Cas de prisonniers politiques condamnés à mort en Iran : Shahab Zohdi, père d’un enfant, menacé d’exécution

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CSDHI – Shahab Zohdi, 38 ans, livreur à moto et père d’un enfant, a été arrêté à Téhéran le 8 janvier 2026. Son affaire a été examinée par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati, qui l’a condamné à mort pour moharebeh (« inimitié envers Dieu ») et efsad-e fel-arz (« corruption sur Terre »). Il est actuellement détenu dans l’unité 31 de la prison de Qezel Hesar. L’exécution de quatre de ses coaccusés — Amirhossein Hatami, Ali Fahim, Mohammad-Amin Biglari et Shahin Vahedparast Kalour — rend particulièrement urgente la crainte de voir sa propre condamnation à mort mise à exécution.

Informations principales sur le dossier

Catégorie Informations
Nom complet Shahab Zohdi
Date de naissance 18 février 1988
Âge 38 ans
Profession avant son arrestation Livreur à moto
Situation familiale Père d’un enfant ; son épouse est décédée
Date et lieu de l’arrestation 8 janvier 2026 ; Téhéran
Accusations Moharebeh (« inimitié envers Dieu ») ; efsad-e fel-arz (« corruption sur Terre »)
Tribunal 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran
Juge Abolghasem Salavati
Avocat Hassan Aghakhani ; avocat commis d’office
Condamnation Peine de mort
Lieu actuel de détention Prison de Qezel Hesar ; unité 31

Contexte humain et personnel

Shahab Zohdi est né le 18 février 1988. Avant son arrestation, il travaillait comme livreur à moto. Son épouse est décédée cinq mois après la naissance de leur enfant et, depuis environ quinze ans, il assume seul la responsabilité d’élever celui-ci.

Cette situation familiale souligne les conséquences humaines de la condamnation à mort : son exécution ne priverait pas seulement Shahab Zohdi de son droit à la vie, elle laisserait également son enfant sans père.

Arrestation, procès et condamnation

Shahab Zohdi a été arrêté à Téhéran le 8 janvier 2026. Son arrestation est liée à une affaire que les autorités judiciaires ont mise en relation avec l’incendie de la base du Bassidj n° 185, portant le nom du martyr Mahmoud Kaveh, dans la rue Namjou à Téhéran.

La mention de cette affaire ne permet pas, à elle seule, d’établir son implication dans l’incident ; les informations disponibles ne précisent ni les éléments de preuve, ni les fondements sur lesquels l’acte présumé lui a été attribué, ni le contenu du jugement, ni les arguments présentés par sa défense.

L’affaire a été examinée par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, présidée par le juge Abolghasem Salavati. Hassan Aghakhani a été désigné comme avocat commis d’office.

Le tribunal a condamné Shahab Zohdi à mort pour moharebeh (« inimitié envers Dieu ») et efsad-e fel-arz (« corruption sur Terre »).

Les dates précises auxquelles le jugement a été rendu et signifié, le texte intégral de la décision, les éléments de preuve retenus par le tribunal ainsi que l’état actuel d’un éventuel appel ou d’une demande de réexamen judiciaire n’ont pas été rendus publics de manière transparente.

Procès commun et exécution de quatre coaccusés

Shahab Zohdi a été poursuivi dans le cadre d’une procédure commune avec Mohammad-Amin Biglari, Amirhossein Hatami, Ali Fahim, Abolfazl Salehi Siavashani, Shahin Vahedparast Kalour et Yasser Rajaeifar.

Les accusations annoncées dans cette affaire comprennent le moharebeh et l’efsad-e fel-arz, en lien avec l’incendie mentionné précédemment.

Selon des informations complémentaires reçues pour ce rapport, Amirhossein Hatami, Mohammad-Amin Biglari, Ali Fahim et Shahin Vahedparast Kalour ont été exécutés.

L’exécution de ces quatre coaccusés, conjuguée à l’absence de transparence concernant le stade précis de la procédure judiciaire de Shahab Zohdi, accroît le risque que sa condamnation soit mise à exécution.

Il est donc d’autant plus urgent que les autorités divulguent immédiatement l’état de la procédure, garantissent un accès effectif à un avocat et interrompent toute démarche visant à procéder à son exécution.

Réponse et conduite des autorités

La réponse des autorités dans cette affaire s’est traduite par une arrestation, l’engagement de poursuites pour des accusations graves liées à la sécurité, une procédure devant un tribunal révolutionnaire et le prononcé d’une peine de mort.

Malgré la gravité et le caractère irréversible de cette peine, les autorités n’ont pas rendu publiques suffisamment d’informations concernant les éléments de preuve étayant les accusations, la date et le nombre des audiences, l’accès de Shahab Zohdi à l’avocat de son choix, le temps et les moyens qui lui ont été accordés pour préparer sa défense, le texte du jugement ou encore l’issue d’un éventuel recours judiciaire.

La condamnation à mort prononcée contre Shahab Zohdi doit être examinée dans le contexte de la vague plus large de condamnations à mort et d’exécutions en Iran à la suite des récentes manifestations et troubles — une tendance qui suscite de graves inquiétudes quant à l’utilisation de la peine capitale comme instrument destiné à instaurer la peur et à réprimer la contestation au sein de la société.

Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a également averti que la peine de mort était utilisée en Iran pour « instaurer la peur au sein de la population et réprimer la dissidence ».

Situation actuelle et risque d’exécution

À la dernière vérification de ce rapport, Shahab Zohdi était détenu dans l’unité 31 de la prison de Qezel Hesar et sa condamnation à mort était toujours en vigueur.

Compte tenu de l’exécution de quatre de ses coaccusés, de l’absence d’informations transparentes sur l’état du réexamen judiciaire et de l’absence d’annonce officielle concernant la date de l’exécution, sa situation doit être considérée comme critique.

Le présent rapport ne confirme aucune date précise pour l’exécution ; toutefois, l’absence de date annoncée ne doit pas être interprétée comme une absence de risque.

Analyse au regard des droits humains et du droit à un procès équitable

Droit à la vie et stricte limitation de la peine capitale : L’article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’Iran est partie, reconnaît le droit inhérent à la vie et, dans les pays qui n’ont pas aboli la peine de mort, en limite l’application aux « crimes les plus graves ».

Les instances internationales ont interprété ce seuil comme étant limité aux crimes d’une gravité exceptionnelle impliquant un homicide intentionnel.

La simple qualification juridique d’un comportement comme moharebeh ou efsad-e fel-arz ne peut se substituer à la démonstration claire et individualisée de l’acte criminel allégué, de l’intention et de la responsabilité personnelle de l’accusé.

Droit à un procès équitable : L’article 14 du Pacte garantit le droit à une audience équitable et publique devant un tribunal compétent, indépendant et impartial ; la présomption d’innocence ; l’information détaillée sur les charges ; un délai et des moyens suffisants pour préparer sa défense ; ainsi qu’un accès effectif à un avocat.

Dans les procédures susceptibles d’aboutir à une privation de la vie, ces garanties doivent être respectées avec le niveau de rigueur le plus élevé possible.

L’absence d’informations transparentes concernant les éléments de preuve, le texte du jugement, la possibilité de choisir son avocat, les communications confidentielles avec celui-ci et le stade de la procédure d’appel rend impossible toute évaluation indépendante du caractère équitable de la procédure.

Avocat commis d’office et droit à une défense effective : La simple présence formelle d’un avocat commis d’office ne suffit pas, à elle seule, à garantir le droit à la défense.

La représentation juridique doit être réelle, effective et indépendante, et l’avocat doit disposer du temps et des moyens nécessaires.

Tant qu’il n’aura pas été établi que Shahab Zohdi a pu s’entretenir de manière confidentielle avec son avocat, accéder au dossier, contester les éléments de preuve et présenter une défense effective, de graves inquiétudes subsisteront quant au respect de ses droits de la défense.

Risque d’une exécution irréversible : La peine capitale est irréversible.

Lorsque des informations fondamentales concernant la procédure n’ont pas été rendues publiques et que quatre accusés dans la même affaire ont déjà été exécutés, la mise à exécution de la condamnation de Shahab Zohdi avant un examen indépendant de l’ensemble des garanties relatives à un procès équitable pourrait constituer une privation arbitraire de la vie.

Conclusion

L’affaire Shahab Zohdi illustre le danger créé par la combinaison d’accusations sécuritaires formulées en termes très larges, de procédures opaques devant un tribunal révolutionnaire et du recours à la peine de mort, irréversible.

Il est père d’un enfant et, depuis la mort de son épouse, assume depuis des années la responsabilité de l’élever.

Désormais, après les exécutions d’Amirhossein Hatami, Mohammad-Amin Biglari, Ali Fahim et Shahin Vahedparast Kalour dans le cadre de la même procédure, la protection de sa vie nécessite une action internationale urgente et coordonnée.

Appel urgent

Les Nations unies, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en Iran, le Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, le Groupe de travail sur la détention arbitraire, les gouvernements et les organisations internationales de défense des droits humains sont instamment appelés à agir immédiatement afin d’empêcher l’exécution de Shahab Zohdi.

  • Suspendre immédiatement toute démarche visant à procéder à l’exécution de Shahab Zohdi.
  • Publier officiellement et de manière transparente l’état actuel de la procédure, le statut de tout appel ou réexamen judiciaire, ainsi que toute décision relative à l’application de la peine.
  • Annuler la condamnation à mort et garantir la tenue d’un nouveau procès devant un tribunal indépendant et impartial, conformément aux normes internationales en matière de procès équitable et sans recours à la peine de mort.
  • Garantir à Shahab Zohdi un accès immédiat, effectif et confidentiel à l’avocat de son choix, ainsi que le temps et les moyens nécessaires à la préparation de sa défense.
  • Garantir des contacts et des visites régulières avec sa famille, et informer immédiatement celle-ci de tout transfert ou de toute modification de ses conditions de détention.
  • Rendre publiques les informations relatives aux éléments de preuve, au texte du jugement, aux dates des audiences et au fondement juridique de la condamnation, dans le respect de la vie privée et des droits de l’accusé.
  • Rendre publiques les dates et les circonstances des exécutions d’Amirhossein Hatami, Mohammad-Amin Biglari, Ali Fahim et Shahin Vahedparast Kalour, et procéder à un examen indépendant du respect des garanties relatives à un procès équitable dans leurs affaires.