Mokhtar Al-Bouchoukeh : fin d’une grève de la faim à la prison d’Arak, son état de santé reste préoccupant

Mokhtar Al-Bouchoukeh, prisonnier politique arabophone originaire d’Ahvaz et ancien membre de l’institut culturel et artistique Al-Hiwar, à Ramshir, a mis fin à sa grève de la faim le vendredi 23 octobre 2026, après près de trois semaines de protestation à la prison d’Arak. Cette décision fait suite à une nouvelle promesse des autorités d’examiner ses revendications, notamment son transfert vers la prison de Sheiban, à Ahvaz.

Cependant, son état de santé s’est fortement dégradé au cours de cette période. Il souffre notamment de problèmes rénaux et de troubles digestifs. Selon les informations disponibles, les soins qui lui ont été dispensés se seraient limités à un transfert à l’infirmerie de la prison, sans prise en charge spécialisée.

Quinze ans de détention et une condamnation réduite

Âgé d’environ 40 ans, Mokhtar Al-Bouchoukeh a été arrêté en 2010 ou 2011, avec Mohammad-Ali Amouri et Jaber Al-Bouchoukeh. Tous trois avaient initialement été condamnés à mort, notamment pour les accusations de moharebeh (« inimitié envers Dieu ») et d’efsad-e fel-arz (« corruption sur terre »). Leurs peines ont ensuite été commuées en réclusion à perpétuité.

En août 2026, leurs peines auraient été ramenées à 25 ans et un jour de prison. Avant son transfert à la prison d’Arak, Mokhtar Al-Bouchoukeh avait déjà purgé environ quinze ans de sa peine à la prison de Sheiban, à Ahvaz.

Un transfert contesté et des soins médicaux insuffisants

Entre janvier et février 2026, Mokhtar Al-Bouchoukeh a été transféré de la prison de Sheiban à celle d’Arak, sur décision des services de sécurité et du procureur d’Ahvaz. Selon les informations rapportées, ce transfert n’aurait pas respecté le principe de séparation des détenus selon la nature des infractions. Il a été placé dans un quartier accueillant notamment des prisonniers condamnés dans des affaires liées aux stupéfiants.

Le prisonnier a dénoncé cette mesure comme une décision illégale à caractère sécuritaire et punitif. Il a demandé à plusieurs reprises à être renvoyé à la prison de Sheiban, plus proche de sa ville d’origine et de ses proches.

Par ailleurs, il souffre d’une hernie nécessitant une intervention chirurgicale, mais n’aurait pas bénéficié des soins médicaux adaptés à son état.

Des promesses non tenues et une nouvelle grève de la faim

À la fin du mois de septembre 2026, Mokhtar Al-Bouchoukeh avait déjà entamé une grève de la faim pour protester contre son transfert à Arak. Il y avait mis fin au bout de six jours, après que les autorités eurent promis d’examiner sa demande de transfert. Cette promesse n’ayant pas été suivie d’effet, il a repris sa grève de la faim le 6 octobre 2026.

Durant cette nouvelle période de protestation, il aurait été placé à l’isolement dans des conditions insalubres, alors qu’il souffrait notamment de douleurs rénales. La dégradation de son état a suscité des inquiétudes parmi d’autres prisonniers politiques. Hamzeh Savari Lafteh, détenu à la prison de Qezel-Hesar, aurait notamment entamé une grève de la faim en solidarité avec lui.

Le 23 octobre, Mokhtar Al-Bouchoukeh a finalement interrompu sa grève après avoir reçu une nouvelle promesse des responsables pénitentiaires concernant l’examen de ses revendications. Toutefois, cette décision ne signifie pas que ses demandes ont été satisfaites ni que son état de santé s’est amélioré.

Un appel à garantir ses droits fondamentaux

La situation de Mokhtar Al-Bouchoukeh soulève de graves préoccupations concernant les conditions de détention des prisonniers politiques arabophones originaires d’Ahvaz, l’accès aux soins médicaux et le respect des engagements pris par les autorités pénitentiaires.

Le maintien en détention dans des conditions inadaptées, l’absence alléguée de soins spécialisés et les promesses répétées qui tardent à se concrétiser exposent sa santé à des risques supplémentaires.

Il est urgent que les autorités iraniennes garantissent à Mokhtar Al-Bouchoukeh l’accès aux soins médicaux dont il a besoin, prennent en compte sa demande de transfert vers la prison de Sheiban et respectent ses droits fondamentaux, conformément aux obligations internationales de l’Iran en matière de droits humains.