Rapport de la conférence sur les droits humains du 4 mars à la Faculté de droit de Rennes

Avec la Clinique du Droit de Rennes

La Clinique du Droit de Rennes a coorganisé un événement avec le CSDHI pour créer une occasion d’approfondir sa compréhension des enjeux actuels en Iran

L’événement a été ouvert par Azadeh Alemi, membre du Comité de soutien aux droits humains en Iran, accompagnée de Mme Simin Nouri, présidente de l’Association des femmes iraniennes en France, et de Mme Isabelle Blot, défenseure des droits des femmes.

Le débat principal a été lancé avec trois questions clés :

  1. Comment le régime iranien contrôle-t-il l’ensemble de la société en réprimant les femmes ?
  2. Pourquoi le problème central n’est-il ni l’islam ni le voile, mais le maintien du pouvoir sous couvert de lois moyenâgeuses ?
  3. Comment, malgré ces pressions, les femmes sont-elles devenues les leaders de la résistance en Iran ?

Dans la première partie, Mme Nouri a évoqué certaines lois institutionnalisées et profondément misogynes en Iran sous le régime des mollahs. Ensuite, Isabelle Blot a présenté un exposé détaillé sur l’évolution des droits des femmes en France jusqu’à aujourd’hui, en mettant en lumière les différences avec les lois de la République islamique.

En comparant la constitution iranienne à la constitution française, Madame Blot a également souligné que la constitution iranienne actuelle s’est inspirée du Code Civil de 1804 promulgué par Napoléon Bonaparte sous l’Empire français concernant les droits des femmes et dans lequel la femme était considérée comme une mineure dépendant d’un homme sur le plan juridique et dont l’article le plus connu était l’article 213 : « Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari. »

Une vidéo illustrant la situation catastrophique des droits humains des femmes en Iran a ensuite été projetée, suscitant une forte émotion parmi les participants.

Après la diffusion du film, Simin Nouri a abordé les conséquences des lois misogynes sur la société, notamment le mariage forcé des jeunes filles, qui les condamne souvent à des violences domestiques et, dans de nombreux cas, aux crimes d’honneur. Elle a souligné que ces lois anti-femmes perpétuent un cycle de violence sans fin et que la législation iranienne ne protège en aucun cas ces victimes. Elle a ensuite évoqué la situation des femmes ces dernières années, en particulier en 2025, ainsi que la campagne contre l’exécution des femmes en Iran et la conférence internationale des femmes à Paris.

Azadeh Alemi a ensuite pris la parole pour introduire la deuxième partie du débat : le véritable objectif du régime est sa propre survie.

Elle a déclaré : « Le régime iranien réprime, torture et exécute au nom de l’islam. Mais savez-vous que les premières victimes de ce régime sont souvent des croyants musulmans eux-mêmes ? » Elle a ensuite partagé son propre témoignage, expliquant qu’elle est née dans une famille résistante et croyante, et racontant le destin tragique de ses oncles, de sa tante et de sa mère. Elle a décrit les années passées en prison avec sa mère, enfermées en cellule d’isolement, et comment elle a été témoin des tortures nocturnes infligées à cette dernière.

Enfin, elles ont abordé le rôle des femmes en tant que figures de proue de la résistance en Iran. De nombreuses femmes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, ont choisi de se battre pour la liberté du peuple iranien, à l’image de la mère d’Azadeh Alemi. La conférence s’est poursuivie avec une présentation du Conseil national de la Résistance iranienne et de son plan en 12 points pour les droits des femmes dans l’Iran de demain.

À la fin, les participants ont posé des questions pertinentes, auxquelles des réponses ont été apportées.

En conclusion, Simin Nouri a appelé les étudiants, en tant que défenseurs du droit et des droits humains, à être la voix du peuple iranien face à un régime qui exécute quotidiennement des innocents.