Strasbourg : Hommage aux visages de la résistance face à la terreur d’État en Iran

Avec DNA

STRASBOURG – Le 22 janvier 2026, une atmosphère de solennité a enveloppé l’esplanade du Parlement européen. Sous le regard des eurodéputés et des passants, une exposition photographique poignante a rendu hommage aux milliers d’Iraniens tombés sous les balles du régime de Téhéran lors des récents soulèvements nationaux.

Cette manifestation visuelle, relayée par les Dernières Nouvelles d’Alsace (DNA), ne se contente pas de montrer des visages ; elle témoigne d’une tragédie humaine qui s’accélère. Alors que le monde observe, le peuple iranien paie le prix ultime pour ses aspirations à la démocratie et à la justice.
https://www.dna.fr/defense-guerre-conflit/2026/01/22/une-expo-photo-devant-le-parlement-europeen-en-hommage-aux-iraniens-morts-lors-des-manifestations

Une répression sans précédent : Les chiffres de l’horreur

Les rapports les plus récents des organisations de défense des droits de l’homme, dont Amnesty International et Iran HRM, brossent un tableau terrifiant de la situation actuelle. En ce début d’année 2026, l’Iran traverse l’une des phases les plus sanglantes de son histoire moderne :

  • Plus de 2 000 manifestants tués : Selon les données authentifiées par Amnesty, les forces de sécurité utilisent massivement des tirs à balles réelles, visant délibérément la tête et le torse des citoyens.

  • Un record d’exécutions : L’année 2025 a été marquée par un sinistre record avec au moins 1 500 exécutions recensées, soit le chiffre le plus élevé depuis 35 ans.

  • Arrestations massives : Des milliers de personnes sont actuellement détenues dans des conditions inhumaines, souvent sans accès à un avocat ou à des soins médicaux de base.

La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a fermement condamné ces actes, affirmant que l’Union européenne ne saurait légitimer un régime qui se maintient par la torture et le meurtre.

L’héritage de la tyrannie : De la SAVAK aux Pasdaran

Il est crucial de comprendre que la machine de répression actuelle ne s’est pas construite dans le vide. Elle s’appuie sur une culture de la torture et de l’oppression qui a pris racine bien avant 1979.

L’infâme prison d’Evin, aujourd’hui synonyme de crimes contre l’humanité sous le régime des mollahs, a été initialement conçue et construite sous le règne du Shah. Sous la dictature monarchique, cet établissement servait déjà à briser la résistance politique. La SAVAK, police politique du Shah, y pratiquait des méthodes de torture barbares — brûlures, arrachage d’ongles, passages à tabac systématiques — afin d’étouffer toute velléité démocratique.

Le passage d’une dictature monarchique à une autocratie religieuse n’a fait que perfectionner cet arsenal de terreur. Les méthodes de la SAVAK ont été reprises et amplifiées par les Gardiens de la révolution (CGRI). Ce continuum de violence souligne la nécessité absolue pour le peuple iranien de rompre définitivement avec toutes les formes de despotisme, qu’elles soient passées ou présentes, pour établir une république fondée sur la souveraineté populaire.

L’appel à une action internationale ferme

L’exposition à Strasbourg rappelle aux dirigeants européens que le silence est une forme de complicité. Le CSDHI réitère l’urgence d’adopter des mesures concrètes :

  1. Désignation du CGRI comme entité terroriste par l’ensemble des États membres de l’UE.

  2. Fin de l’impunité pour les responsables des massacres, notamment ceux impliqués dans le massacre des prisonniers politiques de 1988 et les répressions actuelles.

  3. Soutien diplomatique total aux mouvements de résistance qui luttent pour un Iran libre, démocratique et laïque.

« Le peuple iranien n’a pas besoin de silence ; il a été forcé au silence pendant des décennies. Aujourd’hui, il demande que justice soit rendue. » — Un message porté par les militants présents devant le Parlement.

Le combat pour la dignité humaine en Iran est universel. Chaque photo exposée à Strasbourg est un appel à la conscience mondiale : le temps des concessions diplomatiques avec une dictature qui assassine sa jeunesse est révolu.