Exécution d’Arvin Kheirkhahan, jeune manifestant de 20 ans, dans la prison de Shahroud

1 août 2026

Le Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI) rapporte que Arvin Kheirkhahan, prisonnier politique âgé de 20 ans, arrêté lors des manifestations nationales de 2025, a été exécuté à l’aube du samedi 1er août 2026 dans la prison de Shahroud.

Selon les informations reçues, la peine de mort d’Arvin Kheirkhahan a été appliquée vers 4 heures du matin dans la prison de Shahroud.

Arvin Kheirkhahan avait été condamné à mort par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Shahroud pour l’accusation de « moharebeh » (hostilité envers Dieu). Sa condamnation avait ensuite été confirmée en appel ainsi que par la Cour suprême iranienne, avant son exécution.

Cette exécution intervient alors que de nombreuses zones d’ombre persistent concernant la procédure judiciaire, les éléments de preuve présentés contre lui et le respect de ses droits fondamentaux à la défense.

De graves interrogations sur le déroulement judiciaire

Les informations disponibles concernant le dossier d’Arvin Kheirkhahan soulèvent de sérieuses préoccupations concernant le respect des garanties d’un procès équitable.

Plusieurs éléments essentiels restent inconnus, notamment :

  • les circonstances exactes de son arrestation ;
  • les conditions de son interrogatoire ;
  • les preuves utilisées pour justifier l’accusation de « moharebeh » ;
  • son accès à un avocat choisi librement ;
  • les détails des audiences et de sa défense.

L’absence de transparence autour de cette affaire empêche toute évaluation indépendante du respect des normes d’un procès équitable.

Restrictions imposées à la famille après l’exécution

Selon une source proche de la famille, les autorités pénitentiaires ont refusé de remettre immédiatement le corps d’Arvin Kheirkhahan après son exécution.

Les autorités auraient demandé à la famille de se présenter à 3 heures du matin le lendemain pour récupérer le corps, en imposant que l’inhumation ait lieu à 5 heures du matin.

Ces restrictions strictes concernant la restitution du corps et l’organisation des funérailles constituent une pression supplémentaire exercée sur les familles des prisonniers politiques exécutés en Iran.

Violation des garanties fondamentales des droits humains

L’exécution d’Arvin Kheirkhahan, un jeune homme de 20 ans arrêté dans le contexte des manifestations de 2025, intervient alors que plusieurs garanties fondamentales d’un procès équitable demeurent contestées.

Selon :

  • l’article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui protège le droit à la vie ;
  • l’article 10 de la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui garantit le droit à un procès équitable et public ;
  • les articles 6 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), qui protègent le droit à la vie et les garanties judiciaires fondamentales ;

la peine capitale ne peut être appliquée que dans le strict respect de toutes les garanties d’un procès équitable.

La restriction imposée à la famille concernant la restitution du corps et les rites funéraires porte également atteinte à la dignité humaine et aux droits des familles des victimes.

Appel à une enquête indépendante

Le Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran demande :

  • l’ouverture d’une enquête indépendante et transparente sur le dossier d’Arvin Kheirkhahan ;
  • l’examen des conditions de son arrestation, de son interrogatoire et de son procès ;
  • l’établissement des responsabilités des autorités judiciaires et pénitentiaires impliquées ;
  • la fin de l’utilisation de la peine de mort contre les manifestants et les prisonniers politiques en Iran.

L’exécution d’Arvin Kheirkhahan met une nouvelle fois en lumière les inquiétudes internationales concernant l’usage de la peine de mort en Iran, l’absence de transparence judiciaire et les violations persistantes des droits fondamentaux des prisonniers politiques et des manifestants.