AMNESTY INTERNATIONAL – Déclaration d’Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International, à la suite de la signature d’un mémorandum d’entente entre les États-Unis et l’Iran visant à mettre fin à plusieurs mois de guerre.
Agnes Callamard a déclaré :
« Les responsables américains et iraniens ont signé un accord pour mettre fin à une guerre qui a commencé par des attaques américano-israéliennes illégales, en violation de la Charte des Nations unies, et qui a entraîné des actes illégaux de la part des autorités iraniennes. Cette guerre a provoqué des mois de souffrances pour les civils et de violations du droit international humanitaire, y compris des crimes de guerre.
Cette annonce apportera un fragile espoir de soulagement à des millions de personnes dans la région qui vivent dans l’incertitude depuis quatre mois.
Cependant, pour garantir une paix durable, tout accord signé doit aller au-delà de la protection des intérêts stratégiques et militaires des États-Unis et de l’Iran. Il doit placer au centre :
- la protection des droits humains ;
- la responsabilité des auteurs de violations ;
- la justice et les réparations pour les victimes ;
- des garanties empêchant la répétition de tels crimes.
Un accord qui suspend temporairement les combats mais ignore les droits humains risque de devenir un simple écran derrière lequel l’impunité, l’occupation et la répression continuent. »
Situation au Liban
Amnesty International souligne que, même si l’accord prévoit l’arrêt des opérations militaires par les États-Unis, l’Iran et leurs alliés, ainsi que le respect de l’intégrité territoriale du Liban :
« Les autorités israéliennes refusent toujours de retirer leurs forces du sud du Liban, où les attaques se poursuivent et continuent de mettre les civils en danger. »
L’organisation estime qu’il est essentiel :
- que les civils libanais soient protégés ;
- que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles en toute sécurité ;
- que les victimes obtiennent justice et réparation pour les violations du droit international commises depuis 2023.
Elle appelle également à :
- mettre fin à la guerre à Gaza ;
- retirer les forces israéliennes des territoires palestiniens occupés.
Situation en Iran
Selon Amnesty International, la fin des bombardements ne garantit pas la sécurité des Iraniens.
L’organisation affirme que les autorités iraniennes ont intensifié leur répression pendant le conflit :
- arrestations arbitraires massives ;
- disparitions forcées ;
- torture et mauvais traitements ;
- procès accélérés et jugés profondément inéquitables ;
- exécutions à caractère politique.
D’après Amnesty International :
- au moins 44 personnes ont été exécutées depuis le début de la guerre ;
- plus de 6 000 personnes auraient été arrêtées arbitrairement.
L’organisation estime que les manifestants, opposants politiques et militants réclamant des changements démocratiques restent exposés à de graves risques.
Appel à une approche centrée sur la population
Amnesty International demande que l’accord entre Washington et Téhéran soit accompagné d’une démarche diplomatique centrée sur les populations.
Cette approche devrait inclure :
- des mesures concrètes pour empêcher de nouvelles violations des droits humains ;
- la prévention de nouvelles répressions meurtrières contre les manifestants ;
- un soutien à la société civile iranienne ;
- des réformes fondamentales, y compris constitutionnelles.
Conclusion
Agnes Callamard conclut :
« La voie vers un avenir meilleur pour les peuples de la région doit placer les civils et l’humanité au premier plan et proposer des solutions durables pour protéger les droits humains, mettre fin à l’impunité et s’attaquer aux causes profondes des crises. »
Amnesty International demande enfin que toutes les violations du droit international humanitaire, y compris les crimes de guerre présumés, fassent l’objet d’enquêtes indépendantes, que les responsables soient poursuivis et que les victimes obtiennent justice et réparation.



