Le cauchemar de la prison d’Evine en Iran : la grève de la faim d’un couple britannique et le scénario des prises d’otages orchestrées par les mollahs

prison-d-evine-en-Iran-csdhi

CSDHI – L’exploitation systématique des ressortissants étrangers et des binationaux comme « moyens de pression » constitue l’une des dimensions les plus sombres des violations des droits humains commises par la République islamique.

L’affaire de Craig Foreman et de son épouse, la Dre Lindsay Foreman, un couple de touristes britanniques arrêté alors qu’il effectuait un voyage à moto en Iran et condamné à une peine de prison sur la base d’accusations fabriquées de toutes pièces, alors même qu’il était accompagné d’un guide touristique, constitue un exemple emblématique des prises d’otages organisées par l’État en Iran.

La situation critique de ce couple, actuellement en grève de la faim prolongée à la prison d’Evine en Iran ne reflète pas seulement la torture systématique infligée aux ressortissants étrangers ; elle met également en lumière la réalité catastrophique des violations des droits humains subies par les détenus en Iran, dans un système où la prison est devenue un véritable cimetière pour le droit international et la dignité humaine.

La grève de la faim de Craig et Lindsay Foreman : un cri de détresse venu de « l’enfer sur Terre »

Selon les derniers rapports documentés en matière de droits humains, après le rejet injustifié de leur recours en appel en juin 2026, Craig et Lindsay Foreman ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs condamnations à caractère politique, l’interdiction de communiquer avec leurs familles ainsi que les graves privations auxquelles ils sont soumis dans le cadre de la procédure judiciaire.

Les pressions exercées contre le couple se sont considérablement intensifiées après qu’ils eurent évoqué le nombre alarmant d’exécutions en Iran lors d’une interview accordée à un média étranger.

Leur état est désormais entré dans une phase critique, qualifiée d’« urgence médicale ».

Perte de poids importante et risque de décès

Craig mène une grève de la faim depuis plus de 50 jours, tandis que Lindsay est en grève depuis plus de 40 jours.

Selon les informations disponibles :

  • Craig aurait perdu 16 kg ;
  • Lindsay aurait perdu 14 kg.

L’état physique critique de la Dre Lindsay Foreman

Lindsay, détenue dans le quartier des femmes de la prison d’Evine en Iran, est pratiquement incapable de marcher en raison :

  • d’une hypotension artérielle sévère ;
  • de tremblements ;
  • de vertiges importants ;
  • d’un état de faiblesse extrême provoqué par plus de quarante jours de grève de la faim.

Malgré cette situation, les autorités pénitentiaires refusent de lui fournir les soins médicaux les plus élémentaires.

Les infirmières ne sont pas autorisées à accéder au quartier où elle est détenue, et son état de santé n’est même pas officiellement enregistré.

Pour rejoindre l’infirmerie de la prison, Lindsay Foreman est contrainte d’emprunter un long trajet comprenant un couloir ainsi qu’environ 30 marches d’escalier.

Elle n’a bénéficié d’aucun examen médical depuis près de dix jours.

Sa famille décrit cet isolement comme le fait de vivre dans un « véritable enfer sur Terre ».

Le message poignant de Craig Foreman depuis la prison d’Evine en Iran

« Nous avons été inculpés sur la base de preuves falsifiées qui ont été fabriquées afin de justifier la peine la plus lourde possible. Nous ne sommes pas des espions et les accusations portées contre nous sont tout simplement fausses. Nous sommes aujourd’hui emprisonnés dans une zone de guerre ; nous sommes passés d’une situation déjà difficile à une situation où notre vie est directement menacée, et notre sécurité est constamment gravement en danger. »

Violations systématiques des droits des prisonniers en Iran : une crise généralisée au cœur des quartiers les plus sombres des prisons

La situation d’urgence que traverse ce couple ne constitue qu’un reflet des violations généralisées des droits de l’ensemble des détenus en Iran, qu’ils soient prisonniers politiques, d’opinion ou de droit commun.

