À la suite de l’interdiction de la manifestation pacifique contre les exécutions en Iran, prévue le 20 juin 2026 à Paris, 30 associations et organisations de la société civile ont signé un appel commun dénonçant les atteintes potentielles aux libertés fondamentales.
Cet appel, publié sous forme de tribune dans le magazine Marianne, rappelle l’importance de défendre la liberté de manifestation, la liberté d’expression et les principes démocratiques de la République.
APPEL COMMUN
Pour la défense de la liberté de manifester et des valeurs démocratiques de la République
Le 20 juin 2026, une manifestation pacifique contre les exécutions en Iran, régulièrement déclarée et préparée pendant plusieurs semaines en concertation avec les autorités, a été interdite à Paris moins de quarante-huit heures avant sa tenue.
Une interdiction justifiée, in extremis, par des menaces d’attaque contre le cortège attribuées au régime iranien et au mouvement monarchiste pro-Pahlavi.
Cette décision a profondément préoccupé de nombreuses associations engagées dans la défense des droits humains, des libertés publiques et de l’État de droit. Notre démarche n’est pas de contester les décisions rendues par les juridictions administratives,
qui ont estimé que les informations dont disposaient les autorités justifiaient cette interdiction dans les circonstances particulières en l’espèce. En revanche, nous estimons qu’une telle décision soulève des questions fondamentales qui concernent l’ensemble de la société civile.
La liberté de réunion et la liberté d’expression constituent des piliers de notre démocratie. Leur restriction doit demeurer strictement exceptionnelle et ne peut devenir une réponse ordinaire aux menaces de groupes susceptibles de troubler l’ordre public.
Le rassemblement du 20 juin visait à réunir quelque 100 000 personnes venues de toute l’Europe pour dénoncer la recrudescence des exécutions en Iran et exprimer leur solidarité avec les prisonniers politiques et leurs familles. Défendre le droit de manifester contre la peine de mort et les violations des droits humains est pleinement conforme aux valeurs que la France porte depuis des décennies sur la scène internationale.
Cette affaire dépasse donc le seul cadre d’un rassemblement interdit. Elle pose une question essentielle : comment garantir simultanément la sécurité des personnes et l’exercice effectif des libertés fondamentales ?
Dans une démocratie, la menace de violences ne devrait jamais devenir un droit de veto contre une manifestation pacifique. Si cette pratique devait s’installer, n’importe lequel de nos rassemblements pourrait, demain, connaître le même sort, au nom d’un « contexte tendu » non autrement circonstancié, et sans réel contrôle juridictionnel préalable.
Nous appelons les associations et organisations qui partagent cette préoccupation à se joindre à cet appel pour :
– exprimer leur solidarité avec les organisateurs du rassemblement du 20 juin, qui ont travaillé sans relâche pendant des mois pour une cause juste visant à mettre fin aux exécutions politiques en Iran ;
– demander au ministère de l’Intérieur et à la préfecture de police de rendre publics, de façon complète et vérifiable, les éléments et le calendrier ayant fondé cette décision ;
– demander que les recours en référé, liberté contre les interdictions de manifester de dernière minute puissent, par principe, être examinés à l’audience devant le Conseil d’État, plutôt que rejetés sans instruction ni débat ;
– réaffirmer collectivement notre attachement à la liberté de manifestation, d’expression et d’association comme piliers de la vie démocratique. Cela passe par des dispositifs de protection mis en place par les autorités pour assurer le bon déroulement de l’évènement, à la mesure des menaces présumées d’agression pouvant viser les participants.
Signataires :
1. CSDHI – Comité de soutien aux droits de l’Homme en Iran
2. MRAP – Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples
3. UNEF – Union nationale des étudiants de France
4. FAGE – Fédération des Associations Générales Etudiantes
5. NDH – Nouveaux Droits de l’Homme
6. CERD – Centre d’Étude des Relations de Domination
7. VLF – Vivent Les Femmes
8. FPE – Front Populaire Étudiant Paris 1
9. AFIF – Association des Femmes Iraniennes en France
10. UR – Union Rationaliste
11. RCM – Registre des Citoyens du Monde
12. BAAM – Bureau d’Accueil et d’Accompagnement des Migrant·e·s
13. MCM ARSO – Maison de la Citoyenneté Mondiale
14. Mouvement Montmartre
15. Trilogie Halexander
16. IDF Mémoires et Partages
17. HELPEN
18. Chiennes de Garde
19. Exartizo France
20. LDVR – La Ligue de Défense des Valeurs Républicaines
21. Arc Essentiel
22. Amis De Dhorpatan – Friends of Dhorpatan
23. Happy End
24. Alertes.Me
25. Familles Je Vous Aime
26. La Compagnie Eclectic
27. ERA FOR KIDS
28. Réseau Féministe « Ruptures »
29. Katabatik
30. JPLL – Jeunesse pour la Liberté et la Laïcité


