Par Soona Samsani
The Hill, 1er mai – Au matin du 17 avril, plus d’une centaine de gardiens de prison et d’agents du renseignement ont lancé un assaut brutal dans la sinistre prison d’Evine de Téhéran. De nombreux prisonniers d’opinion sont gravement blessés, certains ont été confinés à l’isolement. Des témoins oculaires ont dit plus tard qu’un bus transportant des prisonniers blessés étaient « couvert de sang ».
Comme il fallait s’y attendre, le régime a répondu aux condamnations formulées contre cette violente attaque dans le pays comme à l’étranger en niant même jusqu’à son existence. Or au moins quatre prisonniers avaient été hospitalisés et un autre avait eu une attaque cardiaque.
On sait que vingt-six prisonniers ont été gravement blessés. On ne sait pas exactement combien font partie des trente-deux prisonniers placés en isolement après l’assaut.
Quatre jours après le raid, des détenus de la section 350 ont entamé une grève de la faim pour attirer l’attention sur cette agression inacceptable. Amnesty International a publié un communiqué pour la condamner sans être en mesure d’en déterminer l’origine. Cependant, contrairement à ce que disent les conseillers du régime iranien, il est indéniable qu’une violence excessive ait été exercée contre les détenus.
Le groupe d’observateurs a également souligné que le ministère du Renseignements et le personnel de la prison ont reconnu que l’assaut avait commencé comme une fouille ordinaire ; étonnante fouille menée par plus de 100 gardes en tenue de combat anti-émeute ! Un tel déploiement de forces montre bien la préméditation.
L’assaut sanguinaire a eu lieu dans la section où de nombreux prisonniers d’opinion, notamment des militants syndicalistes et des droits des minorités, des avocats et des partisans de la principale opposition, les Moudjahidine du peuple (OMPI), sont détenus. Les partisans de l’Ompi ont été délibérément attaqués et frappés – ce qui replace cet assaut particulier dans le contexte général de la violence barbare du régime iranien contre ses opposants politiques.
Les mesures impitoyables et répressives du régime contre les prisonniers d’opinion qui n’ont aucun moyen de se défendre ne sont pas nouvelles. En novembre 2013, des détenus politiques d’Evine avaient entamé une grève de la faim pour protester contre le manque de soins médicaux. A l’origine de ce mouvement de protestation se trouvait, entre autres, Abdolfattah Soltani, co-fondateur du Centre des défenseurs des droits humains et lauréat du prix des Droits humains décerné par l’Association internationale des juristes, actuellement incarcéré pour treize ans sous des accusations fallacieuses telles que » propagande contre le système ».
Soltani fait partie des trente-deux prisonniers qui ont été placés en cellules d’isolement après l’assaut. Son histoire et l’importance de l’assaut contre des prisonniers politiques désarmés montrent les conditions effroyables et inhumaines qui existent de nos jours dans les prisons iraniennes.
Sous la pression de la réprobation internationale, le régime a « limogé » le chef des prisons en le nommant président d’une cour d’appel et du département de la justice de la province de Téhéran !
Le régime iranien et ses agents dans l’Irak voisin exercent le même type de brutalité contre les dissidents iraniens désarmés résidant actuellement dans les conditions quasi carcérales au camp Liberty en Irak. Tandis que Rohani préside un régime qui a exécuté plus de 700 personnes en quelques mois, les agents du régime continuent à harceler les habitants du camp Liberty parce qu’ils réclament un Iran libre et non nucléaire. Beaucoup d’entre eux sont de jeunes intellectuels ayant étudié en Occident et qui se sont tous engagés en faveur d’un Iran « libre, démocratique et laïc » ce que le régime théocratique rejette. C’est la raison pour laquelle ce pouvoir fait tout ce qu’il peut pour empêcher leur transfert aux Etats-Unis et en Europe.
L’isolement du régime sur le plan international et sa paralysie par suite des sanctions économiques en est la cause. Il est effrayé par une perspective de révoltes parmi la population au bord de l’explosion. Il se présente donc au monde avec un sourire plaqué sur sa face haineuse pour pouvoir mieux réprimer les protestations nationales. Le nombre des exécutions a dramatiquement augmenté depuis l’arrivée de Rohani au pouvoir. Et maintenant les détenus sont réduits au silence.
L’assaut barbare témoigne de l’étendue de ses mouvements convulsifs internes et des craintes d’une révolte populaire. L’Ouest devrait en tenir compte au lieu de fermer les yeux sur les exactions du régime iranien.
La Maison Blanche devrait condamner toute violation des droits et demander qu’une enquête soit menée par la communauté internationale si elle veut freiner le programme nucléaire iranien et stopper son terrorisme. Les responsables des Droits humains doivent avoir accès aux prisonniers iraniens, y compris ceux détenus à la prison Evine. Si Rohani traite des prisonniers incarcérés et désarmés de cette manière, il est facile d’imaginer comment sont traités les jeunes Iraniens et Iraniennes qui aspirent à la liberté.
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Soona Samsani représente, aux Etats-Unis, le Conseil national de la Résistance iranienne, qui fonctionne comme un parlement en exil et cherche à établir une République démocratique, laïque et non nucléaire en Iran.



