CSDHI – La loi sur la chasteté et le hijab, qui sera bientôt mise en œuvre, est considérée comme l’une des mesures les plus importantes visant à renforcer le hijab obligatoire dans la société. Elle a suscité des réactions et des protestations généralisées. Cette loi est considérée comme un outil pour exercer une pression accrue et le contrôle sur les femmes.
Cette loi se compose de 74 articles, détaillant divers devoirs et responsabilités liés à l’application du hijab obligatoire et au contrôle de la conformité.
La deuxième section de la loi sur la chasteté et le hijab énonce explicitement différentes peines et amendes pour ceux qui ne respectent pas les règlements sur le hijab.
Ces sanctions comprennent des amendes lourdes, l’emprisonnement, la privation de certains droits sociaux et même « mesures éducatives » pour les femmes et les filles qui ne respectent pas le hijab. Outre les amendes, il existe des restrictions sur l’accès aux services gouvernementaux tels que la délivrance de passeports, les permis de conduire et d’autres droits civils.
De plus, les gestionnaires d’immeubles et les chauffeurs de taxi sont tenus de surveiller et de signaler le respect du hijab par le public, ce qui illustre un système de surveillance généralisé et oppressif.
La loi sur la chasteté et le hijab : un plan répressif
Un aspect controversé de cette loi sur la chasteté et le hijab est son orientation sur les filles âgées de 9 à 15 ans, qui sont tenues de respecter les règles du hijab. Cela non seulement viole directement les droits des enfants, mais impose aussi une pression psychologique sur ce groupe vulnérable.
En outre, des sanctions financières leur sont imposées, suscitant de nombreuses inquiétudes quant à l’érosion des droits des enfants et la violation de leur vie privée.
La loi a suscité des critiques de la part d’experts juridiques, de militants civils et même d’anciens responsables iraniens. Beaucoup l’ont décrite comme un exemple d’« apartheid des sexes » et une violation des droits des femmes et de leurs libertés individuelles.
L’adoption de cette loi intervient dans un contexte de répression politique et sociale accrue, notamment depuis le soulèvement de 2022 après l’assassinat de Mahsa Amini par la police morale.
Cette loi sur la chasteté et le hijab poursuit une tendance à utiliser des outils tels que les exécutions généralisées et d’autres mesures répressives pour semer la peur et le silence dans la société.
Ces mesures ont pour principal objectif de réprimer la société, en particulier les femmes, et de créer un climat de peur et de silence face à toute opposition ou manifestation.
Pénalités et amendes
Ce projet de loi parlementaire doit être signé par le président du régime iranien d’ici le 18 décembre. Selon la loi, le ministère de l’Intérieur est responsable de sa coordination, mais de nombreux organismes gouvernementaux et non gouvernementaux, du ministère des Routes et du Développement urbain à la police et même à l’Organisation de l’énergie atomique, ont un rôle dans sa mise en œuvre.
Les pénalités pour ne pas porter le hijab comprennent : « Recevoir deux SMS d’avertissement au sujet du hijab inapproprié entraîne une amende de 150 millions de rials (environ 215 $). Les pénalités financières de sixième degré varient de 200 millions à 800 millions de rials (environ 285 $ à 1 140 $), tandis que les amendes de cinquième degré varient de 800 millions à 1,65 milliard de rials (environ 1 140 $ à 2 357 $).
Il est choquant de constater que les personnes qui ne paient pas ces amendes se voient interdire l’accès aux services administratifs, financiers et sociaux.
Les personnes qui ne paient pas leurs amendes se voient refuser l’accès aux services sociaux, y compris la délivrance ou le renouvellement de leur passeport, l’immatriculation ou le remplacement de leur plaque d’immatriculation, les permis de sortie, la libération du véhicule et la délivrance ou le renouvellement de leur permis de conduire.
Il est à noter que le salaire minimum pour un travailleur ayant deux enfants est d’environ 110 millions de rials (environ 157 $).
Source : Iran Focus (site anglais)



