Ahad Shokouhian, arrêté lors des manifestations nationales de janvier 2026, a été condamné à trois peines de mort par la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Iman Afshari. Il est désigné comme le troisième accusé dans cette affaire impliquant plusieurs prévenus.
Selon la presse officielle, Shokouhian, âgé de 38 ans, a été arrêté le 15 janvier 2026 à Pakdasht, près de Téhéran. Les chefs d’accusation retenus contre lui sont notamment « participation à deux meurtres volontaires », « actes portant atteinte à la sécurité nationale », « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale » et « destruction de biens publics ».
Prononcé de trois condamnations à exécution
La 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné Ahad Shokohian à la peine capitale à trois reprises pour son implication présumée dans deux meurtres, des atteintes à la sécurité nationale, des actes de collusion et des destructions de biens.
L’affaire Shokouhian s’inscrit dans le contexte plus large de la vague d’arrestations qui a suivi les manifestations de janvier 2026, au cours desquelles de nombreuses personnes ont été arrêtées dans diverses villes et inculpées d’infractions liées à la sécurité.
Transfert à la prison de Ghezel-Hessar
Selon certaines informations, M. Shokouhian aurait été transféré à la prison de Ghezel-Hessar, à Karadj, à la mi-juin 2026, où il est toujours détenu.
La prison de Ghezel-Hessar est un établissement de premier plan qui accueille des détenus représentant un risque pour la sécurité et des condamnés à mort. Au cours des derniers mois, cet établissement a souvent été mentionné dans des rapports sur les exécutions, les grèves de la faim et les conditions de détention des détenus.
Rapport du médecin légiste et ambiguïtés juridiques
Un élément déterminant dans l’affaire d’Ahad Shokouhian est le rapport médico-légal officiel décrivant son état de santé. Les médecins ont officiellement confirmé qu’il souffrait d’asthme sévère, ce qui limite considérablement sa capacité à pratiquer des activités physiques intenses.
Étant donné que Shokohian figure comme troisième prévenu et qu’il fait l’objet d’accusations liées à sa participation physique aux faits, les conclusions médicales ont une incidence directe sur l’évaluation de ses capacités physiques et de son rôle. Toutefois, les arguments juridiques complets expliquant comment le tribunal a pris en compte ces éléments de preuve médicaux n’ont pas été rendus publics.
Shokouhian a également diffusé un clip vidéo expliquant qu’il a été arrêté et condamné à la place d’un autre qui portait les mêmes vêtements que lui.
Préoccupations sur le respect des garanties procédurales
Cette triple condamnation à mort a renforcé les inquiétudes des défenseurs des droits humains quant aux normes applicables aux procès dans les affaires liées aux manifestations. Les militants soulignent sans cesse que les affaires passibles de la peine capitale exigent le respect rigoureux des garanties d’un procès équitable, un accès sans restriction à un avocat de son choix, une évaluation exhaustive des preuves et la transparence judiciaire.
Considérations juridiques
Le système judiciaire iranien fait l’objet d’une surveillance constante de la part des juristes et des organisations de défense des droits humains, qui s’interrogent sur le respect des garanties procédurales, l’ambiguïté des procès liés à la sécurité nationale et le recours massif à la peine capitale. Dans le cas de Shokouhian, la sévérité de la peine souligne la nécessité de respecter scrupuleusement les garanties juridiques.
Bien que les documents médicaux officiels confirment les limitations physiques de Shokohian dues à un asthme sévère, on ignore encore dans quelle mesure le tribunal en a tenu compte pour déterminer sa responsabilité pénale. Les arguments écrits complets et l’analyse des éléments de preuve n’ont pas été rendus publics.


