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syndicalistes emprisonnés iranCSDHI - Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné sept militants syndicaux à 117 ans de prison et 74 coups de fouet à la suite des manifestations des employés de l’usine de canne à sucre Haft Tappeh, en novembre dernier, dans la ville de Shush, située dans le sud-ouest de l’Iran.

Selon la sentence, Ismail Bakhshi a été condamné à 14 ans de prison et 74 coups de fouet, tandis que Mohammad Khanifar a été condamné à six ans de prison. Bakhshi était accusé de « rassemblement et collusion dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale », « insulte du Guide », « publication de mensonges », « propagande contre l'État » et « perturbation de l'ordre public » charge pour laquelle il avait été condamné à la flagellation. Khanifar était accusé de « rassemblement, collusion et propagande contre l'État ».

Les journalistes Sepideh Qolian, Amir Amirqoli, Asal Mohammadi, Amir Hossein Mohammadi Fard et son épouse Sanaz Allahyari ont été condamnés à 18 ans de prison.

Ils ont été inculpés de « rassemblement et de collusion dans le but de porter atteinte à la sécurité nationale », d’ « appartenance au Gam » (une publication pour laquelle ils avaient écrit), de « propagande contre l'État » et « publication de mensonges ».

Le 3 août, des accusations ont été portées devant la 28e chambre du tribunal révolutionnaire contre les militants syndicaux Esmail Bakhshi, Ali Nejati et Sepideh Qoliyan parmi d’autres journalistes, Amirhossein Mohammadifar, son épouse Sanaz Allahyari, Ali (Amir) Amirgholi et Asal Mohammadi.

Au moins 40 travailleurs de l’usine de sucre Hafteh Tappeh ont été arrêtés au cours des derniers mois pour avoir protesté contre des salaires non-payés par l’usine.

Les cas les plus importants sont Esmail Bakhshi, représentant des travailleurs de Haft Tappeh, et la journaliste indépendante Sepideh Qoliyan.

Bakhshi et Qoliyan sont emprisonnés depuis janvier 2019 après que les deux hommes aient rapporté que Bakhshi avait été torturé alors qu'il était sous l’autorité du ministère du renseignement.

Le 6 janvier, Esmail Bakhshi s’est adressé au ministre iranien des services du renseignement, Mahmoud Alavi, sur son compte Instagram, pour demander pourquoi il avait été torturé jusqu’au « seuil de la mort ».

Il a également détaillé l'utilisation de tortures psychologiques contre lui-même et une femme, une militante des droits civils et photographe, arrêtée avec les travailleurs pour avoir pris des photos de leur grève, et a défini la torture mentale comme étant pire que la torture physique.

Sepideh Qolian a été arrêtée en janvier 2019 pour la deuxième fois. En juillet 2019, elle et plusieurs autres détenues ont été sévèrement battues et brutalisées à la prison de Qarchak par des détenus dangereux, aux ordres des autorités pénitentiaires.

Avant cela, le 13 août, sept travailleurs de l'usine de canne à sucre Haft Tappeh, située dans la ville de Shush, dans le sud-ouest du pays, ont été condamnés à huit mois de prison avec sursis et à 30 coups de fouet chacun.

Selon le syndicat Haft Tappeh Sugarcane, les travailleurs ont été jugés et condamnés par la 102ème chambre du tribunal pénal de Shush.

Le 14 août, neuf autres employés de la sucrerie Haft Tappeh ont été condamnés à huit mois de prison et à 30 coups de fouet, tandis qu'un autre travailleur a été acquitté. Ils ont été identifiés comme étant Hossein Ansari Zadeh, Mohammad Khanifar, Feisal Sa’alobi, Sab Zahiri, Adel Samaïe, Ismail Ja’adeleh, Bani Na’ami, Omid Azadi, Rostam Abdollahzadeh et Ali Bani Sadeh.

Sanaz Allahyari est une journaliste de la chaîne d'information indépendante Gam Telegram, détenue depuis le 9 janvier 2019, lorsqu'elle a été arrêtée avec son mari, Amirhossein Mohammadifard, rédacteur en chef de la chaîne d'informations.

Allahyari, 33 ans, titulaire d'un diplôme universitaire en économie, avait déjà été arrêtée en février 2009 et emprisonnée pendant 17 jours car elle était membre d'une organisation étudiante qui avait milité pour plus de libertés et d'égalité des sexes.

Assal Mohammadi, une militante civile et étudiante en pharmacie, a été emmenée à la prison d'Evine le 4 août 2019. Elle a été arrêtée le 4 décembre 2018 et inculpée pour ses reportages sur des manifestations contre les droits du travail dans la province du Khouzistan. Elle a été libérée sous caution le 5 janvier. Mme Mohammadi a de nouveau été arrêtée en août.

Assal Mohammadi avait écrit et publié des articles pour soutenir les manifestations des travailleurs de la sucrerie Haft Tappeh et des métallurgistes d'Ahwaz.

L'ancien prisonnier politique Ali (Amir) Amirgholi est également emprisonné depuis janvier 2019.

Source : Les Droits de l’homme en Iran