CSDHI – Le 13 octobre marque la Journée internationale de la réduction des risques de catastrophe, instaurée par les Nations Unies pour promouvoir une culture mondiale de prévention et de préparation et éviter la crise environnementale. Selon le Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe (2015–2030), les gouvernements ont l’obligation de prévenir de nouvelles crises, de réduire celles existantes et d’assurer la participation des communautés.
Sous le régime des mollahs en Iran, la situation est exactement inverse. La crise environnementale, la sécheresse des rivières et des lacs, l’affaissement des sols, les pénuries d’eau à l’échelle nationale, les coupures d’électricité récurrentes et la militarisation de la gestion des catastrophes montrent que le régime au pouvoir n’a non seulement pas réduit les risques — il en est devenu le principal générateur.
Assèchement du lac Ourmia
Réalisme documenté de la crise de l’eau et des terres en Iran
Les sources officielles iraniennes dressent un tableau clair de l’effondrement :
-
Selon l’agence IRNA (octobre 2025), 19 grands barrages du pays sont presque à sec, trois réservoirs étant déjà totalement asséchés.
-
Le porte-parole du secteur de l’eau iranien a indiqué que les réserves d’eau alimentant les barrages de Téhéran étaient tombées à 258 millions de mètres cubes, soit moins du tiers des besoins annuels de la capitale, plaçant la ville en réel risque de « Jour Zéro ».
-
Un rapport du Centre de recherche du Majlis avertit que l’affaissement des sols affecte désormais 29 provinces, atteignant jusqu’à 25 cm par an à Ispahan.
-
Lors d’une session parlementaire en janvier 2022, le vice-ministre de l’Énergie a admis que « les lâchers d’eau des barrages visaient à protéger les centrales hydroélectriques, et non à soulager la sécheresse ».
-
Le ministère de l’Environnement a officiellement reconnu que la construction du barrage de Gotvand constituait une « erreur stratégique », ajoutant que sa destruction est la seule solution pour restaurer le fleuve Karoun.
Ces aveux officiels montrent que la crise environnementale en Iran n’est pas due à la nature, mais à la corruption systémique et aux échecs politiques du régime des mollahs.
Carte régionale de la crise en Iran
-
Région centrale (Isfahan–Yazd–Chaharmahal) : l’affaissement sévère des sols et les projets de transfert d’eau ont détruit l’agriculture traditionnelle. Les agriculteurs ont régulièrement manifesté avec le slogan « Eau et Vie ».
-
Nord-Ouest (Azerbaïdjan) : le lac Ourmia est au bord de l’effondrement écologique, affectant la santé et les moyens de subsistance de dizaines de villes et villages.
-
Sud-Ouest (Khouzistan) : la salinisation du fleuve Karoun due au barrage de Gotvand, les coupures d’eau sous des chaleurs dépassant 50 °C et l’alimentation en eau par camions-citernes ont provoqué des maladies intestinales et dermatologiques répandues.
-
Capitale (Téhéran) : la baisse persistante des réserves des barrages et les pénuries chroniques d’eau, malgré les avertissements officiels répétés sur la potabilité, rapprochent le scénario du « Jour Zéro ».
Protestations et grèves liées à l’eau et à l’énergie
-
Manifestations pour l’eau au Khouzistan et Isfahan : des rassemblements consécutifs réclamant « de l’eau propre, des rivières vivantes et le droit à la vie » ont été réprimés par la force, avec tirs réels et arrestations.
-
Grèves liées au travail : les travailleurs du pétrole et du gaz à Assaluyeh et South Pars, ainsi que les boulangers et employés municipaux, ont protesté contre la crise de l’eau et de l’énergie, révélant que celle-ci touche directement l’économie domestique et perturbe les chaînes d’approvisionnement vitales.
-
Activistes environnementaux : les arrestations et condamnations de scientifiques et militants alertant sur les risques ont réduit au silence la partie de la société qui devrait contribuer à la prévention.
Le slogan « Eau et Vie » résonne désormais des rues aux lieux de travail et aux fermes, tandis que la réponse sécuritaire du régime devient elle-même productrice de risques, reliant directement la pénurie d’eau aux violations des droits humains.
Catastrophes créées par l’homme : le monopole des pasdarans sur la politique de l’eau
La construction massive de barrages sans étude environnementale, les transferts inter-bassins vers des industries liées à l’armée et la destruction des zones humides ont transformé des défis naturels en catastrophes d’origine humaine.
