CSDHI – La créativité humaine est toujours digne d’éloges, jusqu’au moment où elle est utilisée comme une arme pour concevoir de nouvelles méthodes de répression au sein d’un régime autoritaire — et dans ce cas précis, au sein de la dictature religieuse iranienne.
L’endiguement et l’élimination des libertés, en particulier de la liberté de pensée, à travers des structures technologiques, éducatives et biométriques avancées, ont permis au régime de profiter des vides de responsabilité sur la scène internationale, reproduisant ainsi des comportements despotiques en toute impunité.
L’arrière-plan de cette innovation inquiétante réside dans une communauté internationale qui, à maintes reprises, n’a pas réussi à tenir la République islamique pour responsable de milliers de violations des droits humains, laissant le régime pleinement conscient que ses actes n’entraînent aucune conséquence réelle.
« Regardez la caméra si vous voulez manger »
(La surveillance biométrique au service de l’oppression)
Le 22 juin 2026, l’agence de presse Rokna a publié un article concernant la Faculté des ressources naturelles de l’Université de Téhéran, sous le titre :
« Regardez la caméra pour que nous puissions vous donner à manger ?! »
Le résumé de l’article indique :
Les étudiants de la Faculté des ressources naturelles de l’Université de Téhéran dénoncent la nouvelle politique du restaurant universitaire comme une mesure coercitive imposant la reconnaissance faciale pour recevoir leurs repas.
Cette procédure, appliquée par une authentification biométrique stricte et une présence physique obligatoire à des horaires précis, prive effectivement de nombreux étudiants — en particulier ceux engagés dans des recherches de terrain ou des expériences en laboratoire hors du campus — des repas qu’ils ont pourtant déjà payés à l’avance.
Dans ce système, les étudiants ne peuvent récupérer leurs repas réservés qu’en se présentant personnellement pour un scan facial durant une période très limitée.
Si un étudiant est absent en raison d’un conflit avec ses travaux de laboratoire, ses activités de recherche, des prélèvements scientifiques, une maladie ou un chevauchement d’horaires universitaires, son repas est perdu sans aucun remboursement financier.
Analyse structurelle
À première vue, cela peut sembler être une simple question administrative concernant les horaires d’ouverture d’un restaurant universitaire.
Cependant, une question essentielle doit être posée :
Quel est l’objectif réel de l’imposition de la reconnaissance faciale pour accéder à la nourriture ?
La mise en œuvre de mécanismes biométriques dans les restaurants universitaires fait partie, selon l’auteur, des nouvelles méthodes de répression du régime, conçues pour assurer un contrôle physique, un suivi quotidien et une neutralisation préventive du potentiel de contestation étudiante.
La nouvelle méthode de répression de la libre pensée dans les écoles iraniennes
Selon un rapport de l’agence Rokna du 13 mai 2025, le ministre iranien de l’Éducation a déclaré :
« L’une des missions fondamentales du ministère de l’Éducation est de développer et promouvoir la culture du sacrifice et du martyre ; nous devons créer un lien entre les élèves et les martyrs. »
L’endoctrinement des enfants — y compris des élèves âgés d’à peine huit ans — à travers cette culture est présenté comme une suppression systématique de la libre pensée dès le plus jeune âge au sein du système éducatif iranien.
Le ministre illustre cette politique en évoquant le cas d’une élève de huit ans, Avin Amir-Kashani, tuée durant ce qu’il appelle la « troisième guerre imposée ».
Il explique :
« Ce sujet doit être intégré dans les manuels scolaires afin de montrer que cette élève possédait une compréhension innée du martyre. C’est extraordinaire. Elle a tenu un journal depuis le premier jour de la guerre jusqu’au quinzième jour, et elle a été tuée cette même nuit. Dans son journal, elle écrivait : « Je souhaite mourir en martyre comme notre Guide. » »
Chamran dans les manuels scolaires
Qui est Mostafa Chamran ?

C’est un homme politique, commandant militaire et figure importante de la Révolution islamique. Chamran fut l’un des fondateurs du mouvement de résistance au Liban et un commandant influent durant les premières années de la guerre Iran-Irak.
