Publié le : 4th décembre 2020
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Nasrin Sotoudeh

CSDHI – Nasrin Sotoudeh, avocate iranienne des droits humains, a déjà purgé trois ans de prison pour avoir défendu des dissidents, des militants, des journalistes et des minorités en Iran. Les autorités judiciaires du pays l’ont condamnée pour atteinte à la sécurité nationale.

Faible et atteinte de la COVID-19, elle doit continuer à purger ses 12 années de prison

Le retour de Nasrin Sotoudeh à la prison de Gharchak, annoncé le 2 décembre 2020 par son mari, est condamné dans les termes les plus forts. C’est ce qu’a déclaré le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CDHI) dans un communiqué du 2 décembre.

« Son retour en prison est une parodie de justice. Cela met sa vie en danger. De plus, cela reflète le mépris total des autorités iraniennes pour l’Etat de droit », a déclaré Hadi Ghaemi, directeur exécutif du CDHI.

Le mari de Sotoudeh, Reza Khandan, a indiqué qu’elle avait reçu une convocation. Selon celle-ci, elle doit retourner à la prison de Qarchak. Il a publié le message suivant de Mme Sotoudeh sur Facebook :

Chers amis et militants des droits humains,

Ils m’ont dit de retourner en prison. Et aujourd’hui je vais retourner en prison, où j’ai laissé derrière moi des centaines de compagnes de cellule, un lieu où j’ai laissé mon cœur. C’est toujours comme ça. Dans ces circonstances, je préfère ne pas parler de ce que cela a été pour moi de ne pas pouvoir serrer mes enfants dans mes bras pendant ces trois semaines à cause du coronavirus.

Mais j’ai le devoir de faire part de ma préoccupation quant à la situation d’Ahmadreza Djalali . J’appelle tous ceux qui peuvent apporter leur soutien à être attentif à son cas. Libérez Ahmadreza Djalali, aujourd’hui,

Nasrin Sotoudeh.

Emprisonnée pour avoir plaidé contre le hijab obligatoire

Les autorités du régime iranien ont emprisonné l’avocate Nasrin Sotoudeh, à plusieurs reprises, pour ses plaidoiries de défense des droits humain. Elle est en prison depuis son arrestation en juin 2018. les autorités l’accusent d’avoir « encouragé la prostitution » en plaidant contre le hijab obligatoire.

Le 11 août 2020, elle a entamé une grève de la faim. Elle protestait contre la situation des prisonniers politiques iraniens. Notamment, elle a dénoncé leur exclusion des programmes de libération de prisonniers pour endiguer la vague de la COVID-19 dans les prisons du pays. Les autorités l’ont conduite à l’hôpital le 19 septembre. Là, ils l’ont hospitalisée alors que son état de santé se détériorait. Le 23 septembre, les agents du régime l’ont renvoyée à la prison d’Evine. Pourtant, son état de santé s edétériorait.

Khandan a rapporté que pendant son hospitalisation, Sotoudeh était en contact avec des gardiens, testés positifs à la COVID-19. Le 20 octobre, les agents du régime l’ont transférée de la prison d’Evine au pénitencier de Qarchak malgré de graves problèmes cardiaques et pulmonaires persistants. Cette prison est connue pour sa dureté et sa dangerosité.

Les responsables iraniens l’ont temporairement libérée, le 7 novembre 2020. Peu après, on lui a confirmé qu’elle était positive à la COVID-19.

Mme Sotoudeh purge une peine de 38 ans. Pour être libérée, elle doit purger 12 ans. Tout ça pour avoir défendu les libertés civiles et politiques fondamentales en Iran.

Source : Le Centre pour les droits humains en Iran