Le système judiciaire ainsi que l’Organisation des prisons bafouent de manière structurelle les principes fondamentaux des droits humains.

Le refus de soins médicaux utilisé comme instrument de torture

Le refus délibéré d’autoriser les prisonniers malades à accéder aux hôpitaux ou à des soins spécialisés — comme l’illustre, selon le texte, la mort silencieuse de Jabbar Mostafa à la prison d’Evine en Iran — est devenu une pratique courante destinée à accroître encore davantage les souffrances des détenus.

La torture psychologique résultant de l’incertitude judiciaire et de conditions de détention épouvantables

Le placement des prisonniers dans un isolement absolu, la rupture durable de leurs contacts avec leurs familles ainsi que l’obligation de vivre sous une pression psychologique permanente — comme dans le cas du suicide attribué à la perspective de son exécution de Mostafa Nezami à la prison de Ghezel Hesar — constituent, selon le texte, des mécanismes délibérément conçus pour anéantir la dignité humaine.

L’absence totale de protocoles de sécurité en période de crise

La transformation des établissements pénitentiaires en zones à haut risque lors des crises géopolitiques ou des tensions militaires, sans la moindre mesure destinée à protéger la vie et la sécurité des détenus, expose ceux-ci à des dangers directs et irréparables.

Conclusion et propositions d’action sur les plans juridique et opérationnel (appel urgent à agir)

Mettre fin aux prises d’otages organisées par l’État iranien et enrayer la mécanique de la répression judiciaire exige des mesures immédiates et résolues de la part des institutions internationales.

La paix et les relations internationales ne doivent pas être obtenues au prix de l’oubli des regards pleins d’attente de prisonniers innocents.

Afin de sauver la vie de Craig et Lindsay Foreman et de mettre fin aux violations persistantes des droits des détenus, les mesures concrètes suivantes sont jugées indispensables :

Exposer au niveau international les dossiers fabriqués de toutes pièces et les neutraliser

Les instances internationales et les organisations de défense des droits humains doivent publier sans délai une documentation démontrant le caractère falsifié des accusations, afin de neutraliser la stratégie de chantage politique et de prise d’otages judiciaire mise en œuvre par Téhéran.

Envoyer immédiatement une mission d’enquête et des observateurs médicaux indépendants à la prison d’Evine en Iran

Compte tenu de l’état critique de Craig et Lindsay Foreman, la communauté internationale doit exercer des pressions sur le Comité international de la Croix-Rouge ainsi que sur l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) afin que des observateurs indépendants puissent accéder à la prison d’Evin, constater officiellement leur état de santé et garantir leur accès immédiat aux soins médicaux nécessaires.

Sanctionner les juges et les responsables impliqués dans les dossiers sécuritaires fabriqués

Les juges des tribunaux révolutionnaires ainsi que les responsables des centres de détention qui prononcent de lourdes peines sur la base de preuves fabriquées doivent faire l’objet de sanctions sévères pour violations des droits humains et être tenus personnellement responsables des atteintes à la dignité humaine.

Subordonner les relations diplomatiques internationales au respect du droit à la vie des prisonniers

Les organisations internationales et les gouvernements doivent conditionner tout dialogue, tout accord ou toute coopération avec Téhéran :

  • à la cessation de la torture médicale ;
  • à la libération immédiate et inconditionnelle des prisonniers innocents ;
  • ainsi qu’à l’abandon de la politique de prise d’otages.

Le droit à la vie et la dignité humaine ne connaissent pas de frontières.

Garder le silence face aux prises d’otages organisées par l’État iranien et ignorer les appels au secours de personnes innocentes détenues revient à se rendre complice de la perpétuation de l’oppression.

La machine de torture, d’exécutions et de prises d’otages de la République islamique doit être arrêtée.