Bien qu’il ait été un étudiant brillant ayant poursuivi ses études supérieures aux États-Unis, après la révolution de 1979 et sur recommandation directe de Khomeiny visant à préserver les cadres révolutionnaires, il s’est rendu en Égypte afin d’y recevoir une formation militaire avancée.
Par la suite, à l’invitation de l’imam Moussa Sadr, il s’installa au Liban où il participa à la fondation du mouvement Amal.
Après la révolution iranienne, il occupa les fonctions de ministre de la Défense et de vice-Premier ministre chargé des Affaires révolutionnaires.
Avec le déclenchement de la guerre Iran-Irak, il créa le Quartier général de la Guerre irrégulière.
De nombreuses personnes le qualifient d’« architecte de la résistance ».
Le message institutionnel est clair : l’excellence académique n’a aucune valeur intrinsèque si l’individu ne devient pas un élément militant au service de la République islamique. Cette logique illustre, selon l’auteur, la manière dont les nouvelles méthodes de répression visent les jeunes esprits à travers les programmes scolaires.
L’enseignement à domicile interdit : pourquoi ?
Afin de poursuivre ces nouvelles méthodes de répression, la République islamique a interdit l’enseignement à domicile sur l’ensemble du territoire national.
Selon l’auteur, cette politique supprime systématiquement toute voie alternative susceptible de protéger les élèves contre la coercition idéologique exercée par l’État et de préserver leur liberté de pensée.
Mousa al-Reza Kaffash, secrétaire adjoint du Conseil suprême de l’Éducation, a confirmé cette restriction en déclarant que le ministère de l’Éducation ne délivre aucune autorisation ni licence pour les activités d’enseignement à domicile.
L’inaction de l’État face à la drogue dans les écoles : une autre méthode de répression
Considérer l’inaction délibérée de l’État face à la toxicomanie dans les écoles comme une nouvelle méthode de répression peut paraître inhabituel au premier abord.
Cependant, l’examen des statistiques officielles publiées par les autorités éducatives iraniennes met en lumière l’ampleur de la crise.
Le 14 mai 2026, l’agence Rokna rapportait :
« Les statistiques publiées par les responsables de l’éducation indiquent qu’environ 136 000 élèves à travers le pays sont actuellement exposés au risque de consommation de drogues, tandis qu’au moins 3 600 mineurs ont déjà expérimenté des stupéfiants. Ces chiffres témoignent d’une baisse inquiétante de l’âge de la première exposition aux drogues et reflètent une inquiétude croissante concernant la propagation de ce phénomène dans les établissements scolaires. »
Les spécialistes des questions sociales avertissent que l’infiltration de drogues synthétiques et psychotropes dans la vie des adolescents représente une menace directe pour la santé de la prochaine génération.
Sans intervention, les écoles pourraient bientôt faire face à une crise silencieuse mais catastrophique.
L’auteur s’interroge alors :
Le pouvoir cherche-t-il réellement à résoudre cette crise ou contribue-t-il à son aggravation ?
Selon lui, malgré les efforts considérables du régime pour former dans les écoles une jeunesse loyale au système, le désir de liberté et d’autonomie personnelle demeure vivant parmi les jeunes Iraniens.
Il affirme qu’une manière efficace de neutraliser ce potentiel contestataire consiste à favoriser indirectement l’addiction parmi cette jeunesse.
Toujours selon l’auteur, les principaux réseaux de trafic de stupéfiants en Iran seraient largement contrôlés par les Gardiens de la Révolution (IRGC).
Le plan Nishat, les groupes jihadistes et le risque de coercition idéologique dans l’éducation publique
Les informations officielles concernant le « Plan du martyr Ajamian » et la « Campagne de la carte Nishat » montrent que ces initiatives, bien qu’elles soient présentées comme des programmes de rénovation d’infrastructures, d’aide sociale et de soutien aux jeunes défavorisés, sont perçues par l’auteur comme des mécanismes destinés à renforcer la conformité idéologique dans l’enseignement public.
