Trois revers pour la politique d’exécutions de l’Iran annoncent l’essor d’un mouvement grandissant contre la peine de mort

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CSDHI – Les manifestations populaires, la résistance des prisonniers et l’élargissement de la solidarité au sein de la société remettent en cause le recours du régime aux exécutions comme instrument d’intimidation, l’obligeant à de rares concessions et renforçant la campagne nationale « Non aux exécutions ».

Trois évolutions qui ont mis en échec la stratégie du régime en matière d’exécutions

Alors que le régime iranien a intensifié les exécutions de prisonniers politiques et de manifestants sous couvert du conflit régional, trois développements majeurs survenus au cours des deux derniers jours ont mis en évidence une résistance croissante à sa politique d’exécutions d’État.

Pris dans leur ensemble, ces événements montrent que l’opposition populaire à la peine capitale s’organise de plus en plus et devient capable de remettre en cause l’un des principaux instruments de répression du régime.

Le premier s’est produit dans la ville septentrionale de Rasht, où des manifestants se sont rassemblés en soutien aux prisonniers en grève et ont scandé d’une seule voix :

« Jusqu’à l’abolition des condamnations à mort, nous tiendrons jusqu’au bout. »

À Ispahan, un autre acte de défiance s’est produit lorsque des habitants ont fait face à une exécution publique en cours sur la place Ali Khani. Selon plusieurs témoins, ils ont conspué les bourreaux en criant : « Honte à vous ! Honte à vous ! », tandis que les autorités tentaient de procéder à la pendaison en public.

Le troisième développement est intervenu à l’intérieur de la prison de Qezel Hesar, à Karaj, où des prisonniers menant une grève de la faim depuis deux semaines sont parvenus à contraindre les autorités à suspendre l’exécution imminente de six détenus. Ces prisonniers, qui avaient déjà été transférés à l’isolement en vue de leur exécution, auraient été reconduits dans les quartiers ordinaires après que les autorités ont finalement fait marche arrière.

La défiance populaire affaiblit la politique de la peur

Depuis des décennies, le régime s’appuie sur les exécutions — en particulier les exécutions publiques — comme moyen de semer la peur et de décourager toute contestation. Pourtant, au lieu d’intimider la société, les événements récents montrent que cette stratégie suscite désormais une résistance ouverte croissante.

La réaction de la population à Ispahan a démontré que les exécutions ne garantissent plus le silence. Au lieu d’assister aux pendaisons dans la crainte, des citoyens ont ouvertement défié ceux qui les mettaient en œuvre, révélant une volonté croissante de s’opposer aux méthodes d’intimidation du régime.

De même, l’élan de solidarité observé à Rasht illustre le rapprochement grandissant entre les dissidents emprisonnés et le reste de la société. Ce qui demeurait autrefois essentiellement confiné derrière les murs des prisons devient progressivement une cause publique portée par des communautés à travers tout le pays.

« Les mardis contre les exécutions » poursuivent leur expansion

Cette dynamique reflète également la progression constante de la campagne « Les mardis contre les exécutions », qui se poursuit sans interruption depuis près de trois ans malgré l’intensification de la répression.

Ce qui avait commencé comme une protestation menée au sein des prisons s’est transformé en un mouvement social de plus grande ampleur, bénéficiant du soutien des familles de prisonniers, des militants de la société civile et de secteurs toujours plus larges de la population iranienne.

Le message de cette campagne se diffuse désormais rapidement sur les réseaux sociaux, où le mot-dièse #NoToExecutions continue de gagner en visibilité. À mesure que la prise de conscience progresse, l’opposition aux exécutions est de plus en plus perçue non seulement comme une question de droits humains, mais aussi comme un rejet plus large de la répression d’État.

Un rare recul démontre l’impact de la résistance collective

Les événements survenus à la prison de Qezel Hesar revêtent une importance particulière, car ils démontrent qu’une action collective durable peut produire des résultats concrets.

La décision des autorités de ramener six prisonniers de l’isolement vers les quartiers ordinaires constitue un cas rare où une résistance organisée semble avoir permis de retarder des exécutions programmées.

Si de tels revirements demeurent exceptionnels, ils renforcent néanmoins la conviction des partisans de cette campagne qu’une pression coordonnée — tant à l’intérieur des prisons qu’au sein de la société — peut limiter la capacité du régime à recourir aux exécutions sans rencontrer d’opposition.

Ces événements mettent également en lumière une dynamique essentielle : lorsque la voix des prisonniers protestataires parvient jusqu’au public grâce aux manifestations, aux familles et au militantisme en ligne, l’exigence d’un arrêt des exécutions devient une cause nationale plutôt qu’une simple revendication carcérale isolée.

Les exécutions reflètent un régime sous pression

L’intensification actuelle des exécutions intervient alors que le régime iranien est confronté à un mécontentement intérieur croissant, parallèlement à une surveillance internationale de plus en plus étroite concernant son bilan en matière de droits humains.

Selon ses détracteurs, les autorités cherchent à compenser leur fragilité politique grandissante en renforçant la répression, utilisant les exécutions pour décourager de nouvelles manifestations tandis que les tensions régionales détournent l’attention de l’opinion publique.

Pourtant, les événements récents montrent que cette stratégie perd progressivement de son efficacité. Chaque manifestation, chaque acte de solidarité et chaque campagne victorieuse contre une exécution érodent un peu plus le climat de peur sur lequel le régime s’est longtemps appuyé.

Construire un front plus large contre les exécutions

Les partisans de la campagne contre la peine de mort estiment que sa force future réside dans l’élargissement de la coopération entre les familles de prisonniers, les étudiants, les travailleurs, les femmes, les jeunes et les autres composantes de la société.

Les récentes manifestations montrent que l’opposition aux exécutions évolue vers un mouvement plus vaste, centré sur la justice, les droits humains et l’obligation de rendre des comptes. À mesure que cette solidarité se renforce, cette campagne représente de plus en plus qu’un simple refus de la peine capitale : elle incarne des revendications plus larges en faveur d’un changement politique fondamental.

L’expérience des derniers jours a démontré qu’une résistance organisée et un soutien populaire durable peuvent contraindre même un système autoritaire à reculer. Pour de nombreux Iraniens, ces développements renforcent la conviction que mettre fin au cycle des exécutions suppose non seulement de défendre chaque prisonnier individuellement, mais aussi de remettre en cause le système politique qui continue de faire de la violence d’État un moyen de survie.