La grève de la faim généralisée menée par les condamnés à mort de la prison de Ghezel Hesar près de Téhéran en est à son 12e jour ; ce mouvement de protestation, qui a débuté avec le transfert de plusieurs détenus en isolement cellulaire, s’est désormais transformé, avec la détérioration de la santé de certains grévistes, le passage à une grève de la faim « sèche » et les appels répétés à l’arrêt des exécutions, en l’une des manifestations collectives les plus inédites jamais observées dans les prisons iraniennes.
D’après des images, des vidéos et des messages provenant de l’intérieur de la prison, environ 1 500 détenus de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar — pour la plupart condamnés à mort pour des infractions liées au trafic de drogue — poursuivent leur grève de la faim. Selon certaines informations, plusieurs d’entre eux auraient besoin de soins médicaux en raison d’une faiblesse physique extrême, et plusieurs se sont cousu les lèvres pour entamer une grève de la faim « à sec » en signe de protestation contre l’absence de réponse à leurs revendications.
Comment la grève a commencé
La grève de la faim des détenus de l’unité 2 de la prison de Ghezel Hesar a débuté le lundi 13 juillet 2026, lorsque six condamnés à mort, accusés d’infractions liées au trafic de drogue, ont été transférés du quartier général vers l’isolement cellulaire. Considérant ce transfert comme le signe d’exécutions imminentes, les détenus ont refusé de s’alimenter en signe de protestation.
Les détenus en grève ont déclaré que leurs principaux objectifs étaient la suspension des exécutions, le retour des détenus transférés dans la section générale de la prison et la révision des peines prononcées, en particulier dans les affaires liées à la drogue.
Le transfert en isolement cellulaire : le déclencheur
Selon des sources bien informées, le transfert des condamnés à mort en isolement cellulaire constitue, dans la plupart des cas, la dernière étape avant l’exécution. Cela a suscité une inquiétude généralisée dans la population carcérale, ce qui les a poussés à entamer une grève de la faim afin d’empêcher ces exécutions.
Les détenus ont également indiqué que les promesses antérieures concernant la réforme de la législation relative à la peine capitale dans les affaires de stupéfiants n’avaient pas été tenues. Dans leurs messages, plusieurs détenus ont souligné que la pauvreté, le chômage et les difficultés économiques étaient les principaux facteurs qui les avaient conduits à être impliqués dans ces affaires.
Réponse des autorités pénitentiaires
Selon les informations reçues, au cours des premiers jours de grève, les responsables pénitentiaires ont mis en place des mesures visant à restreindre la communication entre les détenus et le monde extérieur. Ces mesures comprenaient le brouillage des signaux, des tentatives de confiscation des téléphones portables et des efforts pour empêcher la diffusion d’images et d’informations concernant la grève.
Malgré ces restrictions, les détenus ont réussi à transmettre des images, des vidéos et des messages depuis l’intérieur du quartier pénitentiaire. Ces documents visuels ont permis de rendre compte de l’évolution de la manifestation et de l’état physique des grévistes, offrant ainsi un suivi quotidien de la situation.
Début de la grève sèche
Leurs revendications n’ayant pas reçu de réponse, plusieurs détenus se sont cousu les lèvres au septième jour et ont entamé une grève de la faim sèche, à savoir sans boire.
Cette escalade s’est produite alors que des informations faisaient état d’une détérioration de l’état de santé de plusieurs grévistes. Plusieurs d’entre eux souffrent d’une grande léthargie due à une faiblesse physique et ont besoin de soins médicaux. Dans leurs messages, les détenus soulignent que leurs revendications fondamentales sont la reconnaissance du droit à la vie, l’arrêt des exécutions et l’annulation des condamnations à mort, affirmant qu’ils poursuivront leur mouvement de protestation jusqu’à ce que ces revendications soient satisfaites.
Rassemblements des familles devant la prison
Parallèlement à la grève, le dimanche 19 juillet 2026, plusieurs familles de détenus se sont rassemblées devant la prison de Ghezel Hessar pour exiger l’arrêt des exécutions.
Exprimant leur profonde inquiétude quant à l’état de santé des prisonniers, les familles ont appelé les autorités à répondre à leurs revendications et à empêcher de nouvelles exécutions. Ce rassemblement, qui a coïncidé avec la diffusion d’images montrant la grève de la faim sèche, a attiré davantage l’attention du public sur le sort des prisonniers.