Des experts iraniens alertent que le Siège de construction Khatam al-Anbiya des Gardiens de la Révolution (IRGC) contrôle la majorité des projets nationaux liés à l’eau, dépensant des milliards de dollars publics dans des projets générateurs de risques.
-
Dans le bassin du Karoun, le barrage de Gotvand a salinisé l’eau et détruit l’agriculture du Khouzistan.
-
À Isfahan, le détournement d’eau vers l’industrie lourde a asséché la rivière Zayandeh Rud et aggravé l’affaissement des sols.
Répression et secret : violation de la participation et de la transparence
Sous le régime des mollahs, la gestion des catastrophes est monopolisée par les entités militaires et sécuritaires. Les données sur les niveaux des barrages, la qualité des nappes phréatiques et les pertes environnementales sont classées secrets d’État.
Lors des inondations de 2019 et des crises qui ont suivi, les autorités ont délibérément retenu les alertes pour « éviter la panique », tandis que des citoyens rapportant des informations depuis les zones touchées ont été détenus.
Les chercheurs et militants environnementaux ont été poursuivis pour atteinte à la sécurité nationale, violant ainsi le principe de participation inclusive du Cadre de Sendai.
Impact humain et protestations environnementales
La crise de l’eau et de l’énergie a perturbé la vie de millions de personnes.
-
Au Khouzistan, les habitants dépendent de camions-citernes pour boire, sous une chaleur extrême ; la contamination a provoqué des maladies gastro-intestinales et cutanées.
-
À Isfahan, les agriculteurs réclamant de l’eau ont été confrontés à la violence des forces de sécurité.
-
À travers l’Iran, les coupures d’électricité et d’eau pendant les vagues de chaleur ont provoqué des urgences sanitaires et accentué la pauvreté.
Expansion de la crise aux moyens de subsistance
En septembre et octobre 2025, les pénuries d’eau et d’énergie se sont combinées à des troubles économiques.
Les travailleurs du pétrole et du gaz à Assaluyeh et South Pars, les boulangers à Saveh et les chauffeurs municipaux à Kermanshah ont fait grève contre les discriminations salariales et la corruption. Cette convergence montre que la dégradation environnementale a pénétré l’économie iranienne, liant sécheresse, inflation et répression dans un cycle continu de risque.
Réactions et avertissements internationaux
-
Amnesty International a condamné l’usage de balles réelles contre les manifestants au Khouzistan et demandé une enquête indépendante.
-
Human Rights Watch a affirmé que la mauvaise gestion de l’eau et de l’énergie par le régime « menace la sécurité biologique de millions de personnes ».
-
Le Rapporteur spécial de l’ONU sur l’Iran a souligné que l’impunité systémique et le secret sont des violations continues des droits économiques et sociaux.
-
UNEP classe l’Iran parmi les cinq pays au monde connaissant les taux d’affaissement des sols les plus élevés.
Schéma récurrent de corruption et catastrophe
| Catastrophe | Année | Type de risque | Conséquences | Violations des droits humains |
|---|---|---|---|---|
| Séisme de Kermanshah | 2017 | Effondrement de logements construits par l’État | Corruption, centaines de morts | Droit à la vie et au logement sûr |
| Inondations nationales | 2019 | Empiètement sur les rivières, absence d’alerte | Déplacements massifs, aide retardée | Droit à l’information et à la sécurité |
| Crise de l’eau au Khouzistan | 2021–2025 | Mauvaise gestion des barrages, salinisation | Manifestations, répression violente | Droit à l’eau potable et à la participation |
Conclusion
En Iran, sous le régime des mollahs, aucun principe du Cadre de Sendai n’est respecté. La corruption institutionnelle, le contrôle par les pasdarans de la gestion des crises et l’impunité judiciaire perpétuent des risques d’origine étatique. Les organisations internationales soulignent que la responsabilité de la destruction environnementale exige une surveillance indépendante et le soutien à la société civile iranienne.
L’Iran est une terre riche et magnifique, mais sous la domination des mollahs, il est devenu l’un des pays les plus vulnérables aux catastrophes. Ici, la catastrophe n’est plus naturelle — elle est le résultat délibéré de la corruption, de la répression et de la politique de survie.



