CSDHI – Le mercredi 16 juillet 2025, une atmosphère inhabituellement tendue régnait dans la prison de Qezel Hesar, en Iran. Des gardiens de prison spéciaux, dans le cadre d’un plan préétabli et apparemment routinier, sont entrés dans le quartier 4 de la section des prisonniers politiques. Ils ont tenté, par la tromperie et la coercition, de transférer Saeed Masouri, un prisonnier politique chevronné et résistant, vers un lieu inconnu. Cependant, ce plan, dont le but ultime était de l’exiler ou d’augmenter la pression sur lui, a été temporairement interrompu grâce à la vigilance et à la protestation collective des autres prisonniers.
Saeed Masouri, qui a été emprisonné dans diverses prisons à travers l’Iran pendant plus de 25 ans sans un seul jour de permission, a été confronté à plusieurs reprises à des menaces, à la torture et à de multiples privations au fil des ans. Détenu auparavant dans les prisons d’Evin, de Gohardasht et maintenant de Qezel Hesar, il a été soumis à des convocations répétées par les responsables de la sécurité et à des pressions psychologiques. Aujourd’hui, les autorités insistent pour le transférer vers un autre lieu d’exil.
À la suite de cet incident, Saeed Masouri a publié une lettre intitulée « Un crime en cours », appelant la communauté internationale à ne pas rester indifférente à son sort et à celui des autres prisonniers politiques.
La lettre de Saeed Masouri depuis la prison de Qezel Hesar est une réponse aux mesures prises par les autorités pénitentiaires pour l’exiler :
« Le conflit ne porte pas sur le fait que je sois transféré ou non ; il s’agit uniquement de répression, encore plus de répression, et toujours plus de répression, et d’une insistance sur davantage de meurtres et d’exécutions ! C’est exactement comme ce qui s’est passé en 1988, et aujourd’hui, nous craignons que le même scénario ne se répète, même si le langage et les méthodes sont différents. À l’époque, on appelait cela le « comité de la mort » ; aujourd’hui, c’est « feu à volonté ». Mais cette répression généralisée et cette intensification des exécutions ne sont pas des signes de force, mais plutôt un aveu de l’impuissance du régime face à la vérité et à la volonté du peuple. Dans le même ordre d’idées, ce « feu à volonté » n’est rien d’autre qu’une tentative de dissimuler la profondeur de l’infiltration, de la décadence et de l’effondrement structurel du système au pouvoir, un échec qu’ils veulent compenser en se vengeant sur le peuple iranien et ses prisonniers.
Mon refus d’accepter un « transfert » de l’exil de la prison de Qezel Hesar vers un autre lieu d’exil n’est pas motivé par la peur d’être déplacé, ni par l’illusion que quelques prisonniers comme nous puissent mettre fin à ces actes illégaux. Il s’agit uniquement et exclusivement de veiller à ce que le massacre ne se déroule pas dans le silence et l’obscurité, comme ce fut le cas en 1988, mais qu’il ait lieu sous les yeux de l’histoire et des consciences éveillées ! Oui, que le monde entende cette fois-ci qu’« un crime est en cours » et qu’il y a une résistance contre celui-ci ! Même si cette résistance ne sert qu’à avertir, à alerter le peuple iranien et le monde entier qu’« un crime est en cours » ! Sabran Bani al-Kiram ! (Patience, ô nobles fils !)
En ce qui me concerne personnellement, en tant que prisonnier politique et partisan du Mojahedin-e Khalq, en particulier pendant les jours du Muharram et en présence du message éternel de l’imam Hussein, je tiens à affirmer que le sang de son fils, qui a été jeté vers les cieux, continue de pleuvoir sur nous, les Iraniens, sur les chiites et sur ses disciples. Et loin de nous l’idée de faire un seul pas en arrière sur le chemin de la liberté et de la libération à cause de cette prison, de cet exil et de ces exécutions.
Même si le massacre de nous tous ne sert qu’à annoncer le jour de l’événement dans les médias et empêche qu’un crime soit commis en silence !
Quel honneur et quelle chance ce serait si nous avions donné à cette nation et à notre peuple un seul avertissement, une seule mise en garde, même au prix de nos vies ! Car l’Iran et les Iraniens n’ont rien appris de leurs mythes de Siavash et d’Ariobarzanes, ni des épopées de Ferdowsi, si ce n’est la persévérance et la résistance. Et quel honneur sans pareil que d’avoir puisé notre inspiration et nos enseignements dans ces mythes, ainsi que dans le message libérateur de l’islam, de son prophète de miséricorde et de ses compagnons légendaires, dont on dit : « Tazul al-jibal wa la tazul » (Les montagnes peuvent bouger, mais vous ne bougerez pas).
Alhamdulillah alladhi hadana li hadha wa ma kunna li nahtadiya lawla an hadana Allah
Saeed Masouri, le 17 juillet 2025″



