Crimes contre l’humanité et responsabilité des auteurs : Le troisième jour du Sommet mondial de l’Iran libre 2024

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CSDHI – Le 1er juillet 2024, le troisième jour du Sommet mondial de l’Iran libre s’est réuni sous le thème  » Crimes contre l’humanité et responsabilité des auteurs.  » Ce rassemblement mondial a réuni des dirigeants, des législateurs, des juges, des experts juridiques et des militants des droits de l’homme du monde entier pour discuter de la situation désastreuse des droits de l’homme en Iran, en mettant l’accent sur les exécutions extrajudiciaires et les disparitions systématiques.

Le sommet, auquel participait Mme Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), ainsi que de nombreuses personnalités internationales et défenseurs des droits de l’homme, visait à faire la lumière sur le massacre des prisonniers politiques en Iran et sur la répression systématique qui persiste depuis des décennies.

Dans son discours, Mme Radjavi a rendu hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie dans la lutte pour les droits de l’homme en Iran. Elle a souligné la dure réalité à laquelle sont confrontés les dissidents sous le régime oppressif, endurant la torture, l’isolement et la menace constante d’exécution. Mme Radjavi a souligné que ces personnes courageuses ont renoncé à leurs propres droits pour aider le peuple iranien à garantir les siens.

Le bilan inquiétant de l’Iran en matière de droits de l’homme

Le sommet a mis en évidence la distinction douteuse de l’Iran, qui détient des records mondiaux contemporains dans diverses formes de répression. Selon les rapports, au moins 500 000 personnes ont été emprisonnées et torturées pour des raisons politiques, et plus de 100 000 prisonniers politiques ont été exécutés. L’Iran maintient également l’un des taux d’exécution les plus élevés au monde, les trois quarts des exécutions enregistrées dans le monde au cours de l’année précédente ayant eu lieu dans le pays.

L’absence de responsabilité internationale pour ces crimes a encouragé le régime iranien à poursuivre ses pratiques brutales. Le sommet a mis en lumière une série d’atrocités commises par le régime, notamment le massacre du peuple kurde, les exécutions de masse dans les années 1980, le massacre de prisonniers politiques en 1988 et les répressions brutales contre les manifestants en 2009, 2017-2018, 2019 et 2022.

Répression et contrôle systématiques

Les intervenants du sommet ont souligné que les violations des droits de l’homme en Iran ne sont pas des incidents isolés, mais font partie d’une répression systématique profondément ancrée dans toutes les facettes de la société. Ce contrôle omniprésent s’étend des établissements d’enseignement et des lieux de travail aux unités administratives, à l’internet et aux environnements urbains et ruraux.

Le régime utilise un vaste réseau d’organisations pour maintenir son emprise sur le pouvoir. Il s’agit notamment des forces paramilitaires Basij, des comités disciplinaires, des Herasat (bureaux de sécurité) et des représentants du Guide suprême dans les universités. Sur leur lieu de travail, les travailleurs sont constamment surveillés par de multiples instances, dont le ministère du renseignement, le corps des gardiens de la révolution (IRGC) et divers organismes gouvernementaux.

Le sommet a également mis en lumière l’oppression particulièrement grave à laquelle sont confrontés les minorités ethniques, les groupes religieux et les femmes. Douze ministères et 20 institutions politiques et de sécurité se consacrent à la répression des femmes et à l’application du hijab obligatoire, ce qui illustre l’obsession du régime à contrôler tous les aspects de la vie des citoyens.

Soutien international à la résistance iranienne

Plusieurs personnalités internationales ont exprimé leur soutien au peuple iranien et à sa résistance organisée. L’ancien député norvégien Lars Rise a parlé de son engagement de 25 ans dans le mouvement de résistance iranien, notant la force croissante de l’opposition et la vulnérabilité de plus en plus grande du régime. Il a souligné l’importance de reconnaître et de soutenir les unités de résistance en Iran, qui jouent un rôle crucial dans le déclenchement et le maintien des manifestations contre le régime.

L’ancien ministre français Alain Vivien a appelé à la reconnaissance internationale de la Résistance iranienne, établissant un parallèle avec la reconnaissance par la Grande-Bretagne de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a condamné la pratique du régime consistant à utiliser les otages comme monnaie d’échange dans les négociations internationales.

Marit Nybakk, ancienne vice-présidente du Parlement norvégien, a souligné que le régime continuait à réprimer le peuple iranien, en particulier les femmes. Elle a souligné le record mondial de l’Iran en matière d’exécutions publiques et de peines de mort, avec 257 exécutions déjà réalisées en 2024, après 1 864 en 2023. Nybakk a soutenu le CNRI sous la direction de Mme Radjavi comme l’alternative la plus viable au régime actuel, faisant l’éloge de leur plan en dix points pour un futur Iran démocratique.

Perspectives juridiques et action internationale

Le juriste français Gilles Paruelle a souligné l’importance de rétablir la justice pour instaurer la démocratie en Iran. Il a critiqué la pratique du régime consistant à utiliser des citoyens étrangers comme otages et à les échanger contre des agents iraniens impliqués dans des activités terroristes à l’étranger. M. Paruelle a demandé qu’il soit mis fin à cette politique et a souligné la nécessité d’un véritable système judiciaire pour répondre aux crimes du régime.

Joachim Rueker, ancien président du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, s’est déclaré satisfait de la réponse des Nations unies aux violations des droits de l’homme en Iran. Il a salué le travail du rapporteur spécial des Nations unies sur l’Iran, le professeur Javaid Rehman, qui a récemment conclu que le massacre de prisonniers politiques en 1988 constituait un crime contre l’humanité et potentiellement un génocide. M. Rueker a également salué l’extension du mandat de la mission internationale d’enquête sur l’Iran.

Mark Ellis, directeur exécutif de l’Association internationale du barreau, a souligné l’importance de se souvenir des victimes de la répression en Iran, y compris Mahsa Amini et d’autres personnes tuées par les forces de sécurité iraniennes. Il a affirmé que les actions du régime constituaient des crimes contre l’humanité et un génocide, en insistant sur le concept de compétence universelle pour traduire les auteurs en justice. Ellis a mis en avant des exemples récents d’application de la compétence universelle dans des affaires liées à la Syrie et a exprimé l’espoir d’une action similaire concernant l’Iran.

Conclusion

La troisième journée du Sommet mondial « Free Iran 2024 » a servi de plateforme puissante pour dénoncer les violations des droits de l’homme commises par le régime iranien et pour demander à la communauté internationale de rendre des comptes. L’événement a rassemblé un groupe diversifié de dirigeants mondiaux, d’experts juridiques et de défenseurs des droits de l’homme qui ont unanimement condamné la répression systématique en Iran et exprimé leur soutien à la lutte du peuple iranien pour la liberté et la démocratie.

À la fin du sommet, les participants ont réaffirmé leur engagement à soutenir la résistance iranienne et à œuvrer pour un Iran libre, démocratique et laïque. L’événement a mis en évidence le besoin urgent d’une action internationale concertée pour tenir le régime iranien responsable de ses crimes et pour soutenir le peuple iranien dans sa quête des droits de l’homme fondamentaux et de la dignité.

Le message du sommet était clair : la communauté internationale ne doit pas rester silencieuse face aux atrocités commises en Iran. Ce n’est que par une pression soutenue, un soutien à l’opposition démocratique et un engagement en faveur de la justice que l’on peut espérer un changement significatif en Iran et la fin du règne de terreur du régime qui dure depuis des décennies.

Source : INU