Ghaem Hosseini exécuté à la prison de Dastgerd : les crimes contre l’humanité se poursuivent dans l’affaire de la place Alikhani

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CSDHI – Le jeudi 20 août 2026 au matin, le gouvernement de la République islamique d’Iran a pendu Ghaem Hosseini — le cinquième manifestant détenu dans l’affaire de la « place Alikhani » — à la prison de Dastgerd, à Ispahan. Cette exécution a eu lieu au mépris flagrant des condamnations internationales et des appels répétés à mettre fin aux exécutions politiques et au meurtre de manifestants en Iran.

Cette exécution a été réalisée malgré un appel direct lancé le mardi 28 juillet 2026 par Mme Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Iran, à la suite de l’exécution publique de deux autres accusés dans cette même affaire — Amirhossein Safari et Abolfazl Sepahi, pendus ce matin-là sur la place Alikhani, à Ispahan. Mme Sato avait exhorté la République islamique à suspendre toutes les condamnations à mort, décrivant explicitement les exécutions publiques comme constituant un « traitement cruel, inhumain et dégradant ». En outre, le 12 août 2026, 32 pays — dont la France, le Royaume-Uni et le Canada — ainsi que le Haut représentant de l’Union européenne pour les Affaires étrangères, avaient condamné avec la plus grande fermeté la poursuite des exécutions de manifestants et le recours à la peine de mort en Iran.

Auparavant, quatre autres manifestants détenus dans cette affaire — Erfan Esfandiari, Gol-Mohammad Mohammadi, Amirhossein Safari et Abolfazl Sepahi — avaient été pendus.

(Photo de droite à gauche : Amirhossein Safari, Abolfazl Sepahi, Erfan Esfandiari et Gol-Mohammad Mohammadi)

Le cas du manifestant détenu Ghaem Hosseini

Ghaem Hosseini faisait partie des personnes arrêtées dans le cadre des manifestations nationales de janvier 2026 à Ispahan. Son nom figurait sur la liste des 12 accusés condamnés à mort dans l’affaire de la place Alikhani.

Le 28 juillet, des informations ont indiqué que la famille de Ghaem Hosseini, ainsi que celles d’Amirhossein Maleki et d’Ali Dashti — deux autres manifestants condamnés à mort dans cette affaire — avaient été convoquées à la prison pour une dernière visite. Malgré les protestations des familles et les avertissements des organisations de défense des droits humains, la sentence de Ghaem a été exécutée à l’aube du jeudi 20 août à la prison de Dastgerd.

Le procureur chargé de l’affaire était Mohammad Nakhjavan, tandis que les procédures judiciaires étaient conduites par Mohammad Barati-Dorcheh et Mohammad-Reza Tavakoli. Comme les autres manifestants détenus dans cette affaire, Ghaem Hosseini a été privé du droit de choisir un avocat indépendant au stade préliminaire et a été jugé avec des avocats commis d’office, choisis par l’appareil judiciaire de la République islamique. Même ces avocats n’ont pas bénéficié d’un accès complet au dossier.

Son procès, comme celui des autres personnes condamnées à mort dans cette affaire, s’est déroulé au cours d’une unique audience à huis clos. La non-publication des détails concernant le rôle attribué à Ghaem Hosseini dans les événements de la place Alikhani, des éléments de preuve étayant l’accusation ainsi que du texte du verdict rendu soulève de nombreuses interrogations juridiques dans cette affaire.

Seul le Student News Network (SNN), en annonçant cette exécution sous le titre « Exécution de la peine de mort du ressortissant étranger impliqué dans le crime de la place Alikhani d’Ispahan », a écrit que Ghaem Hosseini, fils d’Arab-Ali, connu sous le nom d’« Arian » et présenté comme « ressortissant étranger », « était activement présent sur les lieux du martyre des forces de l’ordre et avait donné des coups de pied aux corps des martyrs ».

Une condamnation à mort prononcée simplement pour avoir été présent sur les lieux et avoir donné des coups de pied ?!

Lois judiciaires iraniennes violées dans l’affaire de Ghaem Hosseini :

  • Article 35 de la Constitution : droit à l’assistance d’un avocat ;
  • Article 37 de la Constitution : présomption d’innocence ;
  • Article 38 de la Constitution : interdiction de la torture et invalidité des aveux obtenus sous la contrainte ;
  • Article 39 de la Constitution : interdiction de porter atteinte à la dignité et de maltraiter les personnes détenues ;
  • Article 165 de la Constitution : principe de publicité des procès ;
  • Article 190 du Code de procédure pénale : droit d’être assisté par un avocat pendant les enquêtes préliminaires ;
  • Articles 348 et 350 du Code de procédure pénale : présence obligatoire d’un avocat dans les affaires passibles de la peine de mort.

Parmi les lois internationales violées dans l’affaire de Ghaem Hosseini :

  • Article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : droit à la vie ;
  • Article 5 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : interdiction de la torture et des traitements inhumains ;
  • Articles 10 et 11 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : droit à un procès équitable et présomption d’innocence ;
  • Article 6 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : protection du droit à la vie ;
  • Article 7 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : interdiction de la torture ;
  • Article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques : droit à un procès équitable, à une représentation juridique et à une défense effective.

Prévenir la poursuite des crimes contre l’humanité : un devoir pour la communauté internationale

Le silence constitue une autorisation tacite à la poursuite de cette machine à tuer. La machine à exécuter de la République islamique ne sera pas arrêtée par de simples condamnations verbales. Il est essentiel que la communauté internationale, les Nations unies et les gouvernements attachés aux droits humains aillent au-delà des simples expressions de préoccupation et prennent des mesures immédiates et concrètes.

En tant que citoyens, militants et organisations de défense des droits humains, nous avons également le devoir de nous faire la voix des sans-voix ; par une dénonciation constante, en recherchant la justice devant les instances internationales et en faisant pression sur nos gouvernements respectifs, nous devons accroître le coût politique des exécutions pour le gouvernement iranien, en particulier celles de prisonniers politiques et de manifestants détenus.

Chaque jour de retard dans la mise en œuvre de mesures concrètes coûtera la vie à davantage de manifestants. Agissez aujourd’hui, avant qu’un nouveau nœud coulant ne se resserre autour du cou d’un autre manifestant.