Le Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran (CSDHI) exprime sa profonde inquiétude face à la destruction de la prison de Gohardasht, à Karaj, l’un des principaux lieux de détention, de torture et d’exécution de prisonniers politiques en Iran dans les années 1980, notamment lors du massacre des prisonniers politiques de 1988.
Cette destruction intervient alors que de nombreux rapports ont fait état, par le passé, de la destruction et de la disparition de tombes de victimes des années 1980 et du massacre de 1988 à Behesht-e Zahra, Khavaran, Tabriz, Machhad, Ahvaz et dans d’autres villes iraniennes. L’ensemble de ces actions suscite de graves inquiétudes quant à une volonté de faire disparaître les traces, les documents et les éléments de preuve liés à ces crimes.
Selon des images diffusées par des médias officiels, notamment la chaîne de télévision Alborz et l’agence de presse Fars, le 22 septembre 2026, les travaux de démolition des murs de la prison de Gohardasht ont commencé en présence de Heydar Asiabi, directeur de l’Organisation des prisons. Dans ces images, il affirme que la démolition des murs entourant la prison a commencé sur ordre du chef du pouvoir judiciaire et qu’elle devrait être achevée en moins d’un mois afin de permettre la réalisation d’un projet de développement urbain sur ce site.
La prison de Gohardasht était, dans les années 1980, l’un des principaux lieux de détention et de torture de prisonniers politiques, notamment de membres et de sympathisants de l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran. Lors du massacre des prisonniers politiques en 1988, un grand nombre de détenus de cette prison ont été exécutés.
La destruction de ce lieu, parallèlement à la destruction de tombes de victimes, risque de compromettre gravement l’accès aux preuves matérielles et historiques relatives à ces crimes.
En août 2025, des informations ont également fait état de la destruction de la section 41 du cimetière de Behesht-e Zahra, où sont enterrées plusieurs victimes des années 1980. Auparavant, des inquiétudes avaient déjà été exprimées concernant la destruction de tombes de victimes du massacre de 1988 à Khavaran ainsi que dans d’autres cimetières et lieux d’inhumation de victimes.
Le professeur Javaid Rehman, ancien rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, avait également exprimé, dans son rapport de juillet 2024, de graves préoccupations concernant la destruction et la modification de fosses communes contenant les dépouilles de victimes des exécutions de 1988. Il avait souligné que de telles actions pouvaient entraver les efforts visant à établir la vérité et à garantir que les responsables rendent des comptes.
La nécessité de préserver les preuves et le droit des familles à connaître la vérité
Le Comité de soutien aux droits de l’homme en Iran souligne que les lieux d’exécution, les fosses communes et les autres sites liés à de graves violations des droits humains constituent des éléments de preuve essentiels et ne devraient pas être détruits ou modifiés sans qu’une enquête indépendante et une documentation rigoureuse aient été menées.
Les familles des victimes ont le droit de connaître le sort de leurs proches, le lieu où ils ont été inhumés et la vérité sur les événements qui se sont produits. La préservation de ces éléments est également essentielle à toute enquête indépendante et à d’éventuelles procédures judiciaires visant à établir les responsabilités.
Le CSDHI appelle les Nations unies, les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale à accorder une attention urgente à la destruction de la prison de Gohardasht ainsi qu’aux autres lieux liés aux exécutions et à l’inhumation des victimes des années 1980 et du massacre de 1988.
Il demande que ces lieux soient préservés, que les éléments de preuve soient documentés de manière indépendante et que des mesures soient prises pour empêcher la destruction des archives et des preuves liées à ces événements.
Préserver les preuves, garantir le droit des familles des victimes et celui de la société à connaître la vérité doivent être des priorités.


