La Mission d’enquête internationale indépendante sur l’Iran a publié un communiqué mettant en garde contre le risque imminent d’exécution qui pèse sur dix prisonniers condamnés dans le cadre des manifestations d’Ispahan, et exhortant les autorités iraniennes à mettre immédiatement fin à toutes les exécutions liées à ces manifestations.
La Mission a également fermement condamné l’exécution de deux autres prévenus dans cette affaire, Erfan Esfandiari et Gol-Mohammad Mohammadi, qui a eu lieu le 19 juillet selon les médias officiels, dénonçant l’intensification du recours à la peine de mort à l’encontre des manifestants placés en détention.
Une mission d’enquête tire la sonnette d’alarme concernant les 10 prisonniers encore détenus
Selon le communiqué publié, les 12 prévenus dans cette affaire ont tous été arrêtés dans le cadre des manifestations du 8 janvier 2026 sur la place Ali-Khani à Ispahan — manifestations qui ont entraîné la mort de quatre membres des forces de sécurité.
La mission d’enquête a noté que, selon des informations fiables, les familles d’au moins deux des dix prisonniers encore détenus ont été convoquées pour une dernière visite, ce qui renforce considérablement les craintes d’exécutions imminentes.
Soulignant que de telles mesures pourraient annoncer une nouvelle vague d’exécutions liées aux manifestations, la Mission a appelé les autorités iraniennes à suspendre immédiatement le processus d’exécution.
Poursuite de la tendance à l’exécution des manifestants

La Mission a annoncé que les récentes exécutions s’inscrivaient dans une tendance qui s’est dessinée à la suite des manifestations nationales qui ont débuté le 28 décembre 2025.
Selon ce rapport, plusieurs condamnations à mort prononcées dans le cadre d’affaires liées aux manifestations ont été exécutées au cours des derniers mois. En mars 2026, trois jeunes hommes ont été exécutés à Qom après avoir été reconnus coupables dans une affaire d’assassinat de membres des forces de sécurité. Par ailleurs, fin avril 2026, quatre autres jeunes hommes ont été exécutés après avoir été reconnus coupables dans une affaire liée à une attaque présumée contre une base des Bassidj à Téhéran.
La Mission estime que ces condamnations témoignent, dans leur ensemble, d’un recours accru à la peine de mort dans les affaires liées aux manifestations et aux questions de sécurité.
Plus de 60 condamnations à mort
Le communiqué souligne que la Mission internationale d’enquête avait déjà mis en garde, dans son rapport de mars 2026, contre la recrudescence du recours à la peine de mort en période de troubles politiques et sociaux.
Selon des informations fiables citées par la Mission, plus de 60 condamnations à mort ont été prononcées en lien avec les manifestations depuis décembre de l’année dernière — parmi lesquelles figurent au moins trois femmes et deux adolescents. En outre, d’après les chiffres du pouvoir judiciaire, 23 hommes ont été exécutés en lien avec le soulèvement depuis mars, un chiffre qui, de l’avis de cette Mission, reflète une augmentation significative du recours à la peine capitale dans les affaires liées à la sécurité.
Accélération des procédures relatives à la peine de mort
Un autre point central de la déclaration de la Mission d’enquête internationale est l’expression d’une préoccupation face à l’accélération du rythme des procédures dans les affaires pouvant aboutir à la peine de mort.
Ces inquiétudes se sont accrues après qu’Ali Salehi, le procureur de Téhéran, ait annoncé le 15 juillet que, conformément aux instructions du chef du pouvoir judiciaire, toutes les affaires liées aux affrontements de juin 2025, celles engagées depuis le 28 février 2026, ainsi que celles relatives au soulèvement de décembre-janvier, avaient été closes et transmises aux tribunaux en vue du prononcé des peines.
Les membres de la Mission estiment que cette décision pourrait ouvrir la voie à l’exécution d’un plus grand nombre de condamnés à mort dans un avenir proche, ce qui suscite de vives inquiétudes quant au sort des accusés dans ces affaires.
Appel à la suspension immédiate des exécutions
À la fin de sa déclaration, la mission internationale d’enquête a une nouvelle fois appelé les autorités au pouvoir à suspendre immédiatement l’exécution de toutes les condamnations à mort, en particulier celles prononcées dans le cadre des manifestations.
La Mission a également souligné que l’Iran devait suspendre l’application de la peine de mort en vue de son abolition totale et s’abstenir de prononcer de nouvelles condamnations à mort. Selon cet organisme, le maintien de la tendance actuelle non seulement accentue les inquiétudes de la communauté internationale, mais comporte également le risque d’une augmentation du nombre d’exécutions liées aux soulèvements — une situation qui, du point de vue de la mission internationale d’enquête, nécessite une action immédiate et la suspension des condamnations à mort.


