Les ombres des troubles en Iran en 2026 : quand les rues, les prisons et le silence convergent

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CSDHI – L’Iran traverse l’une des périodes les plus turbulentes de ces dernières années, alors que les troubles en Iran de 2026 se déploient simultanément dans les rues, les prisons et les salles d’audience. Ce qui a commencé comme un mouvement de contestation populaire à grande échelle s’est transformé en une crise nationale à plusieurs niveaux, marquée par des répressions meurtrières, des exécutions et des récits profondément contradictoires concernant le nombre de victimes.

Les médias internationaux et les organisations de défense des droits humains indiquent que les troubles ne touchent plus uniquement les manifestants, mais affectent de plus en plus les passants, les détenus et les familles endeuillées, tandis que les coupures d’information continuent de masquer l’ampleur réelle des événements.

Quand la violence dépasse le cadre des manifestations

Un rapport de Reuters, publié le 21 janvier 2026, cite des témoins et des proches affirmant que certaines des personnes tuées lors de la répression sécuritaire n’étaient pas des manifestants. Selon ces témoignages, les victimes incluaient des passants et des personnes présentes par hasard, abattues alors qu’elles observaient les manifestations ou qu’elles traversaient simplement les zones concernées.

Reuters souligne que les coupures massives d’Internet et les restrictions sévères des communications pendant les troubles iraniens de 2026 ont rendu la vérification indépendante du nombre de victimes extrêmement difficile, alimentant l’incertitude et des récits concurrents sur ce qui s’est réellement produit.

Chiffres officiels contre récits extérieurs

La question du nombre de morts se trouve au cœur de la crise. Les autorités iraniennes ont officiellement déclaré que 3 117 personnes ont été tuées durant les troubles du mois de janvier, décrivant ces décès comme le résultat d’affrontements sécuritaires, « d’émeutes » et d’actes violents perpétrés par ce qu’elles qualifient d’éléments hostiles.

À l’extérieur de l’Iran, des chiffres bien plus élevés ont émergé. Le journal britannique The Times a cité un rapport affirmant que jusqu’à 16 500 personnes pourraient avoir été tuées, qualifiant la situation de « génocide sous l’obscurité numérique ». Le rapport soutient que les coupures prolongées d’Internet ont empêché que l’ampleur réelle des morts durant les troubles iraniens de 2026 soit connue.

L’écart considérable entre les chiffres officiels et les estimations extérieures est devenu un champ de bataille central en matière de crédibilité, où la transparence et l’accès à l’information sont des enjeux fondamentaux.

Une répression meurtrière vue de l’étranger

Le groupe de surveillance des droits humains Iran-HRM a qualifié la réponse aux troubles de « répression meurtrière », citant l’utilisation de munitions réelles, des arrestations massives et des opérations sécuritaires brutales tout au long du mois de janvier 2026.

Une répression meurtrière vue de l’étranger

Parallèlement, Amnesty International a lancé une action urgente, avertissant qu’Amirhossein Ghaderzadeh, un manifestant détenu, fait face à un risque imminent d’exécution. Amnesty a déclaré que son cas soulève de graves préoccupations concernant le respect des normes d’un procès équitable, notamment des allégations d’aveux extorqués sous la contrainte, l’absence d’une défense juridique effective et des procédures judiciaires opaques.

L’organisation a exhorté les autorités iraniennes à suspendre immédiatement toute exécution et à se conformer à leurs obligations internationales en matière de droits humains.

Dans le même temps, le Wall Street Journal a rapporté que les responsables iraniens continuent de défendre la répression comme une mesure nécessaire pour préserver la stabilité nationale, présentant les troubles de 2026 comme faisant partie de menaces sécuritaires plus larges plutôt que comme une contestation intérieure.

Exécutions derrière les murs des prisons

Alors que la violence dans les rues a attiré l’attention internationale, les événements à l’intérieur des prisons iraniennes ont accentué l’inquiétude. Le groupe de défense des droits humains HRANA a rapporté que 12 prisonniers ont été exécutés dans plusieurs établissements sur une courte période, pour des chefs d’accusation incluant des infractions liées à la drogue et des meurtres.

Selon HRANA, ces exécutions ont eu lieu dans un contexte d’accès restreint aux médias et de contrôle indépendant limité, renforçant les préoccupations quant à l’usage continu de la peine capitale par l’Iran en période de troubles généralisés.

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Une crise sans issue claire

Le coût du silence pour les familles

Dans une enquête distincte, Fox News a rapporté des allégations selon lesquelles les autorités iraniennes auraient agressé sexuellement des détenus adolescents lors des récents troubles, tout en exerçant simultanément des pressions financières et juridiques sur les familles des personnes tuées.

Selon ce rapport, des proches de certaines victimes affirment avoir été contraints de payer jusqu’à 10 milliards de rials pour récupérer les corps de leurs proches. Les familles ont déclaré à Fox News que ces paiements s’accompagnaient souvent de conditions supplémentaires, notamment la signature d’engagements à ne pas s’exprimer publiquement, l’interdiction d’organiser des funérailles publiques ou l’acceptation des versions officielles concernant les causes du décès.

Le rapport cite également des affirmations de familles et de défenseurs des droits humains selon lesquelles des prisonniers adolescents auraient été victimes d’abus sexuels en détention, des accusations qui ont intensifié l’inquiétude internationale quant au traitement des mineurs lors des troubles iraniens de 2026. Les autorités iraniennes n’ont pas répondu publiquement à ces accusations, mais Fox News souligne que des allégations similaires ont régulièrement émergé lors de répressions précédentes.

Une crise sans issue claire

Pris dans leur ensemble, ces rapports décrivent une crise qui dépasse largement le cadre des manifestations de rue. Les morts parmi les passants, les bilans humains contestés, les menaces d’exécution et les pressions exercées sur les familles révèlent des troubles qui ont pénétré toutes les strates de la société iranienne.

Que les troubles iraniens de 2026 s’apaisent ou s’aggravent reste incertain. Ce qui est clair, en revanche, c’est que la lutte autour de l’information, de la responsabilité et du contrôle du récit est loin d’être terminée.