CSDHI – Des témoignages de terrain et des preuves visuelles indiquent que les forces de sécurité du régime au pouvoir en Iran ont incendié le bazar historique de Rasht, piégé des civils à l’intérieur et ouvert le feu à balles réelles sur des personnes non armées lors des manifestations nationales.
Les 8 et 9 janvier 2026, alors que les manifestations nationales s’intensifiaient à travers l’Iran, le bazar historique de Rasht est devenu le théâtre d’une opération meurtrière et coordonnée menée par les forces de sécurité et de maintien de l’ordre du régime iranien.
Selon de nombreux témoins oculaires, ainsi que des vidéos et des images, les forces de sécurité ont délibérément incendié des sections du bazar bondé, piégeant manifestants et civils dans des espaces clos envahis par la fumée, avant d’ouvrir le feu à balles réelles sur ceux qui tentaient de s’échapper.
Reconstitution des événements
Les témoins rapportent que de grandes foules se sont dirigées vers le centre-ville et la zone du bazar historique de Rasht. Les forces de sécurité ont d’abord utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants. Face à la persistance des rassemblements, des unités lourdement armées sont intervenues, bloquant les issues et déclenchant des incendies à l’intérieur du bazar.
À mesure que la fumée et les flammes se propageaient, les civils réfugiés à l’intérieur ont été contraints de fuir. À ce moment-là, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles et avec des fusils à plomb sur les personnes sortant du marché. Plusieurs témoins ont déclaré que nombre de personnes visées étaient non armées et que certaines tentaient de se rendre, les mains levées.

Témoignages oculaires
Des témoins ont décrit des scènes où des personnes mouraient asphyxiées par la fumée et le feu, ou étaient abattues alors qu’elles tentaient de s’échapper. Des enregistrements vidéo de la soirée du 8 janvier capturent des tirs continus et font état de multiples victimes en l’espace de quelques minutes.
D’autres ont raconté avoir été piégés dans des ruelles sans issue tandis que l’incendie progressait, n’avoir reçu aucune assistance malgré les appels aux services d’urgence, et avoir été abattus dans le dos après avoir quitté la zone.

Preuves visuelles
Des images provenant du bazar historique de Rasht montrent des amas de chaussures abandonnées près du bazar, appartenant selon les témoignages à des civils contraints de fuir ou tués durant l’opération. D’autres séquences documentent des structures incendiées et des échoppes calcinées, indiquant une attaque délibérée et violente contre un espace public civil.
Analyse en matière de droits humains
L’usage délibéré du feu dans un lieu de rassemblement civil, le blocage des voies de fuite et l’ouverture du feu à balles réelles sur des personnes non armées constituent de graves violations du droit international des droits humains, notamment du droit à la vie et de l’interdiction des traitements cruels et inhumains.
Lorsqu’ils sont commis de manière généralisée ou systématique, de tels actes peuvent constituer des crimes contre l’humanité au regard des normes juridiques internationales.

Conclusion et alerte en matière de droits humains
Ce qui s’est produit dans le bazar historique de Rasht n’était ni un incident isolé ni un affrontement incontrôlé. Les éléments disponibles indiquent une opération délibérée au cours de laquelle des civils ont été directement pris pour cibles.
La documentation de ces événements constitue une épreuve cruciale pour l’engagement de la communauté internationale en faveur des principes des droits humains. L’absence de réponse risque de banaliser la violence meurtrière contre les civils et de saper la conscience morale mondiale ainsi que les mécanismes de responsabilité.



