CSDHI – Avec au moins 30 femmes exécutées rien qu’en 2025 et près de 300 depuis 2007, l’Iran demeure le premier pays au monde pour l’exécution de femmes, utilisant la peine de mort comme instrument d’oppression.
Une vague croissante d’exécutions
Le régime iranien poursuit l’élargissement de son recours aux exécutions, en particulier contre les femmes, atteignant des niveaux sans précédent ces dernières années.
Le 26 août 2025, les autorités ont exécuté Maliheh Haghi, 34 ans, dans la prison de Tabriz. Arrêtée six ans plus tôt pour meurtre, elle avait été condamnée à mort par le pouvoir judiciaire.
Sa mise à mort constitue la 30ᵉ exécution de femme en 2025. En moins d’un mois, au moins six femmes ont été pendues à travers l’Iran.
Une escalade sur le long terme
Selon les données recueillies par le Comité des femmes du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), nous constatons au moins 293 femmes exécutées depuis 2007. Le comité souligne que la plupart de ces femmes étaient elles-mêmes victimes de violences domestiques et d’abus, dont beaucoup ont agi en légitime défense.
Les lois familiales discriminatoires en Iran, qui privent les femmes de droits fondamentaux comme le divorce, jouent un rôle déterminant dans ce cycle de violence.
La tendance s’est brutalement accélérée ces dernières années :
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2023 : au moins 38 femmes exécutées, soit une hausse de 90 % par rapport à l’année précédente.
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2024 : au moins 34 femmes exécutées, dont 23 après l’arrivée au pouvoir de Masoud Pezeshkian comme président du régime. Ce fut le chiffre annuel le plus élevé depuis près de vingt ans. Au total, plus de 1 000 exécutions ont été menées cette année-là.
Depuis la prise de fonction de Pezeshkian, plus de 1 600 exécutions ont déjà été recensées en Iran — un chiffre qui dépasse largement le total de l’année précédente. Ces données démontrent qu’un changement de président n’a entraîné aucune modification de politique : les exécutions demeurent au cœur de l’appareil répressif du régime.
Exécutions cachées et coût humain
Le Comité des femmes du CNRI a établi une liste détaillée des femmes exécutées, mais insiste sur le fait que le nombre réel est bien plus élevé, en raison des exécutions secrètes, souvent menées sans annonce officielle ni couverture médiatique.
Ces statistiques ne tiennent pas compte non plus des milliers de femmes exécutées pour des raisons politiques au cours des décennies précédentes.
La prisonnière politique Golrokh Ebrahimi Iraee avait déjà souligné cette réalité dans une lettre en 2019, expliquant que de nombreuses femmes condamnées à mort avaient subi des années de coups, d’humiliations et d’abus. Privées du droit au divorce, beaucoup n’avaient d’autre échappatoire que des confrontations fatales, qui se terminaient par leur exécution.
Une catastrophe humanitaire annoncée
Des dizaines de femmes attendent actuellement leur exécution, notamment à la prison de Qarchak, certaines étant mères de plusieurs enfants. Leur situation illustre l’ampleur de la catastrophe humaine provoquée par la politique d’exécution du régime.
Le CNRI souligne que ces exécutions ne visent pas la justice mais l’intimidation, s’inscrivant dans une vaste machine de répression.
Avec déjà le triste record du plus grand nombre de femmes exécutées dans le monde, l’augmentation continue des chiffres met en évidence l’urgence d’une mobilisation internationale.



