Briser le mur de la peur : les hôpitaux iraniens sont devenus des lignes de front de la répression

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CSDHI – Alors que le régime continue de bloquer Internet et intensifie sa propagande, des témoignages directs révèlent une violence systématique, des entraves aux soins médicaux dans les hôpitaux iraniens et une société qui a franchi le point de non-retour.

Tandis que le guide suprême du régime, Ali Khamenei, tente de déformer la réalité par des coupures d’Internet et une rhétorique agressive, les rues de l’Iran — et de plus en plus ses hôpitaux — racontent une tout autre histoire. À travers le pays, des jeunes créatifs et déterminés trouvent des moyens de briser la censure et de transmettre la vérité depuis chaque recoin de leurs villes.

Un témoin oculaire de Mashhad a décrit comment les manifestants se sont rapidement adaptés à la violence du régime :

« Nous avons compris maintenant — comment faire face aux balles réelles et aux gaz lacrymogènes. »

Il a ajouté que la participation traversait toutes les générations : des enfants d’à peine dix ans comme des hommes et des femmes âgés de plus de quatre-vingts ans étaient présents. Un autre témoin a résumé ce basculement de manière lapidaire :

« C’est fini. Les gens ne sont plus ce qu’ils étaient. Ils n’ont plus peur de la mort, des blessures, ni même d’être enlevés dans les hôpitaux. »

Ce qui s’est déroulé à l’intérieur des hôpitaux iraniens au cours de ces journées pourrait cependant laisser l’empreinte la plus profonde dans la mémoire historique de la nation.

D’un côté il y a la cruauté et le désespoir des Gardiens de la révolution ; de l’autre, la dignité, le courage et la résilience de citoyens ordinaires.

Malgré un siège cybernétique intense et une censure omniprésente, des informations continuent de sortir d’Iran.

Les extraits suivants illustrent un schéma d’abus systématiques :

Téhéran : les soins médicaux comme outil de répression

Un employé hospitalier a rapporté que lorsque le nombre de manifestants blessés a explosé, la direction de l’hôpital n’a pas renforcé les effectifs. Au contraire, des gardes ont été annulées afin de permettre aux forces de sécurité d’opérer librement. Les familles ont été contraintes de payer des sommes considérables et de signer des engagements écrits pour pouvoir récupérer les corps de leurs proches.

Dans un cas précis, un garçon de 12 ans est mort après avoir été touché par balle, faute d’avoir reçu une transfusion sanguine. Sa famille n’a pas été autorisée à le voir. On leur a simplement dit :

« Votre enfant a été transféré à Kahrizak. Allez le chercher parmi les corps enveloppés de plastique. »

Borujerd : effacer les preuves

Des informations en provenance de Borujerd indiquent que le personnel médical a reçu l’ordre de ne pas soigner les manifestants blessés. Certains morts auraient été brûlés afin d’éliminer toute preuve. Les pharmacies ont été sommées de refuser de vendre les fournitures médicales de base telles que des bandages ou des désinfectants.

Chiraz : les hôpitaux transformés en pièges de renseignement

À Chiraz, les familles cherchant à faire soigner des blessés ou à récupérer des corps ont été contraintes de remplir des formulaires détaillés — une tentative manifeste d’extraction de renseignements et d’intimidation des proches. Selon les témoins, la peur parmi les autorités était palpable.

De nouveau Téhéran : une société en suspens

Un autre témoignage en provenance de Téhéran décrit une ville retenant son souffle. De nombreux manifestants blessés se cachent dans des habitations privées, où des citoyens leur prodiguent des soins médicaux avec fierté et solidarité. Un témoin a raconté qu’après l’utilisation de grenades assourdissantes, les manifestants se sont repliés dans des ruelles tandis que les forces de sécurité hésitaient à les suivre, visiblement ébranlées.

Une femme âgée a saisi l’instant en une seule phrase :

« Ça ne marchera pas. Ils ont des armes — sommes-nous censés être désarmés ? »

Cette phrase est peut-être le résumé le plus juste de la réalité actuelle de l’Iran. C’est le son d’une société qui dépasse la peur.

Lorsque la violence est devenue nue et que même les blessés se sont vu refuser toute compassion, la barrière psychologique de la terreur s’est effondrée — et la puissance collective a commencé à prendre forme. La vue de Gardiens de la révolution (pasdarans) scandant « Heidar, Heidar » en groupes agressifs ne signale plus la force, mais la peur : la peur d’un régime confronté à une population qui se prépare à une confrontation finale.