CSDHI – Depuis le début de l’année 2025, le pouvoir iranien traverse une crise de légitimité plus profonde que jamais — une crise désormais reconnue ouvertement par ses propres responsables et organes de presse.
Même les médias proches du régime admettent que 91 % des Iraniens sont insatisfaits du système en place. Après des décennies de répression et d’échecs politiques, le régime clérical ne bénéficie plus d’aucune légitimité ni du moindre soutien populaire.
Lors des trois dernières élections présidentielles, le peuple iranien a manifesté son rejet du système en boycottant massivement ces simulacres de scrutin. L’ensemble de cette structure de pouvoir est illégitime, illégale, et ne représente rien d’autre qu’une autorité dictatoriale et usurpatrice.
Cette réalité est devenue si flagrante que même certains membres du régime commencent à l’admettre. Comme l’a reconnu un responsable récemment :
« La société traverse une situation inédite depuis 47 ans — elle n’est plus divisée entre réformistes et conservateurs. 91 % des Iraniens sont insatisfaits de la situation actuelle. »
Les médias du régime reconnaissent le mécontentement général
Le 7 octobre, le site Entekhab, proche du pouvoir, a publié un échange révélateur entre deux représentants des factions dites « réformiste » et « principaliste ». Le site cite Saeed Shariati déclarant :
« Les faits montrent que le mécontentement de la société à l’égard de la structure du pouvoir est vaste et multiforme. Selon un sondage sur les valeurs et attitudes des Iraniens, réalisé en octobre 2023, 91 % de la population se disent insatisfaits de la situation actuelle. »
Bien que cette enquête date de deux ans, la situation n’a fait qu’empirer depuis. Le régime est devenu plus isolé, plus fragmenté, et toujours incapable de répondre aux demandes sociales et économiques croissantes.
Cherchant à préserver son autorité, il a intensifié les arrestations et les exécutions. Mais malgré cette vague de répression — et malgré les manœuvres théâtrales des soi-disant réformistes tentant de ranimer un système moribond — le peuple iranien continue de rejeter le régime dans son ensemble et de le déclarer illégitime.
Entekhab reconnaît d’ailleurs :
« La société traverse un record historique depuis 47 ans et ne fait plus la distinction entre réformistes et principalistes. La question du peuple n’est pas de savoir qui a échoué, des réformistes ou des principalistes — il rejette tout le système. »
L’effondrement de la base sociale du régime
La perte du soutien populaire ne date pas d’hier. Par la répression, la propagande et le contrôle totalitaire, le régime a dénaturé la relation entre l’État et le peuple, tentant de masquer sa légitimité vacillante. Même au sein du système, beaucoup ont perçu cette crise et cherché à la dissimuler par des artifices politiques.
La désignation de Masoud Pezeshkian comme président découle directement de cette tentative désespérée. Entekhab écrit :
« M. Pezeshkian avait été disqualifié par le Conseil des Gardiens lors des élections législatives de 2023 et 2024. Ce n’est que par l’intervention du Guide suprême qu’il a été réintégré avec 12 votes favorables. Sans cette intervention, il n’aurait jamais été autorisé à se présenter. Lorsque la participation électorale est tombée sous la barre des 20 %, la direction a compris que, si cette tendance se poursuivait, le système perdrait toute légitimité. Elle a alors décidé de laisser entrer quelques candidats réformistes dans la course. »
Un régime sans société
Reflet de l’effritement de sa base sociale, Entekhab souligne également l’échec du régime à mobiliser la population dans la rue. Le site compare les manifestations officielles en soutien à Gaza à celles observées dans les pays libres :
« Nous n’avons pas de société civile. Ici, lorsqu’une marche est organisée pour soutenir le peuple de Gaza, à peine 5 000 personnes descendent dans la rue — malgré tous nos slogans. Pendant ce temps, à Berlin ou à Sydney, des millions de personnes manifestent pour Gaza, car leurs sociétés civiles sont fortes. »
Un système en chute libre
Ces aveux rares, émanant de médias et de responsables du régime, révèlent une vérité implacable : la légitimité du régime clérical s’est effondrée au-delà de tout retour possible.
Malgré les manipulations électorales, la répression et le contrôle de l’opinion publique, le peuple iranien a exprimé son verdict sans ambiguïté.
Le fossé entre les dirigeants et la société est désormais absolu — et aucune façade de réforme ni aucun discours de propagande ne pourra le combler.