Selon un rapport de l’agence IRNA du 17 juin 2026, le ministre de l’Éducation a annoncé que 1 200 établissements scolaires avaient été rénovés par des groupes dits « jihadistes ».
Le plan Ajamian aurait déjà été mis en œuvre dans 76 000 écoles, avec un objectif final dépassant 100 000 établissements.
Dans ce même rapport, le ministre décrit l’école comme :
« le cœur dynamique d’un quartier »
et affirme que l’environnement scolaire doit représenter :
« l’identité du peuple et son attachement à la patrie ».
Il a également demandé que des cartes géographiques, le drapeau national ainsi que des images représentant les rassemblements soutenus par l’État soient peints sur les murs des écoles.
Selon l’auteur, il ne s’agit pas seulement d’une rénovation matérielle des bâtiments mais d’une tentative visant à transformer les écoles publiques en vecteurs du discours politique officiel.
D’après les normes internationales relatives aux droits humains, l’école devrait demeurer un espace neutre, sûr et pluraliste favorisant l’esprit critique, le développement personnel et la liberté de pensée des enfants.
Le plan Nishat : analyse juridique et droits de l’enfant
Les implications du plan Nishat deviennent encore plus préoccupantes lorsque les informations publiées par l’agence PANA concernant le « Quartier général de la Justice éducative » sont comparées aux données de l’agence IRNA.
Selon PANA, ce Quartier général a été créé explicitement pour :
- mettre en œuvre les directives du Guide suprême ;
- réaliser les objectifs du « Document fondamental de réforme de l’éducation ».
Le rapport indique également que 15 000 groupes jihadistes d’élèves opèrent sous la supervision directe des enseignants.
Un autre rapport de PANA mentionne la participation d’organismes tels que :
- l’Organisation de Construction du Basij ;
- la Fondation Mostazafan ;
- le Quartier général exécutif de l’Imam (Setad).
Selon l’auteur, ces informations démontrent que le plan Nishat et les programmes associés ne constituent pas de simples projets de bien-être social ou de rénovation scolaire, mais font partie intégrante d’un vaste réseau idéologique étatique.
Les normes internationales concernées
Selon les normes internationales relatives aux droits humains, notamment :
- les articles 13, 14 et 29 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CDE) ;
- l’article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC),
l’éducation doit favoriser :
- le développement libre de la personnalité de l’enfant ;
- le respect des droits humains ;
- la capacité de réflexion indépendante ;
- la liberté de conscience et de religion.
Le principe d’« acceptabilité de l’éducation » exige que les contenus éducatifs soient exempts de tout endoctrinement politique ou religieux forcé.
Selon cette analyse, trois aspects du plan Nishat entreraient directement en conflit avec ces principes.
Premier aspect : les programmes culturels et éducatifs
Les programmes culturels du plan Nishat, fondés sur le « Document fondamental de réforme de l’éducation », servent à transmettre des doctrines religieuses, morales et sociopolitiques spécifiques.
Selon l’auteur, ces activités dépassent largement le cadre du divertissement ou de l’éducation classique et constituent un moyen de diffuser l’idéologie officielle de l’État.
Cette structure serait incompatible avec :
- l’article 14 de la Convention relative aux droits de l’enfant (liberté de pensée, de conscience et de religion) ;
- l’article 13 du PIDESC relatif à l’acceptabilité de l’éducation.
Deuxième aspect : les groupes jihadistes dans les écoles
L’implication de groupes jihadistes dans la rénovation des écoles et les activités extrascolaires, associée aux références constantes aux « valeurs jihadistes » et aux « directives du Guide suprême », brouille la frontière entre service public et conditionnement idéologique.
Les sources officielles mentionnent la présence de 15 000 groupes jihadistes d’élèves opérant sous la supervision des enseignants.
Selon l’auteur, cela expose les mineurs à une socialisation politique organisée par l’État.
Les principales préoccupations concernent :
- l’absence de véritable liberté de choix ;
- la normalisation de structures idéologiques dans les établissements scolaires ;
- l’utilisation d’activités extrascolaires à des fins de conditionnement politique.
