Iran : Six mois après les massacres du soulèvement populaire de janvier 2026 en Iran, l’absence de justice internationale fait craindre de nouveaux crimes de masse

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AMNESTY INTERNATIONAL – À l’occasion du sixième anniversaire mensuel du soulèvement populaire de janvier 2026 en Iran, au cours duquel les forces de sécurité ont procédé à des homicides illégaux de masse d’une ampleur sans précédent afin d’écraser les manifestations réclamant la dignité, la liberté et la fin du système de la République islamique — tuant des milliers de manifestants et de passants les 8 et 9 janvier 2026 — Diana Eltahawy, directrice régionale adjointe pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord à Amnesty International, a déclaré :

« Six mois après que les forces de sécurité iraniennes ont illégalement tué des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants à travers le pays en seulement deux jours, l’inaction de la communauté internationale pour faire progresser la justice internationale est indéfendable. Cette passivité entretient le cycle de la répression meurtrière, dans lequel les survivants et les familles des victimes sont privés de justice, tandis que de nouvelles atrocités deviennent pratiquement inévitables.

Le monde ne doit pas permettre que l’escalade des crimes relevant du droit international commis contre les manifestants soit effacée ou reléguée au second plan par les efforts en cours visant à conclure un accord durable entre les États-Unis et l’Iran pour mettre fin à la guerre. Les autorités iraniennes n’ont subi aucune conséquence pour avoir, à plusieurs reprises, utilisé de manière illégale une force létale intentionnelle à grande échelle afin d’écraser et de punir toute forme de contestation. L’absence de poursuites internationales pour ces crimes graves a encouragé les autorités iraniennes à menacer de nouveaux massacres, menés par des forces de sécurité « prêtes à tirer » contre les manifestants et les opposants qu’elles qualifient d’« ennemis ».

En l’absence de toute perspective de justice en Iran, en raison d’une impunité systémique, il est urgent et indispensable de recourir aux mécanismes de justice pénale internationale. Amnesty International renouvelle son appel à la communauté internationale et aux États membres des Nations unies afin qu’ils placent la crise des droits humains et de l’impunité en Iran au premier rang de leurs priorités, soutiennent la création d’un mécanisme international indépendant de justice pour l’Iran et demandent au Conseil de sécurité des Nations unies de saisir la Cour pénale internationale de la situation dans le pays. »

Contexte

Les manifestations ont éclaté en Iran le 28 décembre 2025, après un effondrement brutal de la monnaie nationale, dans un contexte d’inflation galopante, de mauvaise gestion chronique des services publics essentiels — notamment de l’accès à l’eau — et d’une détérioration continue des conditions de vie.

Nées à Téhéran, elles se sont rapidement propagées à l’ensemble du pays pour devenir un soulèvement populaire réclamant la fin du régime répressif de la République islamique ainsi que le respect des droits humains, de la dignité, de la liberté et de la démocratie.

Les autorités ont répondu par une répression militarisée d’une extrême brutalité afin d’étouffer le soulèvement. Celle-ci s’est caractérisée par un recours illégal à la force et aux armes à feu à une échelle sans précédent, dans un contexte d’impunité systémique et de coupure prolongée d’Internet.

Le 21 janvier 2026, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a annoncé que 3 117 personnes avaient été tuées au cours du soulèvement.

Le 16 janvier 2026, la Rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, Mai Sato, a déclaré lors d’une interview accordée aux médias que plus de 5 000 personnes avaient été tuées par les forces de sécurité.

À la suite de la répression, les autorités ont lancé, dans tout le pays, une campagne coordonnée destinée à empêcher toute nouvelle contestation et à dissimuler les crimes commis. Cette campagne s’est traduite par des arrestations arbitraires massives, des disparitions forcées, l’interdiction des rassemblements, des intimidations et des attaques contre les familles des victimes, ainsi que par des exécutions arbitraires de manifestants et d’opposants.

Après les attaques illégales menées contre l’Iran par les États-Unis et Israël, le 28 février 2026, la répression de toute dissidence s’est encore intensifiée sous couvert de ce que les autorités ont qualifié de « conditions de guerre ». Cette nouvelle phase de répression s’est notamment traduite par une augmentation des exécutions à caractère politique : au moins 44 personnes ont été exécutées, tandis que de nombreuses autres demeurent sous la menace d’une exécution.

Le 18 juin 2026, les États-Unis et l’Iran ont signé un mémorandum d’entente visant à mettre fin au conflit, s’engageant à poursuivre les négociations afin de parvenir à un accord définitif dans un délai de 60 jours. Toutefois, cet accord n’accorde aucune place centrale aux questions des droits humains, de la justice ou des réparations en faveur des victimes.