Un réfugié iranien qui a demandé asile aux Fidji est renvoyé en Papouasie-Nouvelle-Guinée

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PNPREUTERS – Par Colin Packham à SYDNEY – Les autorités de Fidji ont expulsé vendredi un réfugié iranien qui avait utilisé de faux documents pour fuir son domicile, en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), un pays situé dans l’océan pacifique rejetant la faute sur ses craintes en matière de sécurité et d’itinérance, selon deux sources. L’homme est l’un des quelques 1 200 réfugiés potentiellement éligibles à une réinstallation aux États-Unis, bien que le pacte ait montré des signes de tension cette semaine, après que le président Donald Trump l’ait qualifiée d’« accord stupide ».

Loghman Sawari, qui s’est rendu à Fidji la semaine dernière, avait opté pour vivre en toute liberté en PNG en contrepartie de l’occasion de quitter un centre de détention offshore australien où il avait été envoyé il y a quatre ans, après une tentative d’atteindre l’Australie par bateau.

En vertu de la politique de sécurité frontalière rigoureuse de l’Australie, les demandeurs d’asile interceptés lors de ces voyages sont soumis à un traitement dans les camps de l’île Manus de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Nauru dans le Pacifique Sud. Ils ne sont jamais éligibles pour une réinsersion en Australie.

Mais vendredi, Sawari a été arrêté à Fidji et remis dans un avion à destination de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, selon les sources – un ami de détention en Papouasie-Nouvelle-Guinée et un travailleur humanitaire qui a travaillé avec lui. Les deux ont refusé d’être identifiés car le sujet est sensible.

Sawari doit maintenant affronter un retour vers ce qu’il a décrit cette semaine comme la scène de sa « souffrance » sur l’île Manus de PNG, où il a passé une année en détention.

« Je ne peux pas retourner en Iran, je ne peux pas retourner en PNG, je veux rester aux Fidji », a déclaré M. Sawari à Reuters, mercredi.

Les autorités de Fidji, nation du pacifique sud n’ont pas pu être immédiatement contactées pour commenter l’affaire.

Les groupes humanitaires ont vivement recommandé aux autorités de Papouasie-Nouvelle Guinée de faire preuve de compassion envers Sawari, craignant pour sa santé mentale.
« Il s’agit d’un jeune homme qui est clairement en situation de risque concernant sa santé mentale, et on doit lui donner tous les soins pour s’assurer qu’il ne se fasse pas de mal », a déclaré à Reuters, Graham Thom, un coordinateur des réfugiés au sein du groupe des droits de l’homme, Amnesty International.

Environ 90 % des plus de 800 hommes détenus sur l’île de Manus montrent des signes d’une certaine forme de maladie psychologique, ont déclaré les Nations Unies.

(Reportage de Colin Packham, Édition de Clarence Fernandez)