Cette situation porterait atteinte :
- à la liberté de pensée des enfants ;
- au droit des parents d’orienter l’éducation de leurs enfants ;
- au principe de neutralité scolaire.
Troisième aspect : l’influence des organismes paraétatiques
L’implication directe :
- du Quartier général de la Justice éducative ;
- de l’Organisation de Construction du Basij ;
- de la Fondation Mostazafan ;
- de Setad,
dans les programmes scolaires soulève également des préoccupations.
Les rapports officiels indiquent que leur participation au plan Ajamian et aux programmes liés au plan Nishat associe directement l’éducation publique à des institutions chargées de promouvoir l’idéologie officielle.
Selon l’auteur, cette présence :
- affaiblit l’indépendance du système éducatif ;
- compromet la neutralité politique des écoles ;
- facilite l’influence idéologique au sein des établissements.
Les données personnelles des élèves
L’inscription à grande échelle d’élèves issus de familles modestes dans le cadre de la distribution des cartes Nishat soulève également des questions concernant :
- la collecte de données personnelles ;
- leur stockage ;
- les organismes ayant accès à ces informations ;
- les mécanismes de contrôle indépendants.
Lorsque des programmes d’aide sociale destinés aux mineurs sont gérés conjointement avec des organismes sécuritaires ou paraétatiques, le risque d’exploitation de la vulnérabilité économique à des fins politiques devient particulièrement préoccupant.
Conclusion générale
Selon l’auteur, le plan Nishat et les programmes associés, notamment le plan du martyr Ajamian, ne peuvent être considérés comme de simples initiatives civiles ou humanitaires.
Les sources officielles démontreraient qu’ils fonctionnent à l’intérieur d’un réseau étroitement lié aux structures idéologiques du régime.
Même si ces programmes comprennent :
- la rénovation d’établissements scolaires ;
- l’aide aux élèves défavorisés ;
leur mode de mise en œuvre les placerait en contradiction avec les principes internationaux de neutralité de l’éducation.
L’auteur estime qu’ils :
- augmentent le risque d’endoctrinement politique forcé ;
- réduisent l’autonomie des écoles ;
- limitent la liberté de pensée des enfants ;
- restreignent le droit des parents à choisir l’éducation de leurs enfants ;
- sont incompatibles avec l’idée d’une école neutre.
Mécanismes juridiques et mesures proposées
L’auteur appelle la communauté internationale à adopter des mesures concrètes.
1. Encadrer l’utilisation des technologies biométriques
Les organisations de défense des droits humains devraient documenter l’utilisation obligatoire de la reconnaissance faciale dans les universités comme une atteinte au droit à la vie privée garanti par l’article 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Les entreprises développant des systèmes biométriques devraient être empêchées de fournir ces technologies aux organismes répressifs iraniens.
2. Saisir le Rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’éducation
L’interdiction de l’enseignement à domicile devrait être considérée comme une violation de l’article 13(3) du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Cette disposition reconnaît le droit des parents à assurer l’éducation morale et religieuse de leurs enfants conformément à leurs convictions.
3. Sanctionner les organismes impliqués
L’auteur demande que des institutions telles que :
- Setad ;
- la Fondation Mostazafan ;
- le Quartier général de la Justice éducative,
fassent l’objet de sanctions ciblées pour leur rôle présumé dans le financement et la mise en œuvre de programmes d’endoctrinement.
4. Ouvrir une enquête internationale sur la drogue dans les écoles
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) devraient, selon l’auteur, enquêter sur la diffusion de drogues synthétiques parmi les élèves iraniens.
Il estime que cette situation pourrait constituer une forme de dégradation volontaire de la santé publique touchant la jeunesse.
Conclusion finale
Le texte conclut que :
« Le droit à une éducation libre de tout endoctrinement forcé et le droit à la vie privée constituent des piliers non négociables de la dignité humaine. La transformation des salles de classe en casernes idéologiques et des universités en centres de contrôle biométrique exige des sanctions structurelles, des restrictions internationales et des mécanismes contraignants de responsabilité juridique. »

