CSDHI – Dimanche 20 juillet 2025, la branche 29 du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Seyed Ali Mazloumi, a tenu une audience pour examiner les nouvelles accusations portées contre Ali Younesi et Amirhossein Moradi, deux étudiants d’élite de l’Université de technologie Sharif. Notamment, Ali Younesi—l’un des principaux accusés — était absent de la séance du tribunal sans aucune explication, une absence inquiétante qui dure maintenant depuis plus d’un mois.
L’absence d’Ali Younesi : une ignorance totale et une préoccupation croissante
Selon les informations de la famille d’Ali Younesi, Ali a été transféré de force et violemment du quartier 4 de la prison d’Evine vers un lieu inconnu le 18 juin 2025. Sa seule communication connue depuis lors a été un bref appel téléphonique avec sa mère il y a 21 jours, et depuis ce moment-là, ni sa famille ni ses avocats n’ont eu d’informations sur son état, son emplacement ou son bien-être.
Aida Younesi, la sœur d’Ali, a écrit sur les réseaux sociaux : « Hier était la date d’un « procès » pour une nouvelle affaire contre Ali Younesi et Amirhossein Moradi, mais Ali n’a pas été amené à l’audience. » Cela fait plus d’un mois que mon frère a été enlevé, et nous n’avons toujours pas de nouvelles à son sujet.
Elle a également souligné que leur mère était allée au tribunal dans l’espoir de voir son fils, même brièvement, mais s’est retrouvée face à des portes fermées. Les avocats d’Ali Younesi ont également contesté son absence à l’audience.
Nouvelle accusation : « Propagande contre le régime » depuis derrière les barreaux
Pendant l’audience du tribunal, Amirhossein Moradi a été de nouveau jugé pour « propagande contre le régime ». Il est rapporté que cette accusation découle de déclarations qu’il aurait faites de l’intérieur de la prison. Il s’est présenté au tribunal menotté et enchaîné, sous haute sécurité, et a été interrogé pendant la session.
Bien qu’aucune explication officielle n’ait été donnée pour l’absence d’Ali Younesi, la justice reste silencieuse. Selon de nombreuses organisations des droits de l’homme, ce silence signale une violation grave des droits fondamentaux de l’accusé, y compris le droit à la représentation légale, au contact avec la famille et à la présence au tribunal.
Enlèvement d’État ou tactique de pression ?
Les organisations de défense des droits de l’homme et les militants politiques considèrent la disparition d’Ali Younesi comme une forme d’enlèvement par l’État. Ces tactiques — y compris les transferts secrets et la pression psychologique par l’isolement—ont longtemps été utilisées contre les prisonniers politiques et idéologiques en Iran.
Ali Younesi, médaillé d’or à l’Olympiade internationale d’astronomie et d’astrophysique, et Moradi, médaillé national d’argent, sont considérés comme les meilleurs talents académiques de l’Iran. Depuis leur arrestation violente en avril 2020 par des pasdarans, ils ont fait face à de graves accusations politiques, à des interrogatoires prolongés et à des conditions de détention difficiles.
808 jours de détention provisoire, puis 16 ans de prison
Après avoir passé 808 jours en isolement cellulaire et dans des quartiers de haute sécurité, les deux étudiants, Ali Younesi et Amirhossein Moradi, ont finalement été transférés dans le quartier général de la prison d’Evine en juillet 2022. Ils ont été condamnés à 16 ans de prison—une punition que beaucoup ont décrite comme disproportionnée, illégale et un outil pour faire taire les jeunes dissidents.
Suppression systématique des élites académiques
Cette nouvelle affaire contre les deux prisonniers reflète un schéma familier en Iran : les efforts des agences de sécurité pour supprimer systématiquement les élites académiques et instiller la peur dans les universités. Selon les experts, l’objectif est d’empêcher l’émergence de tout mouvement de protestation parmi la jeunesse éduquée et talentueuse du pays.



