CSDHI – L’inflation galopante et la mauvaise gestion du régime ont transformé la nuit la plus longue de l’année en symbole de l’effondrement économique, contraignant les familles à abandonner les traditions ou à acheter les produits de Yalda à crédit.
À l’approche de Yalda, la nuit la plus longue de l’année et symbole pluriséculaire de la victoire de la lumière sur l’obscurité, la réalité à laquelle sont confrontées des millions de familles iraniennes est celle de l’asphyxie économique. La flambée des prix des produits emblématiques de Yalda — fruits secs, fruits frais, confiseries et même en-cas de base — a vidé cette célébration culturelle de sa joie, révélant l’impact dévastateur des politiques économiques du régime sur la vie quotidienne.
Yalda en1404 est devenue bien plus qu’un moment culturel ; elle constitue un miroir implacable de l’effondrement du pouvoir d’achat, de la réduction des tables familiales et de la transformation forcée des habitudes de consommation. Pour la première fois, des produits traditionnellement associés à l’abondance et à la fête sont vendus à tempérament — un indicateur sans précédent de la profondeur de la crise des moyens de subsistance en Iran.
Prix en explosion, tables qui se vident
Les observations de terrain et les données officielles montrent que les prix des produits de Yalda ont fortement augmenté en l’espace d’un an seulement. Les fruits secs, autrefois incontournables des veillées de Yalda, se vendent désormais à plus de 1,3 million de tomans le kilogramme sur de nombreux marchés. Des produits haut de gamme comme les pistaches, noisettes et noix de cajou atteignent jusqu’à 2 millions de tomans le kilogramme — soit près de trois fois le prix de l’an dernier, lorsque les mélanges de qualité coûtaient environ 700 000 tomans le kilogramme.
Les confiseries n’ont pas été épargnées. Ali Bahramand, président du Syndicat des confiseurs de Téhéran, a confirmé qu’il n’existe aucune pénurie de matières premières. L’effondrement de la demande, a-t-il expliqué, est entièrement dû à la hausse des prix. Les boîtes qui pesaient autrefois entre 1,5 et 2 kilogrammes ont été réduites à 500 ou 750 grammes, tandis que la demande globale a chuté de près de moitié par rapport à Yalda 1403. Les sucreries, jadis indissociables des rassemblements de Yalda, sont devenues un luxe secondaire pour de nombreux foyers.
Des fruits porteurs d’espoir, désormais hors de portée
Même les fruits les plus symboliques de Yalda — grenades et pastèques, longtemps associées à l’espoir, à l’abondance et à l’endurance — sont devenus inaccessibles pour de nombreuses familles. Les observations de marché dans des villes à travers l’Iran font état d’un calme inhabituel à l’approche de Yalda, sans files d’attente ni affluence. Les responsables syndicaux confirment que, malgré une offre suffisante, le pouvoir d’achat s’est effondré à un point tel que les clients sont tout simplement absents.
Ce silence des marchés parle plus fort que n’importe quelle statistique : l’échec économique du régime a vidé même les traditions les plus modestes de leur vitalité sociale.
Yalda à crédit : un nouveau symbole de l’effondrement
Peut-être le signe le plus révélateur de l’aggravation de la crise en Iran est-il l’apparition des ventes à tempérament pour les produits de Yalda. Des plateformes en ligne proposent désormais fruits secs, fruits frais et même des « paniers Yalda » via chèques, billets à ordre, applications de crédit ou garanties bancaires. Des biens de consommation courante, autrefois symboles de célébration, sont désormais traités comme des biens durables — preuve manifeste de la chute du niveau de vie sous le régime clérical.
Les estimations de coûts dressent un tableau encore plus sombre. Une table de Yalda minimale — un kilogramme de fruits secs, quelques fruits et un kilogramme de confiseries — dépasse désormais 3 millions de tomans. L’ajout d’un dîner simple porte le coût d’une célébration basique pour une famille de quatre personnes à 4–5 millions de tomans, soit l’équivalent d’un tiers à la moitié du salaire mensuel minimum officiel en 1404. Accueillir même une petite réunion de dix personnes peut faire grimper la facture à 10–15 millions de tomans, faisant de cette Yalda l’une des plus coûteuses de l’histoire contemporaine de l’Iran.
Quand même le paiement échelonné devient impossible
Pour de nombreuses familles, même les achats à crédit sont hors de portée. Pour elles, Yalda se déroule sans fruits ni confiseries, dans le silence des vitrines regardées de loin et des marchés traversés sans achat. Comme l’a confié un citoyen à l’agence de presse officielle ISNA, les produits de Yalda sont devenus de véritables articles de luxe, alors que beaucoup peinent déjà à couvrir les dépenses quotidiennes les plus élémentaires.
Pourtant, sous cette pression écrasante, certaines familles s’efforcent de préserver Yalda dans sa forme la plus minimale — en supprimant les fruits secs, en réduisant drastiquement les fruits ou en n’achetant que des éléments symboliques. Pour elles, Yalda n’est plus une question d’abondance, mais de lien social et de résistance silencieuse face à l’érosion économique provoquée par les priorités destructrices du régime.
Une crise fabriquée par le régime
Les économistes attribuent cette inflation sans précédent à des facteurs structurels chroniques : inflation persistante, effondrement monétaire, dévaluation de la monnaie nationale, gouvernance économique défaillante et absence de contrôle efficace des marchés. Il ne s’agit pas d’accidents. Ce sont les conséquences directes de l’aventurisme nucléaire, balistique et régional du régime, mené au détriment des moyens de subsistance des citoyens.
Alors que les responsables rejettent systématiquement la faute sur des « vendeurs cupides » ou des facteurs temporaires, les données officielles du Centre statistique d’Iran montrent que l’inflation dans la catégorie des fruits et produits secs a dépassé 100 % en novembre 2025 — preuve évidente d’une crise systémique enracinée dans les politiques du régime, et non dans le comportement du marché.
Yalda comme mesure de la résistance
Ce qui devait être une célébration de la lumière et de la solidarité est devenu, pour de nombreux Iraniens, une nuit de calculs, de renoncements et de retenue imposée. Pourtant, la détermination à maintenir Yalda — même dans sa forme la plus simple — parallèlement à la montée des protestations contre le régime iranien, envoie un message puissant. Yalda perdure non pas parce que les conditions le permettent, mais parce que la population refuse d’abandonner son identité et ses liens sociaux.
Dans l’Iran d’aujourd’hui, Yalda n’est plus seulement une tradition culturelle. Elle est devenue un acte discret de défi face à un ordre économique qui a plongé la société dans l’obscurité — ne laissant à beaucoup qu’une lueur d’espoir fragile pour traverser la nuit la plus longue.



