sabzevar
- Prison de Gonbad-e Kavus
- Prison de Qaemshahr
- Prison de Rasht (quartiers des femmes et des hommes)
- Prison de Rudsar
- Prison de Haviq (Talesh)
- Prison d’Azbaram (Lahijan)
- Prison de Dizel Abad (Kermanshah)
- Prison d’Ardabil
- Prison de Tabriz
- Prison d’Oroumieh
- Prison de Salmas
- Prison de Khoy
- Prison de Naqadeh
- Prison de Miandoab
- Prison de Mahabad
- Prison de Bukan
- Prison de Saqqez
- Prison de Baneh
- Prison de Marivan
- Prison de Sanandaj
- Prison de Kamyaran
- Prison d’Ilam



